Cette œuvre est une docu-fiction qui présente de manière romancée Akira Miyawaki (1928-2021), un botaniste japonais qui a travaillé à créer rapidement des forêts sur des sols dégradés, industriels, urbains et péri-urbains.
Akira se lie progressivement d’amitié avec Mikiko. Par la transmission de savoir, il l’aide à vivre son deuil.
Marie Colot et Noémie Marsily montrent de manière sensible des personnages en deuil. On adopte surtout le point de vue de l’enfant, Mikiko. Des jeux d’échelle accentuent son mal-être comme un moment où elle se blottit dans les bras de sa voisine qui a la taille d’un canapé.
La nature amène à la fois la mort - causée par le décès du père -, et la vie - par la naissance ou par la renaissance d’une forêt. La végétation apaise et inspire Mikiko. Pendant ses angoisses, sa concentration sur le flottement envoûtant des feuilles des arbres qui s’agitent au gré du vent lui permet de respirer. Mikiko grandit au fil des pages tout comme la jeune forêt. Au sein de ce roman graphique, nous suivons son évolution - de l’enfance à l’adolescence - ainsi que le bouleversement causé par sa rencontre avec Akira, qui a profondément changé sa vie.
Un soin est apporté à la représentation de la culture japonaise et au savoir botanique. L’œuvre est parsemée de termes japonais traduits et de noms de plantes.
Les dessins à l’encre et à l’aquarelle accompagnent et affinent la poésie du texte. Le traitement graphique permet de faire ressortir le côté champêtre et nature dans la ville. Le tracé est expressif, vivant quand il s’agit de représenter la nature. Au contraire, les bâtiments sont carrés et délimités par des lignes droites. La nature se définit par des teintes colorées vertes ou jaunes. Cela produit un effet de contraste avec la grisaille de la ville.
C’est un beau récit sur les liens humains et l’écologie. Il donne à réfléchir sur la place de la nature dans les villes.
Par Aurélie MONTEIX
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