Très bon
10 mars 2026
Tout commence avec ce faucheur qui adore voir ses victimes pleurer et supplier d’être épargnées avant qu’il n’abatte sa faux sur elles. Or, quand il vient annoncer sa funeste nouvelle une semaine à l’avance à Aïbi, il est déconcerté par l’accueil que la jeune femme lui fait. Alitée à cause d’une maladie qui recouvre progressivement tout son corps de fleurs, elle est souriante et presque ravie à l’idée de le voir revenir, sept jours durant, avant de lui prendre son âme.
C’est à n’y rien comprendre. Jamais celui qu’Aïbi nommera Faust plus tard dans ce premier tome n’avait rencontré de victime si sereine quant à son sort. Ni même une personne souffrant d’un mal si étrange et surnaturel. Certains le qualifient de maladie inconnue, d’autres de malédiction. Dans tous les cas, Hako Ichiiro en fera le point central de cette série prometteuse, entre fantastique et romance.
Dans l’incapacité de tuer celle qui ne peut s’empêcher de lui sourire à chaque visite, Faust décide d’accompagner Aïbi lorsqu’elle bénéficiera d’une rémission aussi mystérieuse que soudaine. L’intérêt mutuel de ces deux âmes esseulées semble avoir été la source d’un revirement de situation, poussant l’un à mieux cerner cette humaine hors du commun, qui semble, qui plus est, faire rejaillir des souvenirs de sa vie antérieure chez le dieu de la mort ; et l’autre à réaliser ses rêves tant que le destin le lui permet encore.
Une romance qui flirtera rapidement avec un triangle amoureux fait d’amour et de haine avec l’apparition d’un nouveau protagoniste, lycéen mais également exorciste à ses heures. De quoi donner plus d’un rebondissement dans ce scénario hybride. Si la romance semble être au rendez-vous, l’action et des scènes d’exorcisme parfois musclées seront de la partie, tandis que Faust cherchera à comprendre ce qui le lie à Aïbi, outre sa mission de lui prendre son âme.
Un concept délicieusement ficelé par l’auteur, qui joue ainsi sur plusieurs tableaux pour élargir son public. Rien que sa couverture, faisant un brin penser à Vampire Knight, a de quoi appâter le chaland. Le scénario tend à s’assombrir au fil des pages, promettant, en fin d’album, bien des rebondissements tant psychologiques que physiques, avec des créatures dangereuses venues de l’autre côté du voile pour dévorer des âmes et de nouveaux détails sur le passé, plutôt noir, de notre duo principal.
Par Marc VANDERMEER
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Bride of the Death God T.1. Auteur : Hako Ichiiro. Editeur : Kurokawa. 226 pages. Sortie : le 12 février 2026. Prix : 7,95 euros.