Eisner Awards 2024 : Ladies First ! Et aucune médaille d’or pour la BD franco-belge…

Par Didier PASAMONIK 30 juillet 2024 
Comme chaque année à cette époque, le Comic Con (l’Angoulême américain) décerne ses Eisner Awards, la plus haute distinction de la BD aux USA. Cette année, constate le communiqué du Comic Con, les femmes ont remporté ou partagé la majorité des récompenses attribuées (17 sur 32). Une première ! Des autrices souvent méconnues ce côté-ci de l’Atlantique. Aucune BD franco-belge au palmarès, seule Blacksad, représente la BD européenne.

Comme pour la très inclusive cérémonie des JO célébrant les femmes qui ont fait l’histoire de la France (Olympe de Gouges, Simone Veil…), le fait que les autrices emportent cette année la majorité des suffrages du jury dans les Eisner Award’s est un marqueur.

Le duo de cousines Mariko et Jillian Tamaki emportent trois trophées pour leur roman graphique Roaming, dans les catégories Meilleur premier album, Meilleure scénariste et Meilleures dessinatrices/encreuses.

Becky Cloonan a remporte pour sa part l’Award de la Meilleure histoire courte (The Kelpie ) et la Meilleure nouvelle série ( Somna, dessin : Tula Lotay ). Les autres catégories remportées par les femmes comprenaient la Meilleure série limitée (Caroline Cash, PeePee PooPoo ), la Meilleure publication pour les primo-lecteurs ( Chelsea M. Campbell et Laura Knetzger, Bigfoot and Nessie : The Art of Getting Noticed ), la Meilleure publication humoristique ( Kelly Thompson et Gurihiru, It’s Jeff : The Jeff-Verse #1 ), la Meilleure couleur directe ( Sana Takeda ), la Meilleure artiste de couverture ( Peach Momoko ), la Meilleure coloriste ( Jordie Bellaire ) et la Meilleure bande dessinée sur le Net ( Rachel Smythe ). On ajoute le prix humanitaire Bob Clampett remis à Regina Sawyer pour Women Comics Collective International. Strike !

Aucun éditeur ne domine ce palmarès : Penguin Random House, Fantagraphics, Drawn & Quarterly, DC Comics, Image et Marvel se partageant équitablement les lauréats, les éditeurs de Comics traditionnels cédant même le pas aux éditeur de Graphic Novels.

Le prix du meilleur scénariste Bill Finger est revenu ex-aequo à l’auteur/éditeur Jo Duffy (Power Man, Iron Fist, Catwoman, Batman, Wolverine, Fallen Angels, Nestrobber…) et au scénariste Ralph Newman, décédé en 1989.

Le Temple de la renommée accueille cette année les dessinateurs Klaus Janson et Mike Mignola, la dessinatrice Jill Thompson et le dessinateur britannique Bryan Talbot. 19 noms s’ajoutent au mémorial : Creig Flessel, AB Frost, Billy Graham, Albert Kanter, Warren Kremer, Oscar Lebeck, Frans Masereel, Keiji Nakaszawa, Noel Sickles, Cliff Sterrett, Elmer C. Stoner et George Tuska. Un Belge qui publiait dans les années 1920, pionnier du "roman graphique" : Frans Masereel.

Le tout était toujours organisé avec brio par l’administratrice des Eisner Awards, Jackie Estrada.

Constat fort : aucun nom européen n’émerge de ce palmarès à l’exception des Espagnols de Juan Díaz Canales & Juanjo Guarnido pour Blacksad (chez Dargaud, le tome 1 avait été déjà primé l’année dernière) et d’un collectif d’auteurs ukrainiens. Pas étonnant puisque parmi les francophones, seules Léa Murawieck ( Le Grand Vide, 2024 ) et Gaëlle Geniller ( Le Jardin, Paris, chez Delcourt ) figuraient dans la sélection officielle.

Est-ce à dire que la BD francophone ne porte plus à l’international ? La question se pose.


LE PALMARES DES EISNER AWARDS 2024

Meilleure nouvelle : The Kelpie , de Becky Cloonan, dans Four Gathered on Christmas Eve (Dark Horse) de Eric Powell, Mike Mignola, Becky Cloonan, & James Harren. A paraître chez Delcourt.
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Eisner Awards 2024 : Ladies First ! Et aucune médaille d'or pour la BD franco-belge…
« The Kelpie » par Becky Cloonan dans Four Gathered at Christmas Eve (Dark Horse) à paraître le 20 novembre 2024 chez Delcourt sous le titre Petits Contes Macabres.

https://lb.affilae.com/r/?p=55c86be...
Meilleur volume unique/One-Shot  : Nightwing #105, de Tom Taylor & Bruno Redondo (DC)

Nightwing #105, par Tom Taylor et Bruno Redondo (DC) - En VF chez Urban Comics. Le tome 6 est paru le 5 juillet 2024

Meilleure série : Transformers, de Daniel Warren Johnson (Image Skybound)

Transformers, la BD du film-culte publiée en juin dernier chez Urban Comis

Meilleure série limitée : PeePee PooPoo, de Caroline Cash (Silver Sprocket)
Meilleure nouvelle série : Somna : A Bedtime Story, de Becky Cloonan & Tula Lotay (DSTLRY)

“Somna” de Becky Cloonan & Tula Lotay, à paraître le 13 novembre 2024 chez Delcourt

Meilleure publication pour primo- lecteurs  : Bigfoot and Nessie : The Art of Getting Noticed, de Chelsea M. Campbell & Laura Knetzger (Penguin Workshop/Penguin Random House)
Meilleure publication pour enfants : Mexikid : A Graphic Memoir, de Pedro Martín (Dial Books for Young Readers/Penguin Young Readers)
Meilleure publication pour les adolescents : Danger and Other Unknown Risks, de Ryan North & Erica Henderson (Penguin Workshop/Penguin Random House)
Meilleure publication humoristique  : It’s Jeff : The Jeff-Verse #1, de Kelly Thompson & Gurihiru (Marvel)
Meilleure anthologie : Comics for Ukraine, sous la direction de Scott Dunbier (Zoop)
Meilleure œuvre documentaire  : Three Rocks : The Story of Ernie Bushmiller : The Man Who Created Nancy, de Bill Griffith (Abrams ComicArts)
Meilleur travail de mémoire : Family Style : Memories of an American from Vietnam, par Thien Pham (First Second/Macmillan)
Meilleur dessin — Nouveauté : Roaming, par Mariko Tamaki & Jillian Tamaki (Drawn & Quarterly)

« Roaming » par Mariko Tamaki & Jillian Tamaki paru sous le titre « New York, New York » chez Rue de Sèvres en janvier 2024.

Meilleur dessin — Réimpression (ex-aequo) :
Hip Hop Family Tree : The Omnibus, par Ed Piskor (Fantagraphics). Lire notre chronique

Hip Hop Family Tree : The Omnibus, par Ed Piskor, qui s’est suicidé cette année. Un award en cadeau d’adieu...

Wonder Woman Historia : Les Amazones, par Kelly Sue DeConnick, Phil Jimenez, Gene Ha & Nicola Scott (DC Comics)
Meilleure adaptation tirée d’un autre média  : Watership Down, de Richard Adams, adapté par James Sturm & Joe Sutphin (Ten Speed Graphic)
Meilleure édition américaine d’une BD internationale : Blacksad, Vol 7 : They All Fall Down, Part 2, de Juan Díaz Canales & Juanjo Guarnido (Europe Comics). On peut lire la chronique d’ActuaBD ICI

Meilleure édition américaine d’une BD asiatique : My Picture Diary, de Fujiwara Maki (Drawn & Quarterly)
Meilleure publication ma-/patrimoniale  : Dauntless Dames : High-Heeled Heroes of the Comic Strips , sous la direction de Peter Maresca et Trina Robbins (Fantagraphics)
Meilleure collection patrimoniale — Bandes dessinées : All-Negro Comics 75th Anniversary Edition, sous la direction de Chris Robinson
Meilleur scénario  : Mariko Tamaki, Roaming (Drawn & Quarterly)
Meilleur scénariste auteur complet  : Daniel Warren Johnson, Transformers (Image Skybound)
Meilleur dessinateur/encreur : Jillian Tamaki, Roaming (Drawn & Quarterly)
Meilleur peintre/artiste multimédia : Sana Takeda, The Night Eaters : Her Little Reapers (Abrams ComicArts) ; Monstress (Image)
Meilleur artiste de couverture : Peach Momoko, Demon Wars : Scarlet Sin, diverses couvertures alternatives (Marvel)
Meilleure mise en couleurs  : Jordie Bellaire, Batman, Birds of Prey (DC) ; Dark Spaces : Hollywood Special (IDW)
Meilleur périodique sur la bande dessinée : The Comics Journal #309 sous la direction de Gary Groth, Kristy Valenti et Austin English (Fantagraphics)
Meilleure publication de référence sur la bande dessinée : I Am the Law : How Judge Dredd Predicted Our Future, par Michael Molcher (Rebellion)
Meilleur travail universitaire/de recherche sur la BD  : The Claremont Run : Subverting Gender in the X- Men, par J. Andrew Deman (University of Texas Press)
Meilleure fabrication : Coffret Dracula de Bram Stoker et Frankenstein de Mary Shelley, conçu par Mike Kennedy (Magnetic Press)
Meilleur webcomic / smartoon : Lore Olympus, de Rachel Smythe (WEBTOON)

Le Tome 6 de "Lore Olympus" de Rachel Smythe vient de paraître dans la collection NeoToon de Hugo Publishing.

Meilleure bande dessinée pour le support numérique :Friday, vol. 7–8, par Ed Brubaker & Marcos Martin, (Panel Syndicate)

"Friday" dont le tome 3 est à paraître chez Glénat en septembre

Temple de la renommée :

Choix du jury : Kim Deitch, Creig Flessel, AB Frost, Billy Graham, Gary Groth, Albert Kanter, Warren Kremer, Oscar Lebeck, Frans Masereel, Don McGregor, Keiji Nakaszawa, Noel Sickles, Cliff Sterrett, Elmer C. Stoner, Bryan Talbot, Ron Turner, George Tuska, Lynn Varley et James Warren

Choix du public : Klaus Janson, Jim Lee, Mike Mignola et Jill Thompson

Prix humanitaire Bob Clampett : Women in Comics Collective International
Prix Russ Manning jeune talent  : Oliver Bly
Prix Bill Finger du scénario  : Jo Duffy, Ralph Newman ex-aequo
Prix Will Eisner Spirit du Meilleur comics shop  : Blackbird Comics and Coffeehouse

Par Didier PASAMONIK

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Etats-Unis Nancy Marché de la BD : Faits & chiffres 🏆 Eisner Award
 
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15 Messages :
  • C’est assez triste comme résultat pour la francobelge !
    Mais combien de nos albums ou livres ont été traduits aux Etats-Unis ?

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  • Je continue à dire que Blacksad, c’est du Franco-belge. Ce n’est pas la "nationalité" qui compte, c’est l’éditeur. Et l’éditeur, c’est Dargaud. Blacksad n’est pas la traduction française d’une BD chez un éditeur espagnol.

    Sinon, Marvel ou DC ne serait pas du comics vu le nombre d’auteurs hispaniques, asiatiques, britanniques, européens qui bossent pour eux.

    Je ne suis pas partisan d’une préférence nationale en matière de BD... ni en aucune autre, d’ailleurs.

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    • Répondu le 31 juillet 2024 à  07:33 :

      Moi non plus, mais les auteurs de Blacksad sont clairement issus d’une tradition espagnole de la BD, fort vivace, distincte de l’école franco-belge, et à laquelle le Festival d’Angouleme devrait enfin rendre hommage en janvier prochain.

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      • Répondu par Gina Vanilla le 31 juillet 2024 à  17:04 :

        On peut aussi rappeler que le virtuose dessinateur de Blacksad a longtemps travaillé pour les studios d’animation Disney, peut-être à Montreuil et pour le DA Notre Drame de Paris, je ne me souviens plus au juste ! hihihi ! De plus, c’est une excellent dessinateur, et les Américains, ces grands enfants, adorent les histoires d’animaux déguisés en humains (Donald et Mickey, bien sûr, mais aussi beaucoup d’autres). On ne va pas leur reprocher de lire autre chose que des bagarres de super-héros à la noix ! Cela va leur oxygèner le cerveau, et peut-être leur ouvrir l’esprit ?

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        • Répondu par Milles Sabords le 1er août 2024 à  09:08 :

          C’est le reproche que l’on peut faire à ce prix : avoir distingué un graphisme proche de leurs goûts « Disney ». Il y a tellement d’autres œuvres franco-belge qui auraient pu leur ouvrir l’esprit. Ils aiment bien vendre sur notre marché, mais préfèrent le protectionisme quant ça les concerne. Il faut dire que nous sommes les rois du « tirage de balle dans le pied » ! Le franco-belge ça n’est pas leur came, et avec la disparition des librairies physiques au US, ça ne va pas s’arranger. La concurrence c’est plutôt sain, mais là nous sommes dans un déséquilibre commercial total.

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          • Répondu par Gina Vanilla le 1er août 2024 à  17:07 :

            Bonsoir Mille Sabords, quand vous écrivez "la disparition des librairies physiques au US", vous avez des sources ? Je sais que les libraires US ne bénéficient pas de la loi Lang, mais je ne suis jamais allée aux States ! Les Américains achètent tout sur amazon ou en digital ?

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            • Répondu par Milles Sabords le 1er août 2024 à  18:56 :

              Vous avez de nombreuses sources sur le net à ce sujet, mais j’ai des amis qui au retour d’un long périple à travers les US, m’ont confirmé que si vous avez une librairie dans une ville, il faut ensuite parcourir des kilomètres à la ronde avant d’en trouver une autre. Contrairement en Europe, où vous pouvez en avoir plusieurs dans la même ville.

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              • Répondu le 2 août 2024 à  13:42 :

                Les distances ne sont pas comparables entre les villes ! La couverture du territoire américain par des librairies de comics « physiques » n’a jamais été comparable à celle de la France, pays où la culture est soutenue par les pouvoirs publics et où la présence commerciale du secteur du livre est quasiment unique au monde. Aux Usa, la Côte Est est un pays en soi pour le business de l’édition.

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          • Répondu par Caporal Mazout le 2 août 2024 à  11:37 :

            C’est surtout que la BD franco-belge ne correspond pas aux habitudes de lecture américaine et japonaise. Pas seulement au niveau du dessin mais aussi dans la façon de raconter les histoires.
            Ensuite, le format et la présentation franco-belge en font des produits de luxe. Les adapter est un casse-tête pour les éditeurs et leurs emplacements dans les rayons de librairies tout autant. En livres d’art ou en BD à côté des manga ?
            Enfin le rythme de parution est tellement poussif qu’aucun lecteur américain ou japonais ne risque d’accrocher.
            Ce type de BD est donc un marché de niche à l’étranger, réservé aux plus fortunés et aux plus ouverts d’esprit, ce qui va souvent de pair.
            Les Américains, comme les Japonais, ne sont pas des gens très curieux de ce qui vient de l’étranger. Contrairement aux Français.
            Le problème est le même pour toute l’industrie culturelle française : littérature, cinéma, musique. Nous importons, mais nous n’exportons quasiment pas. Il y a une image qui colle aux productions françaises.

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            • Répondu le 2 août 2024 à  15:52 :

              "réservé aux plus fortunés et aux plus ouverts d’esprit, ce qui va souvent de pair." Non seulement, ce préjugé est déplaisant, mais il est inexact. On voit tout de suite que vous ne fréquentez pas les plus fortunés.

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        • Répondu par LAURENT HALOUSE le 1er août 2024 à  11:39 :

          L’anthropomorphisme peut aller chercher ses racines chez La Fontaine, voire le XIIe siècle avec le Roman de Renart. ;-)

          Sinon, une petite exploration des noix ne serait pas de trop. De la tradition du Golem aux mythes de la mythologie gréco-romaine, les combats de super-héros peuvent aussi ouvrir l’esprit au delà des préjugés. :)

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          • Répondu le 1er août 2024 à  16:14 :

            Vraiment n’importe quoi. Aucun rapport entre le dessin de Blacksad et le style Disney. A part ça, vous découvrez maintenant que la Bd franco-belge est franco-belge et n’existe pratiquement pas dans le reste du monde et en particulier pas du tout aux USA ni au Japon ?

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            • Répondu le 2 août 2024 à  06:48 :

              En 1993, Guarnido est embauché chez Walt Disney Animation France à Montreuil. Il y travaille comme dessinateur de décors puis comme animateur. Ça s’appelle le style Disney.

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              • Répondu le 2 août 2024 à  09:48 :

                Si tout les dessinateurs qui ont cachetonné dans l’animation chez Disney doivent être étiquettés "style Disney" toute leur vie… il n’y a rien du style Disney dans Blacksad. Disney n’a pas inventé les personnages à tête d’animaux.

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  • Au fait, vous pouvez garder "Friday" pour Brubaker et Martin. Vendredi, c’est sur une île. :D

    Glénat a sorti la série sous le titre Friday, prénom du personnage principal.

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