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Polète, mémaire de Dieppe – Par Nicolas Stérin – Chez l’auteur

Par Didier PASAMONIK Très bon 20 juin 2026 
Polète habite le Pollet à Dieppe, l’ancien quartier des pécheurs, nommé par les communicants touristiques « le Montmartre de Dieppe » en raison de son caractère « typique ». Avec son tempérament revêche, son chien Kiki qui laisse sa carte de visite à chaque coin de rue (« seuls les Parisiens ramassent… »), Polète est une figure locale qui n’avait jamais pensé à se présenter aux élections. C’est maintenant chose faite.

Sur la couverture, elle défile avec ses copines sur le célèbre Pont Colbert, un ouvrage tournant qui marchait bien du temps de Gustave Eiffel et qui, depuis qu’il a été rénové il y a deux ans ne tourne plus... À côté d’elle, des jeunes en trottinette électrique, les goélands du coin, Edmonde sa vieille copine, et Kiki, son redoutable chien-chieur dont les aboiements adressés à chaque passant s’accompagnent d’un tonitruant « Kikiii, ta gueule  ! »…

Car Le Pollet existe vraiment, avec ses rues typiques comme la rue Quiquengrogne qui n’est plus une depuis qu’un éboulement l’a transformée en impasse, son bistrot sympathique : « Mieux ici qu’en face » (authentique !), sa chapelle Bonsecours truffée d’ex-votos et son église préférée des patrons : Notre-Dame des grèves.

On y vit bien, la commune compte quelques centenaires, l’alcool conservant mieux que le formol. Parmi ces ancêtres (Polète a connu le peintre Claude Monet), la pétulante Polète Pucq, est une figure locale dont le frère, passablement escroc, doit porter pendant quelques mois un bracelet électronique, à l’imitation du député-maire Manuel Macrosy condamné dans l’affaire des anchois fictifs.

Polète -qui s’ennuie puisqu’elle est retraitée- participe à tous les événements de la ville : le Salon du livre avec sa cohorte d’auteurs racontant l’histoire de la région sous l’Occupation, son front de mer, ses expositions de Renault Alpine (dont l’usine d’assemblage est à Dieppe), ses bars (Thermes Ô mètre, La Topinière…). Mais là, son frère a disparu et l’a affublée de son bracelet électronique. Comme les élections approchent, pour éviter les ennuis et obtenir l’immunité d’élue, elle se lance dans la politique…

Elle parcourt toute la ville pour annoncer son programme : la voilà dans la Grand Rue, sur le marché Place Nationale où elle croise ses concurrents : Kevin Lepeigne, le candidat d’extrême droite, Jean-Marc Mechanlon, à l’extrême gauche et Francis Payrou à l’extrême centre. Son programme ? Emplois-jeunes pour ramasser les cacas de chien, un complexe aquatique sur le Front de mer (depuis des mois, la piscine du Front de mer à Dieppe est fermée), une Alpine gratuite par famille et un caddie neuf pour tous les retraités et surtout : aucun Dieppois ne paiera d’impôt, ce seront les touristes qui passeront à la caisse ! Elle est largement élue, mais tiendra-t-elle ses promesses ? À vous de le lire !

Avec son dessin qui s’inscrit dans la lignée d’un Frank Margerin, Nicolas Stérin s’amuse et s’adresse surtout aux Dieppois. Le caricaturiste des Informations dieppoises pratique l’autoédition. C’est donc sur son site que l’on peut commander le dernière album de la série.

Voir en ligne : COMMANDER L’ALBUM SUR LA BOUTIQUE DE L’AUTEUR

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782958576219
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