Bon
9 février 2026
Sur Bubulle, une drôle de planète aux accents futuristes, coexistent robots, mutants et autres créatures extraterrestres. Chaque matin, un soleil humanisé pointe le bout de son nez, faisant office d’animateur radio, en direct de l’espace. C’est dans ce décor résolument cartoon, au cœur de la fantasque Chpounville, que l’on fait la connaissance de Sonny Bounce, jeune livreur de pizzas à l’allure étonnamment juvénile pour quelqu’un de son métier. Pour quasiment n’importe quel métier, en fait. Mais bon, autre planète, autres mœurs.
Au petit matin, Sonny se prépare à entamer une nouvelle journée. Pour le petit déjeuner, repas le plus important de la journée, dit-on : un bol de céréales accompagné de lait — ou peut-être est-ce l’inverse, la question reste ouverte. Ensuite, Sonny s’habille, se douche et prend soin de brosser chacune de ses quenottes. Une routine matinale des plus classiques. Mais ce matin-là, un accident de la circulation vient tout bouleverser. Sonny percute de plein fouet un robot Nük-Nük. L’état de Sonny atteint un seuil critique, contre lequel aucun hôpital traditionnel ne pourrait rien. Il est alors confié à l’excentrique docteur Moduloff, qui l’intègre comme cobaye à un projet hautement expérimental.
Le premier album de Bulby Crunch, intitulé Génomix, fait écho à la génomique, la science qui explore le fonctionnement des organismes. Génomix, c’est aussi et surtout un jeu de mots, fusionnant « génome », l’ensemble des gènes d’un individu, et « mix », synonyme de mélange. Et des mélanges, cette première histoire en fait à toutes les sauces. Le docteur Moduloff use de tous les moyens mis à sa disposition pour ramener à la vie, et surtout améliorer, le pauvre Sonny Bounce, mettant de côté toute éthique. Tout au long de l’album, Moduloff ne cesse de jouer les Frankenstein modernes.
Dans le deuxième album, Sonny, devenu un vrai super-héros, trouve un allié en l’ami de tous les petits déjeuners qui, à défaut d’être Ricoré, se nomme Pudding-man. Les choses sérieuses commencent quand le réseau informatique déraille, rendant tous les robots de Chpounville complètement zinzin. Dans le troisième et dernier album paru, Sonny tombe sous l’emprise du machiavélique professeur Zoïde, qui le manipule comme une marionnette pour orchestrer un attentat suicidaire d’ampleur planétaire.
Derrière ses couleurs pop et ses dessins très ronds, nourris d’influences cartoonesques et graffiti, ce bonbon acidulé explore des périls qui rappellent ceux de grands comics, mais toujours de façon édulcorée. Cet univers foisonnant, au croisement des genres, constitue une sympatoche porte d’entrée pour les futurs consommateurs de comics de super-héros. D’autant que l’enfant lecteur peut aisément s’identifier à Sonny.
Un univers quelque part entre Samsam, Astroboy et l’inspecteur Gadget. Le format carré relié des albums se prête idéalement à un jeune lectorat, offrant une prise en main à la fois simple et agréable.
Le premier opus a été publié chez l’éditeur angoumoisin Scrutella, avant que la série soit reprise à la source par Café Creed. Un ultime album, d’ores et déjà en gestation, doit prochainement conclure la saga.
En attendant, une exposition consacrée à l’univers imaginé par Tristoon est à découvrir du 5 février au 30 août à Angoulême, au Vaisseau Moebius, au cœur de la Cité de la bande dessinée.
Par Rémi BARNAULT
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Les trois premiers tomes de Bulby Crunch sont en vente chez Café Creed, pour 15 €.