Poussière d’os - Par Ben Stenbeck - Ed. Delcourt Comics

Par Marc VANDERMEER Bon 16 octobre 2024 
Souvent associé à Mike Mignola, Ben Stenbeck arrive avec un projet solo post-apocalyptique. Un gamin sauvageon qui sème le trouble au sein des communautés de survivants, sous l’œil vigilant d’une équipe de créatures à priori extraterrestres. Étrange !

Une Terre désolée, des vestiges rouillés rappelant notre civilisation actuelle et une étrange créature qui segmente un lopin de terre pour en vérifier chaque parcelle comme un archéologue avec des facultés plus développées que les nôtres. Est-il un androïde envoyé par une civilisation plus évoluée, voire extraterrestre, ou s’agit-il d’une créature vivante venue d’ailleurs pour étudier les restes d’une humanité décadente ?

Voici le premier mystère soulevée par Ben Stenbeck dans ce one-shot énigmatique. Car des questions, le lecteur s’en pose beaucoup. Des réponses ? L’auteur en donne très peu. Tout au plus peut-on imaginer, supposer... mais avant même de trouver une solution à ce premier sujet que nous suivons la traque d’une tribu, digne des survivants dans la saga Mad Max, pourchassant un gamin ayant volé une bouteille d’eau (ressource ô combien primordiale dans le contexte de Poussière d’os).

Le scénario est torturé, sinueux, intriguant. Outre le lecteur qui se demande où il a bien pu mettre les pieds, la créature d’ouverture est, elle aussi, curieuse de savoir ce qui dénote avec ce blondinet qui ne sait visiblement pas parler. Un Mowgli des temps à venir, chaotiques, désertiques, en perdition... qui s’accompagne de phénomènes encore plus surprenants !

Poussière d'os - Par Ben Stenbeck - Ed. Delcourt Comics
©Ben Stenbeck / Delcourt

Ben Stenbeck joue la carte de la déroute en perdant son public dans les dédales de son scénario post-apocalyptique. Que s’est-il passé sur Terre pour qu’elle soit si détériorée ? Quand l’humanité s’est-elle transformée en groupes éparses, tantôt cannibales faute de nourriture en suffisance, tantôt en villages parvenant tant que faire ce peut de garder leur dignité, travaillant dur pour subvenir aux besoins de chacun sans atteindre à l’intégrité des individus ?

Reste donc ce gamin au milieu de tout ça, sous la protection de la créature plus évoluée. Un one-shot qui s’achève sur une fin ouverte qui, peut-être, répondra aux questions encore en suspens.

Quant à l’aspect graphique, l’encrage épais encadre des visages burinés par cette existence de misère. La vie n’a pas fait de cadeaux aux survivants. Les gens sont sales, en guenilles, parfois édentés dans un décor aride et désertique. Les quelques rares animaux encore en vie sont encore plus misérables, décharnés, boiteux... ayant encore moins à offrir que les humains en matière de viande.

Ben Stenbeck est sans concession pour ce titre. L’apocalypse a frappé la planète d’une façon ou d’une autre et ça se ressent, ça se voit dans chaque page. Raison pour laquelle Dave Stewart a choisi des têtes glauques, froides et sans véritable contraste ni lueur d’espoir. Le personnage principal est d’ailleurs représentatif de ce funeste constat et donne matière à s’interroger encore et toujours à son sujet, même une fois le livre refermé. Peut-on espérer une suite, allez savoir...

Par Marc VANDERMEER

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Code EAN : 9782413085393

Poussière d’os de Ben Stenbeck, chez Delcourt, Prix : 18,50 euros.

– Lire la chronique Witchfinder T1 - Au service des anges - Par Mike Mignola et Ben Stenbeck - Delcourt

Delcourt ✏️ Ben Stenbeck Science-fiction Etats-Unis
 
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