Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

Bruno Merckx (Fédération Wallonie-Bruxelles) : « Le prix Atomium vise les auteurs en pleine maturation, entre début prometteur et consécration. » [INTERVIEW]

Par Christian MISSIA Dio 28 novembre 2024 
En septembre dernier, lors du BD Comic Strip Festival à Bruxelles, la Fédération Wallonie-Bruxelles a réaffirmé son engagement envers la bande dessinée contemporaine et indépendante en tenant un stand dédié et en remettant le prestigieux Prix Atomium à Léonie Bischoff, saluant ainsi son talent et son engagement. Cette démarche s’inscrit dans une tradition de soutien aux auteurs belges, prolongée le 25 novembre à l’Opéra Royal de Wallonie à Liège, lors de la cérémonie des Espiègles. À cette occasion, nous avons échangé avec Bruno Merckx et Violaine Gréant pour explorer l’impact de ces initiatives sur la création artistique et les liens qu’elles tissent entre culture et public.

Bonjour Bruno Merckx, bonjour Violaine Gréant. Bruno, vous êtes directeur adjoint du Service Littérature Jeunesse et Bande dessinée, et Violaine, vous êtes responsable de la Gestion du Plan lecture à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Concernant les livres que vous mettez en avant, on remarque qu’un bon nombre bénéficie du soutien de la Fédération. En quoi consiste précisément ce soutien ? Est-il principalement financier, matériel, ou d’une autre nature ? Par exemple, ce soutien inclut-il l’organisation d’ateliers d’écriture dans des espaces publics ? Pourriez-vous nous détailler un peu le fonctionnement de cette aide ?

Bruno Merckx : Oui, il y a deux dimensions. La première concerne effectivement le soutien financier à la création. Ensuite, il y a une attention particulière portée à la diffusion, c’est-à-dire la promotion de ces livres, notamment dans les milieux scolaires et parascolaires.

Pour ce qui est des bourses, il s’agit d’un programme existant depuis une vingtaine d’années. Ces bourses sont adaptées au profil des candidats et à l’envergure de leurs projets. On distingue plusieurs types d’aides : des bourses pour les jeunes et nouveaux auteurs, des aides pour les auteurs confirmés, et même des bourses sabbatiques permettant de prendre du recul.

Tout cela repose sur un principe de collégialité. Les demandes et candidatures sont soumises à une instance d’avis composé de membres de la société civile : auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, etc. Cette instance, indépendante du ministère, rend des avis motivés, qui sont ensuite validés par le ministre. Une grande partie des livres présentés dans ce Festival de la BD ont ainsi bénéficié de ce soutien à la création.

Les éditeurs indépendants peuvent également présenter des demandes pour des projets ponctuels, qui sont soutenus en fonction des besoins identifiés. Par ailleurs, la diffusion de ces œuvres prend une place croissante, notamment dans le milieu scolaire, grâce à un programme géré par Violaine en faveur des auteurs.

Vous pouvez nous parler un petit peu de ce programme ?

Violaine Gréant : Nous essayons de créer un lien entre le secteur culturel et l’enseignement. Cela passe par une série d’actions et de programmes, comme “Auteurs en classe”, qui permet d’inviter gratuitement des auteurs dans les établissements scolaires.

Nous développons également des outils pédagogiques et organisateurs de concours, tels que “La Petite Fureur”, qui offrent aux enseignants l’opportunité d’accéder à certains ouvrages. En parallèle, nous mettons en place des formations pour faciliter l’intégration de la bande dessinée dans le milieu éducatif. Ces initiatives visent à fournir des outils pratiques et à donner aux enseignants la possibilité d’accueillir des auteurs dans leurs classes.

Depuis le lancement de ce programme, combien de rencontres avez-vous pu organiser, et avec combien d’auteurs ? Combien d’écoles y ont pris part ?

VG : C’est difficile de donner une réponse précise comme ça. Nous sommes trois à travailler sur le programme “Auteurs en classe”. Pour ma part, je m’occupe spécifiquement du volet bande dessinée, tandis que mes deux collègues se concentrent davantage sur les albums jeunesse et la littérature générale.

Mais sur la bande dessinée ?

VG : En ce qui concerne la BD, je pense avoir organisé une centaine de rencontres l’année dernière. Ce volet du programme est encore relativement récent, il existe depuis environ 4 ou 5 ans. Pour les autres types de littérature, ma collègue, qui travaille dans l’enseignement fondamental, a participé à l’organisation de près de 3 000 rencontres. Globalement, c’est un programme qui peine à prendre de l’ampleur, bien que, chaque année, je bénéficie d’un budget supplémentaire.

Pour participer à ce programme, faut-il être un auteur belge résidant sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxellles ? Ou bien, un auteur étranger vivant sur ce territoire peut-il également y prendre part ?

VG : Pour participer au programme, il faut être Belge ou résider en Belgique depuis au moins cinq ans. Les livres doivent être rédigés en français ou traduits dans cette langue. Par ailleurs, ils doivent avoir été publiés par un éditeur adhérant à la charte d’édition professionnelle, ce qui exclut l’autoédition.

La Fédération Wallonie-Bruxellles a attribué un prix. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce prix et sur le lauréat ?

BM : Oui, bien sûr. Les prix Atomium existent depuis 2017, et leur mise en place repose sur un processus similaire à celui de la participation au festival. À l’origine, les organisateurs de l’événement ont proposé de créer plusieurs prix et ont suggéré à la Fédération Wallonie-Bruxelles, spécialisée dans le soutien à l’édition indépendante et aux projets innovants, de participer en apportant également un prix. C’est ainsi que la réflexion à pris forme. Depuis cette date, chaque année, un ou une lauréat(e) est proclamé(e) lors du festival de la BD.

La dotation de ce prix est de 10 000 euros, ce qui en fait bien plus qu’un simple trophée. L’objectif est de récompenser un auteur ou une autrice qui a déjà entamé sa carrière, mais qui est encore en pleine construction et développement. Ce n’est pas un prix de couronnement de carrière, ni une récompense destinée à une révélation récente. Nous nous adressons aux auteurs qui se situent entre ces deux phases.

Cette année, la lauréate, Léonie Bischoff, illustre parfaitement ce profil. C’est une artiste de grand talent, comme en témoignent ses œuvres, notamment Anaïs Nin, l’adaptation de La Longue Marche des dindes, ainsi que d’autres projets. En plus de ses réalisations artistiques, elle est activement impliquée dans le milieu professionnel de la BD. Elle a pris des positions marquantes sur des sujets importants, comme le sexisme dans ce secteur, et son militantisme est particulièrement bienvenu.

Par ailleurs, Léonie Bischoff s’inscrit dans une démarche participative à travers l’Atelier Mille, dont elle fait partie. Cet atelier, qui existe depuis 2011, reflète son engagement collectif. Pour toutes ces raisons, à la fois pour la qualité de son travail et pour sa personnalité, elle s’est imposée comme la candidate idéale pour recevoir ce prix Atomium, attribué par un jury de professionnels.

Par Christian MISSIA Dio

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN :

En médaillon : l’équipe du portail « Objectif plumes » de la FW-B, composé entre autres de Violaine Gréant et à sa gauche, Bruno Merckx.
Photo © Christian Missia Dio

À lire sur ActuaBD.com :

Fédération Wallonie-Bruxelles
Service général des Lettres et du Livre – Portail « Objectif plumes »
Boulevard Léopold II, 44 (bureau 1A028)
1080 Bruxelles
Belgique
info@objectifplumes.be

Belgique Bruxelles Liège
 
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Christian MISSIA Dio  
A LIRE AUSSI  
Interviews