Angoulême 2025 : Posy Simmonds se confie lors d’une Masterclass

Par Perrine LAVOREL 3 février 2025 
Posy Simmonds, Grand Prix d’Angoulême de l’an dernier, a donné le samedi 1er février 2025 une masterclass à l’espace Franquin. Retour sur cet événement, où notre lady du dessin s’est confiée avec beaucoup d’humour et d’énergie pendant une heure, malgré ses 79 ans.

Entourée d’un traducteur et d’un animateur, Posy Simmonds commence par présenter les références qui ont bercé son enfance (entre autres Bellatrix Potter). Le tout avec des croquis, des dessins de recherche, des plannings de travail, des planches et couvertures de ses bandes dessinées projetés derrière elle sur grand écran.

Viennent ensuite les différents fanzines qu’elle a créés, lorsqu’elle était adolescente. Malicieuse, la dessinatrice raconte qu’elle a grandi entourée de frères et que, pour les faire rire, elle a créé ses parodies de magazines féminins. Et ce, jusqu’à réaliser de fausses publicités, un horoscope ou encore des courrier de lectrices. Ayant grandi en pension à la campagne, elle y a aussi créé ses premières bandes dessinées, ces dernières étant formellement interdites.

Angoulême 2025 : Posy Simmonds se confie lors d'une Masterclass
Les fanzines créés par Posy Simmonds
© Perrine Lavorel

S’exprimant dans un français presque parfait qu’elle a appris à Paris, la dessinatrice britannique nous a fait part de petites anecdotes, en plus de nous montrer des documents inédits tels que son planning de travail. Il faut dire qu’avec ses 50 ans et quelques de carrière, elle a de la bouteille !

Le planning de travail de Posy Simmonds
© Perrine Lavorel

Posy Simmonds a d’abord travaillé pour la presse, qui a été son tremplin. Elle raconte que sa carrière a commencé lorsque, “sur la paille”, elle se fait repérer par The New Sun grâce à l’histoire d’un jeune ours maladroit, The Posy Simmonds’ Bear Book. Elle réalisera ensuite plein de “petits dessins coquins” avec des animaux pour le journal et deviendra une collaboratrice récurrente.

Après une rapide revue de quelques-unes de ses BD, il était évidemment impossible de passer à côté des deux classiques de l’autrice : Gemma Bovery et Tamara Drewe. Les deux œuvres étaient à l’origine des commandes de The Guardian. Le format imposé pour les épisodes est d’ailleurs à l’origine du style très textuel de Posy Simmonds. Par manque de place, la dessinatrice a dû imaginer un moyen complémentaire pour raconter l’histoire, et le procédé est resté.

© Perrine Lavorel

Le personnage de Gemma est venu à l’esprit de Posy lors d’un voyage en Italie, en voyant une jeune femme richement vêtue se plaindre et soupirer à la terrasse d’un café. “C’est Emma Bovary !”, s’est dite la dessinatrice britannique. À son retour à Londres, elle a fait part à son éditeur de son souhait de dessiner une Emma Bovary anglaise et contemporaine.

Grande admiratrice de Flaubert, Posy Simmonds a également rappelé son amour des mots et de la littérature, des écrivains, dont elle adore gentiment se moquer, notamment dans The Literary Life et Tamara Drewe.

Également exposée au musée d’Angoulême, la lauréate du Grand Prix de la 51e édition est décidément très aimée du public français. La dessinatrice a d’ailleurs profité de la conférence pour évoquer son prochain projet, qui se tiendra dans les années 1960. L’autrice y reprendra le personnage de Cassandra Darke, jeune, qui découvre “the fact of life”, les règles de la vie… À suivre !

Par Perrine LAVOREL

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