Ronan Lancelot (galeriste) : « Le marché de la planche originale s’est heureusement professionnalisé » [PODCAST]

Par Didier PASAMONIK 19 juin 2025 
Passé de l'activité de chercheur à Science-Po à celle de journaliste, un temps rédacteur en chef de la revue Fluide Glacial, Ronan Lancelot est aujourd’hui directeur de la galerie Huberty-Breyne de Paris-Matignon, un lieu prestigieux où défilent les plus grands noms de la bande dessinée de l’époque. Il est donc bien placé pour observer l’évolution d’un marché qui s’est considérablement élargi et professionnalisé. Rencontre.

À une époque où ce genre de recherches est rare, il conçoit, en anglais, sous la direction d’Annie Baron-Carvais, l’autrice pionnière du Que Sais-Je ? sur la bande dessinée, alors la seule référence universitaire du genre dans les années 1990, un mémoire de science politique sur « La représentation des communistes dans la bande dessinée américaine de super-héros de 1945 à 1975 ». Il en écrit un autre en Master 2 de relations culturelles anglophones et francophones sur « La représentation de New York dans la bande dessinée francophone ». Mais ce genre d’intéressant sujet n’en fait pas pour autant un métier... Heureusement, au détour d’un festival, sympathisant avec des auteurs de Fluide Glacial, et parce que nous sommes au tournant des années 2000, Ronan Lancelot trouve un poste de rédacteur pour Fluide sur le web, en parallèle à une activité de journaliste. Quelques temps plus tard, à l’âge de 26 ans, il devient rédacteur-en-chef du « magazine d’Umour et de Bandessinée ».

Continuant son activité de journaliste, notamment pour Canal BD, Lancelot est approché par Alain Huberty et Marc Breyne en 2018 pour diriger leur galerie à Paris,rue Matignon, ce qui lui donne une position privilégiée pour observer le monde de la planche originale et son évolution ces dernières années : « Quand je suis arrivé, raconte-t-il, le marché existait déjà mais il n’était pas très professionnel. C’étaient trois gamins dans la cour d’école qui s’échangeaient des images Panini. Rien ne valait vraiment rien… La montée du prix des originaux a fait que le marché s’est professionnalisé.  »

Aujourd’hui, dans un marché où les acteurs sont finalement peu nombreux, l’activité s’est structurée. «  Il n’y a jamais eu autant de bandes dessinées qui se vendent aujourd’hui, constate Ronan Lancelot. C’est pareil pour les auteurs : il n’y en a jamais eu autant qui vendent leurs originaux. Cela demande davantage d’organisation, de travail et donc d’investissements. C’est ce qui justifie les commissions que les galeristes demandent aux vendeurs…  »

Photos : Didier Pasamonik (L’Agence BD)

De fait, les lieux, leur situation dans des adresses prestigieuses parmi d’autres galeries d’art, leur présence dans des salons comme la BRAFA à Bruxelles ou Drawing Now à Paris, participent non seulement à la valorisation du 9e Art mais aussi à une volonté d’élargir sa clientèle à un public plus large d’amateurs.

Ronan Lancelot nous explique tout cela dans ce podcast.

Par Didier PASAMONIK

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2 Messages :
  • J’aime vraiment beaucoup la modestie de ce monsieur... !
    Les ventes aux enchères initiées par Roland Buret dans les années 90 , ni les fameuses ventes de Tajan ou Artcurial où Hergé, Uderzo, Franquin et d’autres crèvent les plafonds depuis les années 2000-2010 n’ont jamais existé !! Avant lui, on jouait aux billes sur ce marché... Je réécrislhistoire.com ou c’est bien imité...
    Pitoyable.

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    • Répondu le 20 juin 2025 à  13:29 :

      C’est à dire qu’à l’époque dont vous parlez, il n’y avait que les originaux de Tintin ou d’Asterix qui se vendaient. Très cher mais aux enchères. Et encore pas toujours… le marché n’avait rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui.

      Répondre à ce message

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