C’est un double anniversaire que l’on fêtera au début de juillet prochain : les 25 ans de la Japan s’harmonisant en effet avec les 35 ans de publication de la série Baki, le légendaire shonen d’arts martiaux. Il s’agit l’un des plus grands mangas du genre avec Hajime No Ippo ou Ashita no Joe.
Il faut dire que Baki, c’est pas moins de cinq séries au nom plus ou moins similaire, de quoi rendre confus les non-initiés. On reprend pour eux : il y a d’abord Baki the Grappler, puis New Grappler Baki, Baki Hanma, Baki Dou et enfin Baki-Dou (oui oui). Une sixième série, Baki Rahen, est actuellement en cours de parution. Au total c’est plus de 150 tomes (en édition classique), de quoi faire blêmir Eiichiro Oda et ses misérables 110 tomes de One Piece. Impossible de raconter l’entièreté de l’histoire, on résumera donc : Baki Hanma est un jeune combattant (13 ans au début de l’aventure) qui rêve de se venger de son père, Yujiroh Hanma, surnommé l’ogre - et au passage l’homme le plus fort du monde (rien que ça).
Mais Baki, c’est plus que son synopsis simplissime. C’est une esthétique. Les muscles sont hypertrophiés, et les corps déformés par cette musculature. On évitera de le réduire à son « look bodybuildé » car, dépassé cela, cette œuvre s’est construite une réputation unique en son genre : celle d’imaginer une esthétique de plus en plus atypique et hors normes, considérée par certains comme un repoussoir particulièrement « moche ».
Moche ? Monstrueux plutôt. Les personnages relèvent plus de la créature que de l’humain. Tout y est extrême : l’esthétique, la narration, les enjeux... Subir des tirs de fusil à pompe et s’en sortir avec quelques cicatrices, arrêter un tremblement de terre à mains nues, ressusciter un homme des cavernes, puis le légendaire Miyamoto Musashi lui-même, tel est le quotidien de nos protagonistes. Rien ne va trop loin dans cet univers qui est pourtant censé se dérouler dans le nôtre, et avec nos règles. Une politique de la surenchère, qui paie. Même Obama et Trump sont de la partie !
Baki, c’est aussi plusieurs animés, dont le dernier en date est produit et diffusé par la plateforme Netflix. Il compte trois saisons à l’heure actuelle, la troisième retraçant le troisième cycle du manga, Baki Hanma. Ajoutons plusieurs films, alors que la série est toujours en parution ! Comme on le voit, Baki a encore de beaux jours devant lui !
De l’octogone à l’Hexagone
Exubérant, absurde, grotesque et démesuré, Baki n’est pas un manga comme les autres et a suscité plus d’une vocation sportive. Une surenchère dans la démesure qui confine à la parodie. Anecdote amusante : Keisuke Itagaki est aussi le père de Paru Itagaki, la subtile autrice de.... Beastars ! Une passion commune pour le 9e art, mais avec un goût diamétralement opposé concernant les sujets abordés.
Cette affiche exceptionnelle donne un lustre particulier à cet anniversaire ! Une chance, car c’est la première fois que notre auteur quitte l’octogone pour l’Hexagone. En attendant d’y être, vous pouvez vous échauffer en regardant la bande-annonce pour la Japan Expo :
Par Colin BESNIER
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.