Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Favori de la rédaction
28 octobre 2025
L’auteur de Look Back et Adieu Eri nous raconte l’histoire de Denji, un adolescent qui chasse des démons afin de rembourser aux Yakuza les dettes de son père décédé. Pochita, son chien-démon-tronçonneuse, l’aide dans ce travail fastidieux — jusqu’au jour où Denji se fait trahir et tuer par ses employeurs. Après avoir fusionné avec Pochita, il revient à la vie et obtient le pouvoir de se transformer en homme-tronçonneuse. Une faculté qui lui permet non seulement de terrasser ses ennemis, humains ou démons, mais qui le rend aussi presque immortel. Makima, cheffe d’une section spéciale de Devil Hunters, lui propose alors de rejoindre son équipe. Denji accepte et part, aux côtés d’Aki et de Power, traquer l’un des démons les plus puissants : le démon-flingue.
Chainsaw Man compte actuellement 22 tomes. Le contenu des onze premiers volumes a été prépublié dans le Weekly Shōnen Jump entre 2018 et 2020, tandis que la seconde partie paraît mensuellement sur la plateforme Shōnen Jump+. Diffusée en 2022, la série animée de douze épisodes adapte les événements des tomes 1 à 5, plus précisément les 37 premiers chapitres.
Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point
Cette célèbre citation des Pensées de Blaise Pascal résume la situation que vit Denji dans cet arc. Ayant donné son cœur pour le ramener à la vie, Pochita souhaite le voir réaliser son rêve : mener une vie simple après toutes les épreuves traversées. Et ce rêve semble enfin à portée de main. Son travail lui permet de se sociabiliser, de vivre dans de bonnes conditions, mais surtout de côtoyer Makima, dont il est éperdument amoureux. Pourtant, ses sentiments se trouvent bouleversés lorsqu’il rencontre, sous une pluie battante, la mystérieuse Reze.
Il est à la fois drôle et touchant de voir Denji lui rendre plusieurs fois visite, en clamant que son cœur appartient à Makima tandis que son corps désire Reze. Le film nous montre un Denji en pleine découverte de l’amour, avec ses moments de joie et de doute, qui traduisent à merveille la naïveté enfantine et la sensibilité du héros.
Mais rien ne se passe comme prévu. L’homme-tronçonneuse et les autres Devil Hunters doivent affronter un nouvel ennemi. Après Samurai Sword, surnom donné à l’homme-katana, et l’organisation criminelle épaulée par le démon-flingue, Denji se retrouve face à une personne ayant fusionné avec le démon-bombe. Comme ses prédécesseurs, ce dernier convoite le cœur de Chainsaw Man pour des raisons encore mystérieuses.
Cet arc met en lumière la dualité du héros et, plus largement, celle de l’œuvre. D’un côté, on a l’histoire d’un adolescent qui aspire à une vie tranquille et s’interroge sur son humanité ; de l’autre, celle d’un être hybride dont le cœur est sans cesse convoité. Un équilibre parfait entre les codes du shōnen et les thématiques plus sombres du seinen, offrant une galerie de personnages bien écrits.
Lettre d’amour au 7e et au 9e art
En raison de leurs sorties rapprochées, les films Chainsaw Man et Demon Slayer : La Forteresse infinie ne cessent d’être comparés — 43 379 entrées le premier jour (avant-premières incluses) contre 339 885. Si les deux longs-métrages marqueront les esprits, Chainsaw Man offre une meilleure expérience cinématographique.
L’arc de Reze ne compte que 14 chapitres (du 38e au 52e), adaptés en 1h40, là où Demon Slayer en adaptait 17 en 2h35. Si ce dernier donnait l’impression d’avoir une compilation d’épisodes, le film Chainsaw Man monte graduellement en puissance avec un rythme maîtrisé et se vit comme un épisode spécial de la série. Une sensation renforcée par son générique de début interprété par Kenshi Yonezu : IRIS OUT.
Si la série animée avait été critiquée pour son manque de fidélité au manga, ce film gomme totalement ce défaut. Le réalisateur Tatsuya Yoshihara signe une mise en scène qui retranscrit parfaitement la vision de Tatsuki Fujimoto. Grand passionné de cinéma, l’auteur construit ses œuvres comme des films : rythme, composition, mise en scène. Le résultat à l’écran est saisissant. On passe du film romantique au film d’horreur, et enfin à l’action pure. Le tout dans une grande fluidité. Les musiques de Kensuke Ushio, déjà compositeur de la série, accentuent l’immersion et soulignent chaque émotion.
L’animation du studio MAPPA, déjà très bonne dans la série, dépasse ici toutes les attentes. On assiste à un véritable festival de couleurs et de lumières qui sublime le trait de Fujimoto. Le ton décalé du manga ressort à merveille, notamment lors des pensées absurdes de Denji. Ses moments partagés avec Reze sont pleins de poésie et d’une grande justesse, rendant palpable l’émotion et la confusion du jeune homme. Les combats, quant à eux, sont explosifs, dynamiques et lisibles — une prouesse technique et narrative.
Chainsaw Man le film - Arc de Reze brille par son écriture, sa réalisation et son animation. Il rend hommage au manga tout en affirmant sa propre identité cinématographique. Ce long-métrage nous vend du rêve et l’on ne peut qu’être impatient de découvrir la suite !
Par Jacques LOBE
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.