Très bon
3 novembre 2025
Par un jeu d’ombres et de lumières, de cadrages soigneusement étudiés en passant par une palette de figures expressives, Bernie Wrightson suggère des ambiances qui donnent le frisson. Les compositions de planches aussi bien sur le plan graphique que narratif sont des chefs d’œuvre de mécanique du récit court.
En quelques pages, une atmosphère envoûtante est créée, le décor est planté ainsi que les personnages au profil inquiétant. Le récit palpitant progresse rapidement et débouche sur une conclusion inattendue. Il est parfois aidé par son scénariste principal et qui signe aussi la préface de ce tome : Bruce Jones.
Au passage, on admire les qualités exceptionnelles du dessinateur lui-même inspiré par des noms prestigieux tels que Frank Frazetta ou Al Williamson . Des influences que l’on repère facilement au regard de ses planches. Une stricte symétrie (par exemple dans les croisillons des fenêtres) représentant le monde réel s’oppose à la difformité tortueuse d’un univers parallèle avec lequel il entre en contact.
On ne peut que conseiller au lecteur hésitant d’au moins ouvrir cet album s’il en a l’occasion, d’observer cette forme d’art et de se laisser envahir par ces ambiances et fictions surnaturelles. Le dessin semble à la fois très technique (usage des hachures, lavis, éclairages,…) et en même temps inné et naturel, l’apanage du maître.
Un cahier de quelques pages totalement inédit et exclusif à cette édition nous apprend le processus de création de l’auteur concernant l’épisode « Le Monstre de boue ». Tout simplement fascinant !
L’ensemble des récits ont été initialement publiés entre mai 1974 et février 1976. Bernie Wrightson nous a quittés en 2017. Le monde du neuvième art n’oublie jamais ses héros.
Par David SPORCQ
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