Boule & Bill T. 46 : Peinture à l’os - Par Cazenove & Bastide d’après Roba - Ed. Dargaud

Par Rémi BARNAULT Bon 26 décembre 2025 
Même si, dans le dernier tome, Boule et son cocker Bill semblaient pris d’une envie d’ailleurs en rêvant devant un globe terrestre, ce n’est pas encore cette fois que la BD s’éloignera de son cadre habituel. De la maison individuelle familiale, au jardin, en passant par le parc, on retrouve nos personnages figés dans cette éternelle atmosphère idyllique des années 1960.

C’est simple, en 66 ans, des plumes de Roba à son assistant Verron jusqu’à Bastide de nos jours, ce petit écosystème chaleureux n’a pas pris une ride. Boule et Bill donne l’impression d’un classique immuable, que l’on évite de remettre en question par crainte d’altérer une formule gagnante. Les personnages récurrents se comptent sur les doigts de la main. Boule a toujours son Pouf - son meilleur ami, et non le coussin capitonné - et Bill sa chère compagne platonique - en dépit de quelques tensions - la tortue Caroline. Il y a les parents : la mère maîtresse de maison, le père employé dans la pub, tous deux fruits de leur époque. Le père conduit encore et toujours sa voiture Citroën 2CV. À se demander combien de kilomètres elle a au compteur. Seule sa pipe a dû se perdre de la même manière que la cigarette d’un certain cow-boy a été remplacée par un brin de blé.

Bill n’est pas un chien d’intérieur. Il faut dire que l’on n’enterre pas d’os dans une maison. De la même manière, Boule joue au ballon dans le jardin et s’imagine des aventures avec son fidèle canidé. Même si elle est évoquée, on ne voit que peu l’école. Aussi, exit les téléphones portables et les consoles de jeu, on nous parle de la fameuse époque où l’on créait des mondes entiers avec un caillou et un bout de bois. Dans ce nouvel album, les deux compères se consacrent avant tout à la création artistique, et plus particulièrement à la peinture. Bill joue la muse, tandis qu’une visite du musée local s’impose.

Si l’art surgit à chaque coin de rue, mieux vaut ne pas en parsemer toute la maison, sous peine de voir maman rougir… gentiment. Oui, les personnages peuvent se laisser aller à leurs pulsions primaires, l’espace d’un instant, mais sans entrer dans la violence. On ne verra ni fessée, ni punition, même si cela peut toujours se passer en off. Au passage, on en apprend toujours plus sur les animaux, avec de nombreuses anecdotes aussi amusantes que fascinantes et on saluera un bel hommage discret à Roba.

Une douce lecture anti-déprime qui nous fait nous sentir bien, comme au pays de Panono. Si la série perdure, c’est que les fans de la première heure, les collectionneurs et les nouveaux lecteurs se sont donné rendez-vous. Reste alors une question : qu’est-ce qui permet à une série aussi sage, enfantine, ancrée dans son époque - sans paraître chauvin - de traverser le temps sans se réinventer ? Est-ce la magie intacte d’une recette miracle, ou simplement le besoin, dans un monde toujours plus complexe et saturé de nouvelles tristes et toxiques, où l’on est sollicité à tous les tournants, de retrouver un havre de simplicité, d’innocence et de douceur ? C’est un parti *-pris que fait la série, à l’opposé de celui de certains de ses "cousins", comme Titeuf par exemple, qui s’adapte à son époque, tout en adoptant un humour plus piquant.

Par Rémi BARNAULT

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Code EAN : 9782505134404

Le 46e tome de Boule et Bill est en vente aux éditions Dargaud, pour 12,95 €.

Dargaud ✍ Christophe Cazenove ✏️ Jean Bastide tout public Humour
 
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PAR Rémi BARNAULT  
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