Sakamoto Days, la série qui cartonne

Par Gaëlle BEDIS Favori de la rédaction 11 février 2025 
Avec 20 volumes parus au Japon et 16 en France, les aventures de Taro Sakamoto, le tueur à gages à la retraite qui reprend du service malgré lui pour protéger sa femme et sa fille chéries, continuent de passionner le public. La série cartonne, grâce à son adaptation animée diffusé sur Netflix depuis le 11 janvier. Retour sur le succès de la série de Yuto Suzuki, que Glénat publie en France depuis 2022.

Si vous êtes passé.es à côté du phénomène Sakamoto Days, vous êtes au bon endroit pour rattraper le retard ! Depuis son premier chapitre prépublié en septembre 2020 dans le Weekly Shonen Jump, ce manga connaît un succès qui ne se dément pas. Et ce, même s’il est peut-être plus discret que Spy X Family, une autre série également prépubliée dans le Shônen Jump.

Un héros pas comme les autres

Sakamoto Days, la série qui cartonne
Sakamoto Days - Extrait 1
© Yûto Suzuki

Sakamoto Days suit Taro Sakamoto, un légendaire tueur à gages ayant pris sa retraite après être tombé amoureux. Âgé de 27 ans et désormais père de famille, il mène une vie paisible d’épicier de quartier, avec quelques kilos en trop. Mais ça, c’était avant que sa tête ne soit mise à prix, sans raison apparente. Shin, un des jeunes apprentis de la Fédération Japonaise des Assassins (FJA), qui a connu Sakamoto du temps où il était tueur, se rend dans son épicerie avec l’intention de le tuer. Décontenancé et admiratif devant le talent intact de sa cible, il finit par comprendre ce qui le retient désormais de retourner dans le monde du crime : l’envie de protéger sa femme et sa fille. Shin décide alors de mettre ses talents de tueur télépathe (et d’employé de magasin !) au service de Sakamoto, ainsi que de préserver la vie paisible de son taiseux mentor.

C’est comme cela que débutent les premiers jours de l’aventure Sakamoto Days, chaque chapitre représentant un jour dans la vie des Sakamoto. L’équipe de l’épicerie est très vite renforcée par Shao-Tan Lu, la fille d’un mafieux tué par la pègre, que Sakamoto et Shin sauvent un peu par hasard en se rendant dans le quartier chinois. Capricieuse et gâtée, Shao-Tan Lu a eu la vie facile jusqu’à l’assassinat de ses parents sous ses yeux. Cet épisode la rend avide de vengeance, mais sa rencontre avec les deux hommes va l’apaiser. Elle commence à travailler à l’épicerie avec Shin, mais son incompétence notoire et son alcoolisme la rendent vite insupportable auprès de ce dernier. Les scènes de dispute entre les deux sont hilarantes et laissent planer le doute sur une éventuelle attirance.

Sakamoto Days - Extrait 4
© Yûto Suzuki

Les deux premiers tomes de la saga mettent ainsi en place l’univers et les personnages clés. Outre Taro Sakamoto, sa femme Aoi au caractère bien trempé et sa fille Hana, on découvre donc Shin et Lu mais aussi quelques autres noms qui vont régulièrement revenir tout au long de la série : la FJA, l’Ordre, Nagumo et un certain Slur...

Dès le début, l’équilibre entre sérieux et humour est parfaitement dosé. On s’attache très vite aux personnages, y compris le taciturne Sakamoto qui, loin du modèle charismatique d’un Loid Forger, se fiche complètement de son apparence. Et il faut bien avouer que c’est rafraîchissant d’avoir comme héros un gérant de supérette bedonnant, mais capable de vous tuer d’un coup de crayon, tel un John Wick cartoonesque !

Des tomes 3 à 14, trois arcs narratifs majeurs terminés.

Sakamoto Days - Couvertures des tomes 1 à 8 chez Glénat
Les personnages dans l’ordre d’apparition : Taro Sakamoto et Shin / Shin, Shao-Tan Lù et Taro Sakamoto / Heisuke Mashimo / Natsuki Seba et Kashima (bande de Slur)/ Osaragi (Ordre) / Nagumo (Ordre) / Gaku (bande de Slure) / Akira Akao
© Yûto Suzuki

À partir du tome 3, le ton bon enfant change et l’intrigue devient plus sérieuse, même si l’humour reste. Yuto Suzuki aborde des sujets plus lourds, notamment avec le passé de Shin qui est loin d’être rose. Le mangaka amorce ici l’évolution de sa série, en posant dès ce moment les bases de son intrigue qui va au-delà de la supérette et de Sakamoto lui-même. Le tournoi d’airsoft du quartier permet une transition douce avec le tome précédent, qui se déroulait dans un parc d’attractions, et ajoute un autre personnage déjanté au tableau déjà bien fourni : Heisuke, sniper doué et loser magnifique qui a droit à sa couverture.

Sakamoto Days - Extrait 3
© Yûto Suzuki

C’est aussi à partir de ce tome que se construit un arc narratif qui va perdurer jusqu’au tome 6. Il est difficile de lui trouver un nom puisqu’il entremêle 3 intrigues : les origines du pouvoir de Shin au Labo, dans lequel Slur envoie une bordée d’assassins psychopathes chargés de tuer Sakamoto et ses amis, ainsi que de les empêcher d’intervenir au siège de la FJA qu’il compte bien détruire ; mais aussi l’enlèvement et la libération de Lu, capturée par un mafieux chinois. Cet arc riche en batailles introduit également bon nombre d’assassins, tous plus fous ou originaux les uns que les autres, et on en apprend au fur et à mesure un peu plus sur les héros.

Les tomes 7 à 12 nous font entrer dans un nouvel arc avec une intrigue liée à ce qu’il vient de se passer dans l’arc précédent. Le tout, en proposant une approche originale. Afin d’en apprendre plus sur le passé de Slur qui reste insaisissable, Sakamoto, Shin et Heisuke décident de passer l’examen d’entrée de la JCC, l’université des assassins. Celle-ci contiendrait une base de données secrètes où les informations sur Slur seraient stockées. Avec d’autres candidats - dont une fan hystérique de Sakamoto ! -, nos héros vont devoir convaincre un jury d’assassins qu’ils sont dignes de rentrer dans cette université, mais c’est sans compter une fois de plus sur Slur, qui va perturber les épreuves. La mission sera cependant accomplie et de nouveaux personnages apparaissent également, comme Kanuguri, cinéaste tueur complètement timbré.

Les tomes 13 et 14 forment quant à eux un petit arc "fflash-back ", durant lequel Sakamoto raconte à Shin son passé, ce qui est arrivé à ses compagnons Rion Akao et Nagumo et comment il a rencontré celui qui n’est pas encore Slur à cette époque.

Sakamoto Days - Couvertures des tomes 9 à 16 chez Glénat
Les personnages, dans l’ordre d’apparition : Nao Toramaru / Uzuki (bande de Slur) / Shishiba (Ordre) / Kanaguri / Rion Akao / Hyo (Ordre) / Kumanomi (bande de Slur)
© Yûto Suzuki

Un mangaka qui sait retenir son lectorat

La grande force de Yuto Suzuki est d’arriver à se renouveler à chaque arc mais également dans chaque tome de ces arcs, sans jamais lasser ni perdre son lectorat. Ainsi, contrairement à une série comme Black Clover qui oubliait ses deux héros au bout de quelques tomes, ce génie de l’équilibrisme parvient à nous rattraper juste avant qu’on ne relâche notre attention. Pour cela, il alterne entre des batailles intenses et des dialogues fournis, qui contiennent des informations faisant avancer l’intrigue. Il propose également des batailles parallèles avec Sakamoto et ses acolytes d’un côté et les méchants de l’autre. On apprécie aussi la variété des antagonistes présente dans la série.

Sakamoto Days - Extrait 2
© Yûto Suzuki

La profusion de nouveaux personnages est "régulée" par la disparition d’autres plus anciens : Aoi, Hana, Lu, Toramaru ou Mafuyu Seba disparaissent ainsi assez vite des intrigues, comme si l’auteur ne savait plus trop quoi en faire... ou se les réservaient pour plus tard. La grille de présentation des personnages est à ce titre bien pratique en début de volume, pour se rafraîchir la mémoire et ne pas mélanger tous les protagonistes.

Graphiquement, Yuto Suzuki nous offre un dessin classique mais fourmillant de détails visuels très cinématographiques dès qu’on s’y attarde un peu. Cela se remarque sur les couvertures extrêmement travaillées, avec par exemple les jeux sur les photos de Sakamoto et Shin pour le tome 4, l’écharpe pellicule de Kanuguri sur le tome 12 ou encore les reflets des personnages dans l’acier des balles du tome 16 ou dans le marteau de Shishiba au tome 11. On retrouve ces touches un peu partout dans les différents volumes, avec plusieurs clins d’œil à des séries. À ce titre, la scène de la première épreuve de l’examen de la JCC a un petit côté Lost assez intéressant.

Le mangaka se régale visiblement à représenter des assassins avec des armes improbables dans des positions loufoques. Loin d’être pénibles à regarder, comme dans certaines séries où il est difficile de distinguer qui combat quoi, les scènes de batailles sont des petits bijoux de précision qui invitent l’œil à s’attarder pour tout voir.

Avec des personnages attachants et atypiques aux histoires travaillées, un visuel percutant, des intrigues complexes parsemées de touches d’humour et des arcs narratifs riches et bien construits, Sakamoto Days n’a donc pas volé son succès ! L’adaptation en animé qui a débuté en janvier 2025 est également là pour le prouver : reste à savoir si elle est fidèle au manga.

Par Gaëlle BEDIS

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Code EAN : 9782344061923

Sakamoto Days tome 16 - Paru le 8 janvier 2025

Sakamoto Days Glénat Manga ✏️ Yuto Suzuki
 
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PAR Gaëlle BEDIS  
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