La célébration du livre à Paris retrouve son écrin d’antan en revenant en avril prochain au Grand Palais après trois ans de rénovation. La Ministre de la culture Rachida Dati n’a pas manqué de célébrer un bâtiment « à la hauteur de l’ambition du festival mais aussi de l’intérêt des Français pour le livre. » Un palais d’apparat digne de l’édition française dont la force est, selon elle, « sa diversité. »
Le Maroc invité d’honneur
Présente à la conférence de presse de lancement de l’événement, la ministre s’est réjoui de la présence du Maroc comme invité d’honneur du salon. Et d’affirmer sa volonté de mettre en avant la culture et « les auteurs marocains ». Souhait partagé par Samira Sitaïl, ambassadrice du Royaume qui se dit heureuse de célébrer « l’amitié, le dialogue et la confiance mutuelle » entre les deux pays. Le Maroc avait déjà été l’invité d’honneur du festival en 2017.
« L’identité littéraire marocaine est semblable à une mosaïque vivante , ajouta-t-elle. C’est pourquoi le pays souhaite devenir un hub éditorial africain en promouvant ses productions à travers de nombreux festivals dans le pays et surtout en les faisant voyager grâce à la candidature de Rabat au titre de capitale mondiale Unesco du livre en 2026. »
La culture menacée ?
Dans l’enchaînement des discours, vient le tour des représentants de la Région Ile-de-France. Partenaires historiques du Festival, ils soutiennent de nombreuses activités comme la mise à disposition d’un stand pour une centaine de maisons d’édition, la distribution à 3 000 lycéens d’un chèque-livre de 18€ ou le soutien de l’édition indépendante avec une structure comme la Fontaine O Livres (où ActuaBD a ses bureaux) et son prix Hors Concours qui fête cette année ses dix ans. Un investissement massif sur la culture et la jeunesse, « valeurs les plus précieuses » aux yeux du Conseil régional.
Une volonté partagée par la mairie de Paris, pourtant dans l’opposition au niveau du Conseil régional. Elle aussi soutien le festival avec notamment la mise à disposition des bibliothèques municipales. Le discours de Carine Rolland, la représentante de la ville, en termine sur ces mots qui ont particulièrement frappé l’assistance : « À la ville de Paris, nous craignions pour la survie de la création qui est le dernier refuge pour la liberté. Nous affirmons aujourd’hui qu’elle aura toujours sa place à Paris. »
Cinq nouveautés majeures
La manifestation organisée par le Syndicat National de l’Edition compte, cette année à sa tête un nouveau directeur général en la personne de Pierre-Yves Bérenguer. Avec lui, cinq nouveautés viennent dynamiser sa programmation
Sans la coupole du Grand Palais, quatre nouveaux espaces verrons le jour :
– Un village Enfants avec une programmation dédiée : activités, rencontres avec les auteurs, livres audio ou encore programmation spéciale en partenariat avec l’association Science pour tous.
– Une galerie déployée en association avec la Société Civile des éditeurs de langue française (SCELF), sera consacrée aux films et séries audiovisuelles adaptées d’oeuvres littéraires ou de bandes dessinées, ce qui est déjà le cas d’« une production sur cinq » selon un rapport du SNE. Dans ces quelques 600 m², de nombreuses salles de projection rendront gratuitement hommage aux films d’hier et de demain.
– Une seconde galerie sera dédiée quant à elle au fil rouge de ce festival : la mer. Dans le cadre de « L’Année de la mer » décrétée par le gouvernement en raison de la tenue en juin à Nice d’un sommet mondial sur l’Océan. Dans celle-ci, à nouveau 600 m² d’activité et de créations artistiques autour de ce qui compose 70% de la surface du globe, dans le but de sensibiliser le public à sa préservation.
– Enfin, un salon international des droits dédié aux professionnels verra le jour.
Dernière nouveauté : le Festival du livre de Paris s’associe au Cabaret Extra jusqu’alors accueilli par le Centre Pompidou. Porté par les milieux Underground et Queer, ce cabaret viendra « surprendre le public du festival de manière décalée ». De nombreuses performances mettant en avant la littérature sous des angles inédits se dérouleront tout au long du week-end. Entre shows Drag sur de la poésie ou DJ set en fin de journée, une ambiance festive s’installera tout au long du Festival.
Et la BD dans tout ça ?
La programmation BD est cette année encore assurée par Romain Brethes, journaliste spécialisé au Point et commissaire d’expositions.
Pour la troisième année, le prix Gotlib de la BD d’humour sera décerné le samedi 12 avril à 18 h sur la scène Eiffel en plein cœur du Grand Palais. Toujours présidée par Ariane Gotlieb, le jury est composé cette année de Antoine de Caunes, Emmanuelle Devos, Clara Dupont-Monod, Thomas Dutronc, Richard Gotainer, Catherine Meurisse, Jean-Paul Rouve, Charline Vanhoenacker, ZEP et de son président d’honneur Mo/CDM lauréat de l’an passé.
Des centaines d’artistes seront présents dans le cadre de conférences transversales mélangeant, c’est la marque de fabrique de Romain Brethes, artistes de bande dessinée et auteurs de littérature. On peut noter la présence de Jean-David Morvan, Florence Cestac, Antoine de Caunes, Emil Ferris… Mais aussi de Xavier Dorison pour une nouvelle série de Master Classes (à l’instar de ce qu’il avait fait pour les éditions Glénat) mais aussi une table ronde intitulée « Dessiner les êtres, dessiner le monde » entre Zep et Francis Hallé ou « Le corps des femmes entre libération et aliénation sexuelle » avec Alix Garin et Sixtine Dano.
Régie par un programmateur attitré, la BD occupe donc une place singulière dans la programmation du festival avec une volonté de la faire dialoguer avec tous les milieux du livre.
Voir en ligne : LE SITE DE L’EVENEMENT
Par Kelian NGUYEN
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Le Festival du livre de Paris se déroulera les 11, 12 et 13 avril 2025 au Grand Palais de 8:30 à 20 h vendredi et samedi, de 9h à 19h dimanche 13 avril.
Réservation obligatoire le billet est à 5€ comme l’an passé si vous réserver avant l’ouverture du festival sinon 9€.
Beaucoup de régimes de gratuité sont mis en place, notamment pour les moins de 25 ans qui représentent près de la moitié des visiteurs.
Photos : Jacques Lobe
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