Né le 27 juillet 1938 à Saint-Mandé (proche banlieue parisienne), il passe l’enfance sous l’occupation et rencontre un jeune voisin de son âge, Jean-Claude Mézières, dans un abri souterrain pendant une alerte aérienne.
Après des études de littérature et de sciences politiques (il est diplômé en 1963), il part enseigner le français en territoire mormon, à Salt Lake City, où il retrouve JC Mézières en train de jouer au cow-boy. Ensemble, ils envoient en 1967 une histoire courte au Journal Pilote de René Goscinny. Ce sont les premières planches de Valérian et Laureline que le distingué universitaire signe alors sous le pseudonyme de Linus, du nom d’un personnage des Peanuts de Charles M. Schultz qui prête également son nom à la revue de bande dessinée italienne la plus hype d’Europe.
C’est que parallèlement, Christin mène une brillante carrière d’universitaire, d’écrivain et de journaliste. Enseignant la littérature comparée, il s’associe, la même année que la création de Valérian (1967), avec Robert Escarpit, éditorialiste critique littéraire pour Le Monde, pour fonder à Bordeaux la première école publique de journalisme en France. On lui doit quelques romans, des essais et même des pièces de théâtre.
Mais dans le domaine de la bande dessinée, non content d’élaborer avec JC Mézières l’une des plus importantes bandes dessinées de science-fiction française, il initie au début des années 1970, une bande dessinée au contenu politique clairement affirmé.
Brièvement avec Tardi d’abord (Rumeurs sur le Rouergue, 1972) mais surtout avec Enki Bilal avec une série de romans graphiques inoubliables : Le Vaisseau de pierre (1976), La Ville qui n’existait pas, (1977), Les Phalanges de l’Ordre noir (1979) mais aussi Partie de chasse (1983). Des titres qui lui valent d’être proprement viré dans les premiers moments de l’arrivée du Groupe Ampère (futur Media-Participations) dans l’actionnariat des éditions Dargaud.
S’y ajoutent, parmi d’autres, les titres qu’il cosigne avec Annie Goetzinger : La Demoiselle de la Légion d’Honneur (1980), La Diva et le kriegspiel (1981), La Voyageuse de petite ceinture (1985), Charlotte et Nancy (1987) ; avec André Juillard : trois volumes de Léna entre 2006 et 2020 ; mais aussi avec Jean Vern, Philippe Aymond, Patrick Lesueur, François Boucq, Jacques-Henri Tournadre, Bernard Puchulu, Daniel Ceppi, Alain Mounier, Sébastien Verdier ou Jean-Michel Arroyo, Jean-Claude Denis, Max Cabanes, Jacques Ferrandez.
Il est le premier (et peut-être le seul, il faudrait vérifier) scénariste récipiendaire d’un « Prix du scénariste français » au Festival d’Angoulême en 1976 ; il reçoit le réputé Prix Jacques Lob du scénario en 1995, le Prix Tournesol de la BD écolo en 1997, et le Prix René-Goscinny en 2019, ce qui lui vaut une exposition rétrospective à Angoulême l’année suivante.
Cette reconnaissance est aussi internationale puisqu’il est distingué par le Prix Max und Moritz en Allemagne en 1996 et en 2010 et par le Prix Adamson en Suède en 2014.
Par Didier PASAMONIK
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