Très bon
30 avril 2025
Premier tome de la série Aylin, publiée au Lombard, Le Secret des elfes est le fruit de la collaboration entre le scénariste Ricardo Serrazina et l’illustratrice Madie. Pour leur première œuvre, le duo portugais se présente comme l’héritier spirituel de W.I.T.C.H., et propose une aventure où fiction et réalité se mélangent.
Malgré son public cible plutôt enfantin, Le Secret des Elfes aborde des thèmes forts et n’hésite pas à devenir très sombre par moments. Le récit met en parallèle la transformation elfique d’Aylin avec le passage à l’adolescence, et les hauts et les bas qui en découlent. La jeune fille doit apprendre à vivre avec des émotions amplifiées par ses pouvoirs d’elfe, qu’il s’agisse de l’inébranlable amitié qu’elle entretient avec son amie Amy, du « crush » qu’elle éprouve pour le beau Louis, ou encore de l’amertume qu’elle ressent à l’égard de son père, qui lui a caché sa condition d’elfe depuis son enfance.
Le Secret des Elfes parvient à bien rendre les sentiments des personnages, notamment grâce à la variété des dialogues. En effet, le livre alterne entre dialogues parlés, SMS envoyés par téléphone, et pensées qu’Aylin peut lire grâce à ses nouveaux pouvoirs. Chacun de ces médias est utilisé pour illustrer une perspective différente : les SMS sont quasi exclusifs à la relation entre Aylin et Amy, et les pensées révèlent les doutes que la protagoniste ressent vis-à-vis des autres et d’elle-même.
Le tout est illustré par les très belles planches de Madie, aux couleurs pastel. L’illustratrice met clairement à profit les outils numériques pour travailler les jeux de lumière et de couleurs, alternant entre des ambiances « cosy » et des scènes beaucoup plus sombres. Certaines scènes muettes sont même portées uniquement par le dessin, et les cadrages proposés par l’illustratrice transmettent très bien les sentiments des personnages. Le livre va même jusqu’à proposer des planches au style radicalement différent — en noir et blanc, par exemple — pour illustrer l’action des scènes de combat.
Ce premier volume d’Aylin constitue ainsi un bon début de série et introduit des personnages attachants à la psychologie complexe. Très clairement, on a envie de connaître la suite et de voir où le récit emmènera Aylin et ses amis. Il n’y a pas encore de date annoncée pour le tome 2, mais si la qualité reste similaire, on peut être optimiste !
Par Akira OIKAWA
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