Pas mal
17 janvier 2025
Étant une fan de la romancière britannique, l’autrice connaît certainement toutes les adaptations existantes. La couverture mélange d’ores et déjà habilement quelques titres connus, dont le film avec Keira Knightley et la série tout aussi iconique avec Collin Firth. Le ton est donc très vite donné.
La découpe des planches fait d’ailleurs beaucoup pensé à un story-board cinématographique, nous plongeant au début du XIXe siècle. L’héroïne, Lizzie, est la deuxième fille de la famille Bennet. Deuxième en effet, car la famille ne compte pas moins que cinq filles. Ce qui explique les inquiétudes sur leur avenirs, notamment le jour où Monsieur Bennet, le père, viendrait à décéder. Tous leurs biens iraient à un cousin éloigné, que l’on retrouve assez rapidement dans l’œuvre. Pour remédier au problème et faire preuve de charité chrétienne, ce dernier décide, en vain, de prendre une de ses cousines pour épouse.
Les deux potentielles élues de son cœur sont les aînées. L’une est tombée amoureuse du nouveau voisin fortuné, aussi doux et débonnaire qu’elle-même ; l’autre n’étant nulle autre que Elizabeth, dite Lizzie, prédestinée à un autre homme : Monsieur Darcy. Un gentleman sombre et mystérieux, qui donne d’emblée le dégoût à notre héroïne, voyant en lui le monstre capable de vouer le mariage de sa sœur à l’échec.
Toutes les cartes sont distribuées. Pour Claudia Kühn, il ne reste plus qu’à scénariser ce bijou de la littérature. Un défi brillamment relevé, en poitant aux bons moments les répliques phares de Jane Austen. Les pauvres nerfs de Madame Bennet, la nonchalance de son époux et les joutes verbales entre le couple phare. Tout fan du roman y retrouvera sans conteste les passages marquant.
Quant au graphisme de Tara Spruit, elle prouve qu’elle maîtrise les codes, pour un récit qui se déroule à l’époque Géorgienne : les coiffures à bouclettes anglaises, les robes empires, fluides et légères, les costumes avec nœuds Lavallière pour ces messieurs. Seuls les visages semblent figés dans ce décor, comme des statues de cire qu’on immortalise pour remplir les cases, dans des saynètes extraites du roman.
Les couleurs sont souvent assez fades, serait-ce du au papier mat de l’ouvrage ? Ou une volonté, peut-être, de donner une impression d’album ancien à ce dernier ?
Malgré tout, le graphisme devrait inciter de plus jeunes lecteurs à lire cet album et, qui sait, trouver l’engouement nécessaire pour découvrir l’œuvre d’origine.
Par Marc VANDERMEER
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Orgueil et Préjugés.
D’après l’œuvre originale de Jane Austen.
Scénario : Claudia Kühn.
Dessin : Tara Spruit.
Editeur : Jungle.
249 pages.
Sorti le 17 octobre 2024.
Prix : 16,95 euros.