C’était en 2012. Nous avions essayé de faire le tour des candidats à la Présidence de la république pour connaître leur position sur la bande dessinée. Nous n’avions pas réussi à avoir ni Hollande, ni Sarkozy, ni Le Pen, tous sollicités, mais bien François Bayrou passé par le Festival International de la BD d’Angoulême.. « Il y a deux grands pays de la BD : le Japon et la France. Je n’ai pas une grande compétence concernant les mangas, mais j’admire la créativité, le renouvellement continu et l’inventivité des auteurs de BD français » avançait-il avec son assurance habituelle.
Bon, les Belges, les fans de Hergé, Franquin, Jacobs, Peyo, Tillieux, Jean Van Hamme, William Vance et Cie, qu’il avait englobés dans la production française, avaient été bien naturelllement vexés. Le ministre voulait sans doute dire « francophone », qualificatif qui lui aurait permis d’annexer la Suisse et le Canada francophones en sus...
Will Eisner, Stan Lee ou Jack Kirby étaient parfaitement ignorés, ce qui devrait interpeler le dernier Président des USA élu, l’ineffable Donald Trump, le chantre de l’America First... Notre ministre de l’éducation ne devait pas trop s’intéresser à l’époque aux blockbusters de nos salles de ciné, le seul super-héros qu’il connaissait étant... Astérix.
Mais, lecteur des lectures de ses enfants, il a dû être séduit par la préscience de la série XIII de Jean Van Hamme et William Vance (auteurs belges...) par rapport à la situation américaine d’aujourd’hui, tandis que, lecteur de De Cape et de Crocs, il avait même rencontré son scénariste Alain Ayroles.
On ne lui en voudra pas pour cette petite (et ancienne !) bévue : favorable à l’usage de la BD à l’école, il lui reconnaît son statut de 9e art. C’est déjà pas mal.
Ce qui est sûr, c’est que pour rester à sa place plus lontemps que son prédécesseur, il lui faudra la super-ouïe de Superman pour écouter les préoccupations des Français, la grande souplesse de Luffy de One Piece pour réussir à réunir tous les courants d’une majorité qui devrait s’étendre de la droite à la gauche, la sagacité de Largo Winch et les oeuvres en BD de Thomas Piketty pour résoudre la question des déficits, la résistance d’Astérix face à l’imperator Emmanuel Macron, la sagesse du Grand Schtroumpf pour déjouer les complots des Gargamel de l’extrême-droite, la vaillance de Tintin, enfin, pour s’imposer en Europe, tout en évitant bien évidemment les gaffes à la Gaston ! Large programme, disait l’autre...
Voir en ligne : L’INTERVIEW DE FRANÇOIS BAYROU DE 2012
Par Didier PASAMONIK Jacques LOBE
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Photo : DR Mairie de Pau
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