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Dans le nouveau “Giga Spirou”, c’est une figure de proue nommée Gaston Lagaffe qui est à l’honneur. Il serait superflu de revenir ici sur l’onde médiatique de la sortie il y a déjà deux ans d’un album 100% inédit de Gaston par Delaf, le premier depuis la disparition de Franquin il y a 26 ans.
Pour le meilleur comme pour les pires des situations, nous retrouvons dans ce hors-série estival l’intégralité des gags du tome 10 de 1972 : Le Géant de Lagaffe. Certains auront reconnu la couverture de l’album reprise et découpée pour le magazine.
Pour l’anecdote symbolique, les planches introduisaient pour la première fois les signatures stylisées de Franquin en bas de page, faisant référence aux gags auxquels elles sont accolées. Une bonne dose inévitable de nostalgie pour certains, garantissant aussi pour d’autres la découverte d’un classique du maître des gaffes, par le maître des gags.
En préambule des bêtises du beatnik au pull vert, est proposée une courte - mais efficace - biographie du personnage ou plutôt de son parcours dans et en dehors des pages de Spirou qui l’ont vu naître. Rien de bien croustillant cependant pour les plus fanatiques.
Du haut de ses quelque 400 pages, ce Giga Spirou nous propose pas moins de trois autres récits complets.
Après que Gaston en ait littéralement fait voir tout bleu à ses collègues de bureau, il n’est pas étonnant de retrouver un classique de Peyo : Les Schtroumpfs et le Cracoucass. Les petits lutins doivent mener une vraie et rude résistance face à un volatile particulièrement intrusif. On notera la présence de Gargamel qui joue un rôle quasi anecdotique, histoire de.
Attention cependant : Le magazine comprend le récit Les Schtroumpfs et le Cracoucass et non les deux histoires de l’album éponyme.
Dans un registre plus récent, la jeune et pétillante Molly Wind envahit les pages du pavé avec sa première aventure, publiée en 2024.
C’est dans les verdoyants paysages des Appalaches américains, au cœur de la première moitié du 20e siècle, que l’on retrouve la petite héroïne, future bibliothécaire. Une belle histoire au sujet de la précarité et de l’accès à la culture.
Enfin, dans un tout autre répertoire - à l’esthétique bien plus mature que le reste du bouquin - on découvre le deuxième tome de Les Cœurs de ferraille, intitulé L’inspiration. Une collection aux récits indépendants, nous plongeant dans un univers rétrofuturiste. Notre confrère Christian Grange avait déjà évoqué avec beaucoup d’enthousiasme ce deuxième récit particulièrement bouleversant et fort. Une histoire entre robots et humains qui fait écho avec une certaine justesse autant à notre époque avec la « création » par l’IA qu’à notre passé. En bonus, on apprécie l’entretien exclusif avec les auteurs Beka et José Luis Munuera. <
doc153107|left>Pour combler les trous, le "Giga Spirou" est ponctué d’un florilège de gags des divers univers Dupuis. Pour ne citer qu’eux : Dad, Nelson, Cédric, Kid Paddle, La méthode Rawl, Elliot au collège ou encore Pernille. Mention spéciale pour la courte histoire du Marsupilami vue par David Augereau, alias Dav. Un tendre hommage aux couleurs à nulles autres pareilles, doublé d’une ode aux congés estivaux. Le magazine comprend au passage une entrevue avec l’auteur.
Le grand absent de ce numéro reste - ironiquement - Spirou lui-même. Sa version Juvénile par Tome et Janry, elle, répond toutefois à l’appel… des vacances.
Par Rémi BARNAULT
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Le Giga Spirou n°6 est à retrouver en kiosque pour 9,90 €. Un rapport qualité-quantité-prix à en faire rougir l’oncle Picsou !