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Yu-Gi-Oh ! édition Millénium T.1 - Par Kazuki Takahashi - Éd. Kana

Par Maxime GENDRON Très bon 22 juillet 2026 
À l’occasion des 30 ans de Yu-Gi-Oh!, Kana nous propose de (re)découvrir ce monument de l’époque Naruto/One Piece dans une magnifique édition deluxe baptisée Édition Millénium. Mais est-elle à la hauteur de la grandeur du roi des jeux et de son pharaon ? Réponse dans cette chronique avec le premier tome, disponible depuis le 10 juillet.
Alors, préparez-vous, car c’est l'heure du du-du-du… ou peut-être pas !

Si cette réédition permet aux fans de la première heure de replonger aux origines de la licence et à un nouveau public de découvrir cette série culte, elle est aussi un excellent moyen de rappeler que Yu-Gi-Oh ! n’a pas commencé avec les cartes à jouer.

© Kazuki Takahashi - Shueisha

Dans ce premier volume, nous rencontrons Yugi, un lycéen passionné de jeux de logique, frêle et solitaire. Autrement dit, l’incarnation du geek tel qu’il était perçu dans les années 1990. Souvent la cible de harcèlement, Yugi rêve d’avoir ne serait-ce qu’un ami. Lorsqu’il finit d’assembler un puzzle antique réputé insoluble, son vœu est enfin exaucé, en quelque sorte… Le héros se retrouve affublé d’une sorte de double maléfique, plus confiant et charismatique, mais aussi implacable. Cette entité défie tous ceux qui s’en prennent à son réceptacle à des jeux des ténèbres, des jeux banals en apparence, mais qui infligent une punition mystique aux perdants et aux tricheurs. Grâce à ses nouvelles aptitudes, dont il ignore tout au départ, Yugi se lie d’amitié avec Jono-Ouchi (Joey), Honda (Tristan) et Anzu (Téa), avec qui il s’apprête à vivre des aventures incroyables.

© Kazuki Takahashi - Shueisha

Ce résumé semble relativement éloigné de l’image que l’on se fait de Yu-Gi-Oh ! et pour cause, à l’époque, Kazuki Takahashi cherche encore son style, tant dans les dessins, qui évoluent de chapitre en chapitre, que dans la narration. À l’origine, le mangaka souhaite surtout partager son amour des jeux en les plaçant au centre du récit : chaque chapitre nous en présente un nouveau, qu’il soit inspiré d’un jeu de hasard ou d’adresse, ou d’un jeu populaire du moment tel que les Tamagotchis ou Magic : L’Assemblée. En effet, dans les chapitres 9 et 10, Kaiba et les cartes font leur toute première apparition, mais il ne s’agit alors que d’un jeu parmi d’autres, bien loin de celui qui forgera sa réputation à travers le monde. Les premières aventures de Yugi et sa bande s’enchaînent ainsi sans véritable lien les unes avec les autres, si ce n’est qu’elles s’ancrent dans le quotidien de leur vie au lycée, donnant au passage son nom à ce premier arc du lycée.

© Kazuki Takahashi - Shueisha

Autre différence majeure qui ne manquera pas d’étonner nombre de lecteurs : l’ambiance horrifique de ces premiers chapitres. Ici, l’objectif de Takahashi n’est pas tant de présenter des jeux stratégiques complexes que d’offrir aux lecteurs des montées d’adrénaline avec des affrontements spectaculaires, suivis des diverses sanctions infligées par Yugi à ses adversaires. Cette ambiance s’accompagne donc d’un ton beaucoup plus sombre et mature que l’image bon enfant popularisée par l’adaptation animée des années 2000. Outre l’amitié, thématique incontournable des mangas du genre de Yu-Gi-Oh !, l’œuvre s’intéresse particulièrement au harcèlement et à la vengeance à travers ce que vit le héros et la façon dont son double règle les problèmes avec des méthodes parfois violentes, questionnant notre notion de bien et de mal.
Ainsi, les premiers pas de Yu-Gi-Oh ! s’affirment comme une curieuse expérience qu’il est urgent de (re)découvrir !

Et quid de cette Édition Millénium ?

Cette nouvelle édition s’inspire en grande partie de l’édition bunko parue en 2007 au Japon, à la différence qu’elle se présente dans un format deluxe (14,8 cm x 21 cm) alors qu’une bunko se présente dans un format de poche plus petit que les standards du manga (10,5 x 14,8 cm). Tout comme sa grande sœur japonaise, elle est prévue en 22 volumes, avec un premier tome de 314 pages compilant 12 chapitres : les 7 du premier tome classique et les 5 du deuxième.

Couvertures des 22 tomes de l’édition bunko.

Elle reprend également le style sobre et “luxueux” de la bunko, en particulier les magnifiques illustrations inédites de Kazuki Takahashi réalisées spécialement à cette occasion, mais aussi les nombreux suppléments. Nous retrouvons ainsi une carte de tarot décorée de dorures au début de chaque tome, diverses explications sur la conception de ces cartes et une postface du mangaka en fin d’ouvrage.

Couverture et carte de Tarot du tome 1.

D’ailleurs, Takahashi ne s’est pas contenté des couvertures, mais a même modifié certaines de ses premières planches en ajoutant, par exemple, un nez à l’autre Yugi afin d’uniformiser son design avec celui du reste de la série.

Comparaison entre l’édition classique et Millénium publiée par Kana.

De son côté, Kana apporte son lot d’améliorations, à commencer par un papier glacé (couché, pour les spécialistes du métier) de très bonne qualité. L’éditeur en profite pour proposer une traduction moderne réalisée par Rodolphe Gicquel, en remplacement de celle de Sébastien Gesell. Dans la foulée, le lettrage est lui aussi retravaillé afin d’être plus respectueux des planches de l’œuvre originale. Après tout, Yu-Gi-Oh ! fait partie de la première vague de mangas publiés en France ; depuis, les moyens et les compétences des éditeurs ont beaucoup évolué.

Comparaison entre l’édition classique et Millénium publiée par Kana.

Si l’histoire entre à peine dans le vif du sujet avec ce premier tome presque double, l’association de l’édition bunko japonaise aux apports de Kana aboutit à la meilleure édition française de l’œuvre à laquelle il ne manque que les pages couleur malheureusement impossibles à négocier à la suite du décès prématuré de l’auteur. Vivement la suite !

Par Maxime GENDRON

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Code EAN : 9782505143048
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