Première dame- Par Didier Tronchet et Jean-Philippe Peyraud- Glénat

Par Philippe LEBAS Excellent 12 mars 2025 
Plongée dans la mêlée politique!
Satire politique endiablée, Première Dame, du facétieux Tronchet et de Peyraud, nous entraîne dans une comédie virevoltante au sommet de l'Etat. Pas de temps morts, des dialogues et un dessin percutants, une réussite quoi!

Malaise dans la présidence. Thierry Langlois, ancien rugbyman devenu président, traverse une sale période. Les élections approchent et les sondages sont en berne. Il faut dire que, lors d’une visite dans une banlieue, il s’est fait prendre à part par un jeune, qu’il a entrepris de poursuivre, avec succès, avant de le plaquer dans les règles, lui l’ancien rugbyman, sauf que, forcément, à l’ère du portable, la scène a été filmée !

"Les emmerdes" volant " toujours en escadrilles" pour reprendre les propos d’un de nos anciens présidents, l’ex première dame s’apprête à sortir un ouvrage choc assorti de révélations. Quant à son ministre de l’Intérieur, il se verrait bien calife à la place du calife. Bref, rien ne va. Les conseillers politiques sortent du bois et veulent redresser la barre, et pensent, pour y parvenir, à une nouvelle Première Dame. Ce qui va d’ailleurs finir par arriver, mais pas avec l’ex Miss France qu’on voulait lui mettre dans les bras, mais avec une jeune actrice, très militante. S’engage alors un délicieux chassé-croisé entre deux personnes que tout semble opposer, un grand classique de beaucoup de fictions.

On prend énormément de plaisir à suivre cette histoire au long cours (270 pages tout de même), sans que l’on ne s’ennuie. Les dialogues, les punchlines y sont sans doute pour beaucoup. Et Tronchet, dont l’oeuvre [1], pourtant conséquente et variée, ne faiblit pas, s’en est donné à coeur joie. L’arrière-plan très politique et le jeu avec les références (qu’on vous laisse la joie de repérer, p.111 par exemple) contribuent aussi à ancrer le récit dans notre actualité (politique migratoire ; omniprésence de la com). On ne saurait bien sûr oublier, dans cette réussite, l’importance du dessin de Peyraud qui impulse un rythme soutenu, avec des personnages aux mouvements frénétiques, qui ne sont pas sans rappeler ceux de Christophe Blain et son fameux Quai d’Orsay.. La comparaison s’arrête là car Peyraud a son style bien a lui, recourant à un jeu de couleurs alternées lui-même très dynamique.

Merci donc messieurs pour cet ouvrage aussi joyeux que salutaire. On vote pour !

Par Philippe LEBAS

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Code EAN : 9782344052280

[1] Au panthéon de celle-ci, à la fois férocement drôle tout autant que politique et poétique, figurent bien sûr ses séries sur Raymond Calbuth et Jean-Claude Tergal, mais aussi le remarquable Houppeland, sans oublier ses travaux plus récents, comme L’année fantôme ou bien Le chanteur perdu

✏️ Jean-Philippe Peyraud
 
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