Moyen
27 août 2025
Ne vous fiez pas au titre de l’album. La protagoniste, Cassiopée, n’est pas une collégienne mais bien une lycéenne. Mais alors pourquoi ce titre « Collège, cabrioles et cambriole » pour le premier opus de « Cassiopée » ? Probablement pour le délire/effet de style de n’utiliser que des mots en C, comme le prénom de la protagoniste. Ce qui peut faire sourire deux secondes ne vole pourtant pas très haut. Quid de « cambriole » ?
Cassiopée est une adolescente tout ce qu’il y a de plus ordinaire. La belle rousse, qui a son tempérament et une certaine conscience écologique, débarque dans un nouveau lycée, en plein Paris. Mais ce n’est qu’une couverture. La nuit venue, la lycéenne se transforme en cambrioleuse masquée, arpentant les toits des immeubles parisiens avec son frère Natt.
Passée par l’Allemagne et de nombreuses autres destinations avant de finalement poser ses valises à Paris, sa terre natale, Cassiopée n’a pas attendu d’être majeure pour se forger un CV de cambrioleuse : à son actif, plus de délits que bien des adultes aujourd’hui derrière les barreaux.
Comment en est-elle arrivée là ? C’est tout simple. Après que le père de Cassiopée, également cambrioleur, a trouvé la mort au cours d’une de ses « missions », la jeune fille a été prise en charge à l’âge de cinq ans par son grand frère. Jusque-là, dans l’idée, on ne peut s’empêcher de penser au manga Cat’s Eye et plus particulièrement à son adaptation récente en live-action.
Mais malgré ce drame familial, Natt s’est lui-même adonné au cambriolage et initie sa sœur mineure, on ne sait depuis quel âge, l’embarquant dans des missions dangereuses. On veut bien que ce soit de famille, mais ça reste assez douteux. Ils effectuent ces vols tels des chasseurs de primes pour divers clients. La nouvelle mission est particulièrement risquée. Il s’agit de subtiliser des documents d’une entreprise spécialisée dans le « diagnostic de pollution ». Cassiopée, qui — rappelons-le — a des tendances écolo, est assez partagée par l’idée de dissimuler un tel dossier. Son frère, lui, n’a pas les mêmes préoccupations.
Parallèlement à cette mission, on suit le quotidien de la jeune fille au lycée qui intervient dans une histoire de harcèlement, jouant en quelque sorte les justicières.
Malgré les risques, la jeune fille connectée a une présence sur les réseaux. Sa couverture ? Ses lunettes, tel Superman. Mais nulle crainte, l’adolescente pleine de ressources sait rendre toute activité intraçable sur le net… C’est elle qui le dit.
Le point le plus intéressant de cette série reste sans doute le début de questionnement à propos de la morale. Un voyou peut-il se permettre d’avoir des états d’âme ? Faire le bien en parallèle de ses activités douteuses ? Quelles sont ses limites ?
Le récit adopte un ton sombre, sans toutefois l’assumer pleinement. Bien qu’explicitement classée « tout public », la série semble plus appropriée à partir de 10 ans (et encore, ce ne sont que les prémices de la série). On note au passage l’élégante référence dans le logo de la série à la constellation éponyme.
Le dessin est plutôt efficace, assez académique, avec quelques influences mangas, rappelant dans une toute autre mesure des séries comme La Rose écarlate.
En somme, Cassiopée débute avec un premier tome intrigant, mêlant aventure, léger suspense et thématiques bien modernes. Le récit, rapide, qui nous laisse sur un cliffhanger, peut aussi donner l’impression de manquer de travail. Bien que certaines incohérences et ambiguïtés demeurent, doublées d’un manque d’originalité, on aimerait croire en l’espoir d’une évolution meilleure dans les prochains opus. La série s’inscrit quelque part entre Les Totally Spies, Miraculous Ladybug et bien sûr Cat’s Eye.
Par Rémi BARNAULT
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Le premier tome de Cassiopée est en vente aux éditions Dupuis, pour 13,50 €.