Favori de la rédaction
24 octobre 2024
La magnifique couverture réalisée par Jorg de Vos donne le ton. La rédaction nous offre un panel varié d’auteurs, mais aussi des interviews, des articles thématiques sur HP Lovecraft et surtout plein d’informations sur celui dont la légende en a fait un reclus vissé à sa table de travail, ne sortant que pour se nourrir de glace et qui devait mourir prématurément après avoir à peine dépassé la quarantaine.
La réalité est toute autre. On le sait grâce à l’interview du plus grand spécialiste et biographe de Lovecraft, S.T. Joshi, qui a consacré deux pavés sur l’histoire du maitre de l’épouvante. Loin d’être isolé du monde, Lovecraft entretenait une énorme correspondance avec des dizaines de personnes et d’auteurs, pour qui il corrigeait, annotait ou écrivait des passages entiers. Il a pourtant faillit tomber dans l’oubli, si certaines de ses relations n’avaient pas, après sa mort, voulu mettre en lumière le travail unique de l’écrivain n’ayant de son vivant que publié quelques nouvelles dans des pulps d’épouvante américains.
Coté bande dessinée, c’est une myriade internationale d’auteurs qui proposent dans ce recueil hurlant leur interprétation du mythe lovecraftien. Certaines histoires accrochent plus que d’autres, mais toutes ont ce point commun de montrer le réel attachement des artistes d’aujourd’hui à l’un des auteurs qui les a le plus influencés. Retenons par exemple la dérangeante histoire réalisée par Salvador Sanz. Nous sommes ébahis également devant les sublimes planches du Russe Nikola Pisarev, ou l’adaptation contemporaine humoristique de Pixel Vengeur, militant environnemental qui met en scène un Cthulhu désespéré devant le constat tragique de ce que l’être humain a pu faire des océans.
D’autres auteurs font état de la manière dont ils ont connu l’œuvre de Lovecraft, notamment, comme beaucoup de monde, en découvrant le jeu de rôle L’appel de Cthulhu dans les années 1980. Mathieu Sapin, des années plus tard, se rendra même dans son magasin de jeux préféré pour acquérir la nouvelle version du livre du maitre du jeu initialement sorti par Chaosium et créé par Sandy Petersen.
Le magazine faisant peau neuve, la rédaction en profite pour inaugurer de nouvelles rubriques qui, pour ce numéro sur HP Lovecraft, sont toutes centrées sur l’auteur et le mythe qu’il a créé. Ainsi la rubrique Mange Disques montre par exemple la genèse de morceaux de musique composés par des groupes qui ont lui ont rendu hommage (Metallica). La rubrique Cyberpunk est consacrée à des jeux vidéo comme Alone in the dark dont les personnages évoluent dans l’univers de Lovecraft. Quand il s’agit de parler d’expositions et de lieux insolites, La Machine à visiter axe son propos sur l’horreur, l’épouvante et le fantastique.
Mention spéciale au génial Pochep, dont les micro-épisodes du Chaos rampant retracent la vie réelle du père du fantastique, caricaturant les personnages mais non la vie et l’œuvre de Lovecraft. Ultime admiration pour finir à François Baranger qui publie ce mois son adaptation illustrée du Cauchemar d’Innsmouth chez Bragelonne et qui nous gratifie d’une énorme et très instructive interview.
Un magazine absolument génial que tout adepte de HPL se doit de posséder et qui permettra aux novices de découvrir l’œuvre et la vie de celui qui a créé une véritable mythologie dont le dogme principal se résume en quelques mots : « N’est pas mort ce qui à jamais dort, et au cours des siècle peut mourir même la mort… ».
Par Romain BLANDRE
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.