En rentrant de l’école, Nipsou trouve souvent sa maman dans un sommeil anormalement profond. Son père n’est plus dans le tableau et Nipsou est livrée à elle-même et à ses angoisses. En bribes de vie, de terreurs entrecoupées de joies furtives mais bien réelles, le roman graphique La boucle de l’auteurice d’origine finlandaise Kimmo Lust suit cette enfance abandonnée, puis l’adolescence douloureuse jusqu’à la jeune vie d’adulte et la lente reconstruction.
Ce « roman graphique autobiographique sur l’expérience de grandir avec un parent alcoolique », selon les mots de son auteurice, capture les angoisses, les manies, les croyances de l’enfance. Un soir où la mère ne rentre pas, Nipsou, accompagnée de son chat en peluche, calme son angoisse en cherchant des nœuds sur les guirlandes du sapin de Noël. « S’il n’y a pas de nœud, maman n’est pas en danger. »
À l’adolescence, l’angoisse se mue en autodestruction et en colère. Dans un rêve, elle tue sa mère, ses camarades de classe qui la harcèlent, puis elle-même. À son enterrement, un homme dit : « Il aurait fallu intervenir, faire quelque chose pour cette famille. »
Dans un dessin texturé, organique, dégoulinant et parfois gore, aux couleurs comme filtrées de gris, Kimmo Lust lance un appel, un cri, pour protéger les enfants qu’on ne protège pas.
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La Boucle - Par Kimmo Lust - Ed. Glénat