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Bon
1er novembre 2025
Sorti en 1987 dans les salles d’arcade, Double Dragon allait par son gameplay et sa popularité fulgurante marquer un genre : celui du Beat’em up, où l’on parcourt un niveau en distribuant des coups de poing ou de pied à des vagues d’ennemis nous fonçant dessus et ce, dans l’espoir d’atteindre un boss plus coriace que la moyenne marquant la fin du stage.
Le scénario d’origine tient sur un Post-it : les frères Billy et Jimmy Lee, deux experts en arts martiaux, doivent affronter tous les loubards de leur ville pour retrouver Marian, leur amie qui vient d’être enlevée. L’astuce des deux frères permet d’introduire une révolution de gameplay pour l’époque : le jeu en coopération ! À deux joueurs, chacun incarne l’un des frères et c’est parti pour l’aventure !
Cette nouveauté avait aussi marqué son époque car, contrairement aux jeux de plates-formes d’alors, il était possible de diriger son personnage vers la profondeur du stage… mais aussi d’utiliser des armes pour varier les plaisirs ! Ces mécanismes se retrouveront, jusqu’à nos jours, dans d’autres séries emblématiques du Beat’em up comme Final Fight (on vous recommande particulièrement le III) ou Streets of Rage (entre le II et le récent IV, notre cœur balance).
La populaire franchise a été exportée au début des années 1990 vers le cinéma et la télévision (avec un dessin animé), mais ActuaBD oblige, c’est l’adaptation en Comics qui retient ici notre attention.
C’est l’éditeur Marvel qui tente sa chance avec Double Dragon en 1991, au travers d’une mini-série de six épisodes. Comme dans le jeu éponyme, on suit les aventures des frères Billy et Jimmy Lee, choisis pour être les détenteurs de la « Dragon Force ». Pas de chance, leur ville est soudainement plongée dans les ténèbres par le maléfique Nightfall ! Heureusement, ils pourront compter sur l’aide de l’agente Marian Steele pour découvrir la vérité sur leur héritage et leur lien avec la « Dragon Force »…
Peut-être est-ce l’influence de la Maison des Idées qui opère, mais l’adaptation de Double Dragon s’oriente ici vers le genre des super-héros car les frères Lee endossent désormais cet archétype. On se retrouve aussi avec un contexte plus futuriste et fantastique que ce que nous avait habitué le jeu vidéo, avec ses environnements urbains.
En tout cas, niveau scénario, la série a accueilli des noms aujourd’hui prestigieux : les premiers épisodes ont été écrits par Dwayne McDuffie (connu, entre autres, pour avoir écrit et produit la série animée La Ligue des justiciers dans les années 2000) et les derniers par Tom Brevoort (l’éditeur qui a accompagné la montée en puissance des séries Avengers depuis les années 2000, aujourd’hui en charge des séries X-Men).
Néanmoins, il est difficile de ne pas constater que cette mini-série n’est pas restée dans les annales. À moins qu’elle soit devenue un objet rare et convoité par les lecteurs nostalgiques d’une époque où les jeux vidéo perçaient dans le monde des Comics… Ce qui est bien évidemment l’opposé absolu de la situation actuelle (par exemple, les collaborations de Fortnite ou le récent jeu Marvel Rivals).
Après un premier retour en 2017 avec Double Dragon IV, le talentueux studio japonais Arc System Works [1] tente à nouveau de redonner pleinement vie à la licence grâce à Double Dragon Revive.
C’est au développeur japonais Yuke’s que l’on doit ce nouveau titre, un opérateur que l’on connaît bien pour avoir pendant près de deux décennies développé les jeux vidéo de catch de la WWE (à ce niveau, notre cœur balance entre WWE ‘13 et WWE 2k19).
Peut-être est-ce lié au savoir-faire des développeurs, mais nous avons eu un bon ressenti manette en main. Les coups sont variés et ont visiblement de l’impact à l’écran. Les animations sont nombreuses, tout comme les interactions avec le décor qui sont récompensées par le jeu (ce n’est pas une obligation, mais envoyer valser ses adversaires dans le décor a quelque chose de jouissif et d’avantageux).
Nous avons aussi apprécié que les armes présentes dans le titre étaient variées et surpuissantes. Assurément, nous sommes face à un gameplay plutôt riche pour le genre et qui s’apprend au fur et à mesure. Que les joueurs soient rassurés : il existe trois niveaux de difficulté pour boucler l’histoire et le titre explique bien, si on perd, les astuces pour s’en sortir.
Le gameplay a aussi la particularité d’évoluer sur un plan en 3D, ce qui rend l’ensemble moins précis ou chirurgical dans le feu de l’action que ce que l’on connaît sur un plan 2D (comme le récent Streets of Rage IV). Ce choix permet néanmoins des jeux de caméra bienvenus dans la progression des stages ou de varier les plaisirs dans la distribution des coups.
Les graphismes du titre sont corrects, sans être renversants. Pour avoir testé celui-ci sur la console Switch 2, les pixels sont ainsi apparents sur les modèles des personnages en mode TV. En revanche, ça passe déjà passe mieux en terme de netteté quand on bascule en mode sur table ou bien en portable. Au moins, le framerate ne nous a pas semblé être pris en défaut. Nous avons été bien plus convaincus par la direction artistique du titre, à laquelle les scènes de transition dessinées rendent hommage.
Si le titre gagne en popularité ces prochains mois, il se peut que l’on se retrouve face à un nouveau chapitre pour la licence Double Dragon, et non pas face à un exercice de commémoration nostalgique. En effet, l’histoire ici racontée est classique mais efficace, tout en ouvrant la voie à de nouveaux développements. Double Dragon Revive est un titre qui mérite le détour pour ses trois à cinq heures de jeu pour voir la fin de l’intrigue, mais aussi, les parties vitaminées en coopération qu’il offre.
Par Romuald LEFEBVRE
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Double Dragon Revive. Par Arc System Works. Sortie le 23 octobre 2025. 39,99 Euros.
[1] Outre des licences propres et populaires comme les jeux de combat Guilty Gear ou BlazBlue, on leur doit aussi le meilleur jeu vidéo Dragon Ball jamais créé : Dragon Ball FighterZ.