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Que vous soyez ou non branché comics de super-héros, vous connaissez sûrement de près ou de loin Spider-Man. Mais qui est vraiment l’homme derrière le masque ? Les premiers vers de la chanson du générique de la série de 1967, interprétée par Jacques Labelle, annoncent la couleur : l’araignée, l’araignée, est un être bien singulier.
Alors scolarisé, le jeune Peter Parker, très bon élément en ce qui concerne les matières scientifiques, se rend à une exposition sur la radioactivité. Attentif à l’exposé, l’adolescent ne se rend pas compte qu’une araignée, au bout de son fil, descend du plafond, s’approchant dangereusement de lui, jusqu’à le mordre. Évidemment, sur l’instant, ça fait mal. Puis viennent des vertiges, et avec, de drôles de sensations. Mais nul bouton apparent, ni infection ou maladie. Il faut dire que l’animal faisait l’objet d’essais sur la radioactivité. Ainsi, le jeune Peter, à son tour contaminé, se retrouve pourvu de capacités similaires à celles de son agresseur.
Seulement, même avec de superbes dons et facultés, la vie n’est pas forcément facilitée. Viennent de nouveaux défis. Sa première aventure va au passage lui délivrer une grande leçon. Un simple adage devenant l’une des phrases les plus connues des comics : « Avec un grand pouvoir doit également venir une grande responsabilité ». Peter va l’apprendre à ses dépends. Avec toutes ses séries, reboots, crossovers, les univers alternatifs, arrive la question du canon, ou plutôt du non-canon… L’univers Marvel est un véritable imbroglio, ne serait-ce que pour les non-initiés. Il y a de quoi assez vite perdre le fil de la toile.
C’est là qu’intervient le spécialiste étasunien Eric Grundhauser. L’auteur, en véritable touche-à-tout, a été jardinier, barista, guide touristique à New-York (ville de Spider-Man comme de par hasard), présentateur de télévision, et même humoriste. Mais Grundhauser est avant tout un grand passionné de comics. Après avoir travaillé pendant un an en tant que Program Manager pour nul autre que Marvel, il s’est lancé dans la rédaction de cette somme sur Spider-Man, en association avec la Maison des idées, pour la collection “pour les nuls” éditée aux USA par Wiley.
Plus un guide, un Companion Book, qu’une véritable biographie, l’ouvrage se divise en plusieurs sections thématiques. Si l’on en apprend beaucoup sur l’homme derrière le masque, le livre offre aussi un éclairage sur l’évolution de son univers et de son mythe. Les différents arcs du parcours de l’araignée sont présentés et analysés de façon limpide, allant droit au but, sans trop de fioritures. Qui sont les alliés et les ennemis de Spidey ? l’ont-ils toujours été ? L’ouvrage répond à toutes ces questions que peuvent se poser “les nuls”. On y croise les plus grands alliés de Spider-Man, de tante May à Doctor Strange, mais aussi ses ennemis les plus emblématiques, du Docteur Octopus à Scorpio, en passant par le Bouffon Vert et ses multiples incarnations et déclinaisons. En prime, l’auteur redonne leurs lettres de noblesse à ces antagonistes en relatant certains de leurs moments de gloire.
En revenant aux origines du mythe, depuis sa création audacieuse par Stan Lee et Steve Ditko dans l’ultime numéro de Amazing Fantasy, jusqu’à la naissance de sa propre série de comics et à ses aventures les plus marquantes, on comprend comment un simple gamin du Queens - ni extraterrestre, ni millionnaire, ni super-scientifique et encore moins divinité - a réussi à s’imposer comme l’un des héros américains de comics les plus populaires, sur plus de 60 ans. Et ce, alors même que l’arachnophobie (peur des araignées) fait partie des phobies les plus répandues.
Jouons cartes sur table : vous ne deviendrez pas un expert en Spider-Man à la simple étude de ce livre. On ne vous décernera pas non plus un doctorat en arachnologie. L’auteur le souligne lui-même : son livre se concentre exclusivement sur la dimension comics du Spider-Verse. Il n’aborde donc ni les nombreuses adaptations au cinéma ou à la télévision, ni le vaste phénomène du merchandising. De même, il ne s’agit ni d’une analyse académique, ni d’une thèse, mais bien d’un ouvrage de passionné - relativement complet, il faut le reconnaître.
Ces quelque deux cents pages peuvent suffire à susciter des vocations et, bien entendu, ne sauraient se substituer à la lecture des comics eux-mêmes. Un bel objet, agrémenté d’illustrations, qui devrait aussi trouver sa place dans les étagères des passionnés de la première heure. C’est la première fois que la collection pour les nuls, éditée en France par First édition, “s’attaque” à un héros de bande dessinée. De surcroît, il s’agit - sauf preuve du contraire - du premier ouvrage d’analyse de Spider-Man, publié en français.
Par Rémi BARNAULT
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Spider-Man pour les nuls est en vente aux éditions First, pour 25,95 €