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Berserk T. 2, édition Prestige – par Kentaro Miura – Éd. Glénat Manga

Par Milan MORALES Excellent 20 septembre 2025 
Avec ce deuxième tome de l’édition Prestige de Berserk, Glénat Manga poursuit la redécouverte soignée d’une œuvre devenue culte. Le manga de Kentarō Miura, dans ce format plus grand et plus luxueux, gagne en puissance visuelle et narrative. On y ressent de plus en plus clairement que cette fresque médiévale et fantastique ne se contentera pas d’un simple récit d’aventure : elle explore, lentement mais sûrement, des territoires plus sombres, à la lisière du tragique.

Ce second opus de l’édition Perfect de Berserk - couvrant les tomes 3 et 4 originels - plonge au cœur de l’arc de l’Âge d’or. Ce passage, d’une intensité rare, souffle la genèse tragique de Guts et pose les fondations du récit, entre rêves de grandeur et gouffres de ténèbres.

On suit la jeunesse de Guts, élevé à la dure au sein d’une troupe de mercenaires après une naissance marquée par le sang et la tragédie. Écorché par la vie, vendu et violé, il croise la route de Griffith, chef charismatique de la Bande du Faucon, dont les ambitions semblent sans limite. Guts, d’abord rival, il deviendra un pilier de cette armée aux côtés de la mystérieuse Casca, guerrière en quête de reconnaissance.

Ce qui frappe dans ce tome, c’est l’ambiance qui se densifie. Même si la guerre est omniprésente, ce n’est pas elle qui fait l’essentiel du malaise qui s’installe. Il y a quelque chose de plus souterrain à l’œuvre : une impression que le destin des personnages ne leur appartient pas tout à fait. Les scènes de combat sont spectaculaires, mais c’est dans les silences, les regards en coin ou certaines répliques sibyllines que se joue l’essentiel.

Miura semble distiller des indices, des symboles ou des pressentiments que le lecteur attentif capte sans pouvoir encore les relier pleinement. Il y a comme une ombre au tableau – peut-être liée à ce fameux "rêve" que poursuit Griffith, ou à la violence intérieure que Guts tente de contenir.

Visuellement, cette édition Prestige reste à la hauteur de son ambition. Son format A5, la couverture rigide sous jaquette illustrée et la qualité du papier permettent de redécouvrir le trait de Kentarō Miura dans toute sa richesse. Les scènes de bataille, les visages tourmentés, les architectures gothiques et les jeux de contraste gagnent une puissance inédite dans cette mise en page plus généreuse. Le lettrage retravaillé ainsi qu’une nouvelle traduction affinent encore l’expérience de lecture.

Sans nul doute, cette édition fera partie des nominés pour le Daruma de la meilleure fabrication à la Japan Expo 2025 !

Cependant, il serait malhonnête de passer sous silence le problème rencontré lors de la première impression de ce tome 2. À peine le tome révélé, une anomalie graphique frappe les lecteurs : dans l’illustration d’une page inter-chapitres, l’épée du héros trône étrangement, la lame pointant des deux côtés, un visuel absurde absent de l’original. Glénat, accusé à tort d’avoir utilisé une intelligence artificielle, reconnaît une erreur humaine lors du traitement de l’image et assume pleinement la responsabilité.

L’éditeur met alors en place une réimpression d’urgence avec l’image restaurée et validée par les ayants droit, prouvant son respect du travail de Miura. Cette transparence et cette réactivité ont été saluées, même si certains lecteurs pinaillent encore de ne pas avoir reçu immédiatement un produit à la hauteur des attentes, notamment au vu du prix premium de l’édition. Ce faux pas éditorial, s’il est regrettable, n’entache pas nullement la valeur de cette édition, qui reste, sur le fond comme sur la forme, un véritable écrin pour le chef-d’œuvre de Miura.

Difficile de savoir exactement où Miura veut nous emmener pour qui ne connaît pas l’œuvre. Si l’action et les enjeux militaires occupent encore le devant de la scène, on sent bien que le cœur du récit se déplace peu à peu vers autre chose : des conflits moraux, des dilemmes intérieurs, peut-être même des éléments plus fantastiques, voire métaphysiques.

Il y a dans Berserk une tension permanente entre le visible et l’invisible, entre le sang versé et ce que les personnages ne disent pas. Ce tome 2 renforce cette impression que l’on se trouve encore au seuil d’une histoire bien plus vaste – et potentiellement bien plus dérangeante – que ce que les premières pages laissaient supposer.

Par Milan MORALES

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Code EAN : 9782344067802

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Vous pouvez retrouver ici nos précédentes chroniques :
– le Tome 1

Belle lecture ! ❤️

Berserk Glénat Manga ✏️ Kentaro Miura à partir de 16 ans Japon
 
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PAR Milan MORALES  
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