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Très bon
25 novembre 2025
Les strips du Meilleur ami du chien ont d’abord été publiés dans le magazine Fluide glacial avant que les éditions éponymes n’en proposent une compilation sous forme d’album. Il n’est donc guère étonnant de retrouver un ouvrage composé de gags qui s’enchaînent selon le format du magazine : un gag — une page, rappelant également l’attachement de G. Guerse à produire une bande dessinée au format populaire. Un des éléments supplémentaires de cette édition, par rapport aux publications antérieures, réside d’ailleurs dans l’ajout de pages du courrier des lecteurs issues du magazine, “Mieux vivre ton humain”, conseillant les chiens sur la conduite à tenir pour élever leur compagnon.
Comme l’indique le titre de la (future) série d’albums, Le meilleur ami du chien, peu de doutes quant à l’usage d’une perspective inversée pour mieux souligner à la fois les travers de notre société et la manière dont les animaux domestiques partageant notre ordinaire en sont le reflet révélateur. Le pitch est clair : dépassés par l’IA qui a envahi le quotidien des humains, les chiens décident de se dresser sur leurs pattes arrières pour sauver l’humanité, même si c’est au prix de la captivité de cette dernière. Le sous-titre de ce premier opus est lui aussi sans ambiguïtés : L’adopter, c’est le sauver. Rien de tel qu’un zoo pour empêcher l’extinction d’une espèce ! Cette inversion des rôles peut aussi se révéler cruelle quand les humains sont utilisés pour réguler leur propre espèce, afin de mieux souligner l’usage détourné des mots pour adoucir la dureté des actes.
De manière générale, l’humain, par nature feignant, obsédé et gourmand, ne demande qu’à se laisser emporter par ses propres travers. Il semble tout à fait disposé à se courber à la domination canine tant qu’elle lui apporte un confort facile… Car, dans tous les cas, il ne faut pas trop compter sur l’humain non plus ! Car l’humain reste un humain. Qu’il s’agisse de traits de comportement liés à la profession, à l’âge (jeune ou vieux), ou au statut social, les auteurs jouent du décalage : des chiens confrontés à des situations ubuesques, des chiens qui adoptent des comportements que l’on attend d’un humain ; le ressort comique fonctionne bien.
Le dessin de G. Guerse y est d’ailleurs pour beaucoup. Une de ses principales qualités réside dans sa capacité à restituer les attitudes caractéristiques de l’espèce incarnée, bien que faisant l’objet d’une approche anthropomorphique qui demeure centrale. Outre les clins d’œil aux figures tutélaires de Fluide glacial et autres petits détails qui donnent un supplément d’âme au Meilleur ami du chien, le lecteur appréciera les punchlines sous la forme d’une seule image, dont l’humour efficace tient autant du propos que du dessin.
Si vous avez raté cette BD au moment de sa sortie, il est encore temps de vous comporter comme un véritable humain pour passer un bon moment, vautré dans votre canapé, en vous payant une bonne tranche de rire. Et surtout, en bon humain, ne bougez pas ! Bientôt, G. Guerse revient en apportant sa patte graphique à une série de vidéos mettant en scène des chiens qui commentent le discours des scientifiques au sujet du changement climatique.
Par Hugues FRANCOIS
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