Pas mal
29 août 2024
L’univers des jardiniers, tel est le nom qu’a donné Michèle Laframboise, autrice canadienne de renom, au cadre dans lequel se déroulent toutes ses œuvres : bandes dessinées (Le Jardin du général, Echofictions) et romans (La Quête de Chaas, œuvres Médiaspaul). Dans cette civilisation futuriste, l’humanité a laissé place aux jardiniers, êtres humanoïdes nés de la terre et qui peuvent subsister par photosynthèse. Mais comme toute histoire de science-fiction, le lecteur ou la lectrice sera sensible aux messages qui parlent de notre monde contemporain.
Maîtresse des vents, publié en 2022 par les éditions Echofictions, est histoire de dépassement de soi, de rêves et d’espoirs. Adalou lutte pour réaliser son désir de faire voler un cerf-volant au-dessus des nuages et de remporter la compétition annuelle. La jeune fille commence seule, sans apprentissage et bricolant des cerfs-volants de fortune dans le dos de son strict père. Quelles chances a-t-elle face à ses concurrents mieux entraînés et plus riches ? Heureusement pour elle, Adalou rencontre rapidement un mentor en la personne de Lor Amali, légendaire maîtresse des vents en son temps. Sous sa direction, Adalou va s’élever, au sens propre comme au figuré, pour espérer devenir championne des épreuves du vent.
Le livre relativement court se lit rapidement, et réussit à montrer une petite tranche de vie dans cet étrange univers de jardiniers. Plus que l’histoire elle-même, ce sont les personnages attachants qui captivent le lecteur. Michèle Laframboise s’inspire du manga japonais pour proposer des expressions faciales variées.
L’autrice est connue au Canada pour ses recueils de nouvelles aux titres évocateurs : 5 Histoires de SF douce et fondante, 5 Histoires de SF dure et croquante… Ces volumes rassemblent des histoires dont, selon l’autrice elle-même, « le format est incompatible avec l’édition traditionnelle ». Maîtresse des vents semble ainsi poursuivre cette vague de petites histoires, de petits moments de vie dans un monde de science-fiction qui demande au lecteur d’imaginer toutes les possibilités d’un espace infini. Une bande dessinée très différente de ce que l’industrie française propose, et un vent de fraîcheur.
Par Akira OIKAWA
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