Très bon
7 août 2024
S’il fallait trouver un point commun entre les trois histoires, on pourrait sans nul doute évoquer une plongée au cœur de la fragilité humaine et des liens flous entre la réalité, fiction et inconnu.
A travers les phobies et les incertitudes voire les fantasmes (?) de la jeune Cathleen - qui cherche à améliorer ses revenus par des activités de show girl dans une boîte de l’Angleterre - nous traversons la ville de Blackpool en 1976. Dans la seconde partie, nous voilà à Vancouver en 1990 plongé dans les troubles provoqués aussi bien par la disparition que celle de la naissance et la fragilité des sentiments. Une histoire pleine de sensibilité et de pudeur.
Dans le dernier récit, l’auteur explore les difficultés liées à la culpabilité, la notion de faute avec en toile de fond la maladie et la mort. Les allers-retours entre la cité écossaise de 1981 et celle de notre époque servent de matrice à cette introspection du sentiment de culpabilité.
Dans un style graphique plutôt conforme, à ce type de récit et déjà vu chez d’autres, Robert Cullen a recours à une bichromie utilisant les aplats noirs et les ambiances sombres et nocturnes.
Avec ces trois destins tourmentés répartis sur trois villes et trois périodes différentes, il choisit de suivre des gens ordinaires dont la vie chavire de manière soudaine et inattendue. Une exploration de la complexité des sentiments sensibles et plutôt crédibles. Associant émotion et légèreté, ce nouveau venu fort d’une expérience de plus de vingt ans dans le monde de l’animation réussit avec cet album son entrée dans le roman graphique intimiste. Sans être complètement novateur, il sollicite une mise en page et un découpage efficaces, ce qui contribue à rendre la lecture agréable et fluide .
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