Tanino Liberatore, un auteur de BD mais surtout un maître du dessin

Par Didier PASAMONIK 12 mars 2026 
Il avait commencé à publier ses premières bandes dessinées dans la revue Cannibale puis dans Frigidaire après avoir rencontré Stefano Tamburini en 1978. De cette collaboration naît en 1981 le personnage qui fera sa légende : Ranxerox, un cyborg cyber-punk évoluant dans une Rome futuriste ultra-violente. Un personnage hors normes, publié en France dans L’Écho des Savanes, qui deviendra une icône de la culture pop de son époque.

C’est un précoce, Tanino. Né en 1953 à Quadri en Italie, il entre à l’école des Beaux-Arts de Pescara dès l’âge de 13 ans ! Il se fait connaître vingt ans plus tard grâce aux couvertures de disques qu’il dessine pour la firme de disques RCA. Mais bientôt, il rencontre Stefano Tamburini en 1978 et commence à publier ses premières bandes dessinées dans Cannibale puis dans Frigidaire où il côtoie Andrea Pazienza, Lorenzo Mattotti ou Massimo Mattioli. Tamburini écrit pour lui la série RanXerox, un truc cyberpunk qui décoiffe. On remarque immédiatement son hyper-réalisme radical à la technique inédite faite de feutres, de Stabilos, de gouache et… de crayons de maquillage.

Il faut dire qu’avant les années 1970, peu d’auteurs avaient accès à la « couleur directe » : la « sélection » des couleurs à l’aide d’un scanner (permettant leur impression en quadrichromie) est alors coûteuse. Le système des bleus de coloriage qui permet de traiter la trichromie en mettant à part le trait noir est alors la norme dans la BD franco-belge. L’arrivée des scanners rotatifs puis domestiques à la fin des années 1970 va offrir une voie royale à la pratique de la « peinture dessinée ». Les noms de Bilal et de Mattotti sortent immédiatement du lot. Celui de Tanino Liberatore aussi.

Notre dessinateur s’installe en France en 1982, collaborant notamment avec Métal Hurlant, (À Suivre) mais surtout avec L’Écho des savanes. C’est là que les Français découvrent le cyborg cyber-punk RanXerox et son univers déjanté. En passant, en 1983, Liberatore illustre la pochette de The Man From Utopia de Frank Zappa, rien que ça !

À la mort de Tamburini au milieu des années 1980, il abandonne Ranxerox et la bande dessinée. Il ne reprendra la série que dix ans plus tard, grâce à Alain Chabat qui scénarise le troisième volet. Un réalisateur avec lequel il collabore sur la création des costumes d’Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre, ce qui lui vaut de remporter en 2003 le César des meilleurs costumes. À l’époque, il campe littéralement dans les locaux du ludion de Canal +.

Son style réaliste, d’extraction académique, qui distord les anatomies comme les perspectives et son utilisation spontanée et viscérale de la couleur où les subtils modelés contrastent avec des couleurs pétantes, donnent à toute sa production un effet d’étrangeté éminemment pop.

Il compare son rapport au dessin du corps à celui de Michel-Ange (il ne craint pas de convoquer la référence), et aime dessiner les anatomies expressives dégageant de la force. La charge érotique n’est jamais loin. « Comme j’aime les femmes, je dessine les femmes » constate-t-il simplement.

Ses dessins sidérants et grotesques sont visibles sous le titre de Corpus Invictum (le corps intouchable) à la Galerie Barbier jusqu’au 28 mars 2026. Ils valent le détour !

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Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782494377509

Galerie Barbier
10 rue Choron
75009 Paris
Du mardi au vendredi 14h à 19h30
Samedi 10h à 12h30 - 14h à 19h30
Mail : info@galeriebarbier.com

✏️ Tanino Liberatore France Rome
 
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