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Les éditions Morgen : des lendemains qui chantent

Par Didier PASAMONIK 16 janvier 2026 
En juin 2025, on nous annonçait la création d’une nouvelle maison d’édition française spécialisée dans la bande dessinée, les éditions Morgen. Le mot signifie en allemand et en néerlandais aussi bien « bonjour » que « demain ». Le lancement s’est fait cette semaine. Un coup de folie éditorial alors que le marché de la BD fait vraiment grise mine ces temps-ci ? Pas vraiment…

La structure a été fondée au sein du groupe Les Nouveaux Éditeurs, un ensemble éditorial dirigé par Arnaud Nourry (ancien patron d’Hachette Livres pendant plus d’une décennie) et son fils Ugo, avec pour ambition de proposer une ligne généraliste et exigeante, y compris dans le 9ᵉ art.

Aux manettes, quatre professionnels de l’édition : Sullivan Rouaud (ancien éditeur chez HiComics et Mangetsu), Thomas Ragon (éditeur ayant occupé des fonctions éditoriales chez Dargaud et fondé le département BD du Seuil), Arthur Huignard et Victorine Gay (tous deux des anciens d’Urban Comics). Le lancement officiel a eu lieu mardi.

Les éditions Morgen : des lendemains qui chantent
Concert de dessins de Tak et Demon lors de la soirée de lancement
Photos : D. Pasamonik (ActuaBD)

Ils annoncent chercher à bâtir un catalogue ouvert, couvrant toutes les formes de bande dessinée — du roman graphique à la fiction plus traditionnelle, sans exclure des formats plus expérimentaux ou internationaux. L’idée est de bien accompagner les livres en limitant volontairement le nombre de titres publiés chaque année. Mais encore ? Tout le monde dit cela aujourd’hui.

Implantée entre Paris et Marseille, la maison revendique une vision internationale de la bande dessinée et entend publier aussi bien des artistes confirmés que des talents émergents de différents pays, capables de se défendre sur plusieurs marchés, en France comme à l’étranger. Ils se positionnent comme « un éditeur international ».

Voie royale

La première parution sortie de presse cette semaine, Train de nuit dans la Voie lactée d’Adrien Demon, indique bien la chemin : il s’agit de l’adaptation du célèbre récit de Kenji Miyazawa, classique de la littérature japonaise moderne souvent comparé au Petit Prince. Dans cette histoire, Giovanni, enfant solitaire, embarque avec son ami Campannella à bord d’un train cosmique traversant la Voie lactée. Fidèle à la lenteur et à la mélancolie du texte original, Demont déploie un graphisme à la craie, en négatif, d’une grande force poétique. Une œuvre contemplative et profondément émouvante sur laquelle un de nos chroniqueurs reviendra bientôt.

La maison a récemment conclu un accord avec des auteurs et artistes reconnus du domaine étranger, pour une série de romans graphiques sur plusieurs années, en collaboration avec des partenaires anglo-saxons, et sans doute japonais.

Les éditions Morgen bénéficient d’une diffusion assurée par Flammarion Diffusion et d’une distribution confiée à Union Distribution. Un choix structurant qui garantit à ce jeune label une présence immédiate dans le réseau des librairies françaises, via les circuits professionnels habituels (Électre, Dilicom), et l’inscrit d’emblée dans un schéma de diffusion comparable à celui d’éditeurs déjà solidement installés.

Voir en ligne : LE SITE DE MORGEN

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782387250001
Morgen France Paris Marseille Marché de la BD : Faits & chiffres
 
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6 Messages :
  • Cette nouvelle offre éditoriale a l’air très belle, mais ce n’est encore pas elle qui va refaire de la BD un art populaire.

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    • Répondu le 18 janvier à  10:51 :

      La BD ne sera plus jamais un art populaire tout public. On ne revient jamais en arrière.

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  • "L’idée est de bien accompagner les livres en limitant volontairement le nombre de titres publiés chaque année. Mais encore ? Tout le monde dit cela aujourd’hui."

    Excellente remarque !

    Ce discours, cela fait presque quinze ans que je l’entends.
    À chaque fois qu’une maisn se crée, elle tient ce discours. Produire peut et de la qualité. Mais bo,n. Le temps passe et la réalité économique contraint ces éditeurs à produire plus.

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    • Répondu le 17 janvier à  19:00 :

      Faux, ils ont tous réduit la voilure.

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      • Répondu le 17 janvier à  21:37 :

        Houla, pas tous encore, non, et ça reste trop.

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      • Répondu le 18 janvier à  10:45 :

        Vous n’avez pas compris mon commentaire. Je ne parle pas des maisons d"éditions installées qui réduisent le nombre de parution, mais des nouvelles maison d’édition qui commencent par produire peu et sont obligés de produire plus pour ne pas disparaître. Une masion d’édition de plus, c’est forcément des titres en plus sur les tables des libraires, pas un moyen de lutter contre la surproduction générale. À moins de ne sortir que des succès, il est impossible de maintenir sa production à 30 ou 40 titres par an. Comme l’édition est une économie du hasard, le succès est imprévisible et d’autant plus imprévisible qu’il ne dépend ni du talent de l’auteur, ni de la qualité du propos, ni de la qualité du dessin mais du goût fluctuant du public et des thèmes à la mode.
        Si tous les titres ne sont pas rentables, il est nécessaire de publier toujours un peu plus afin d’utiliser la librairie comme une banque. Plus les éditeurs publient et plus ils ont une chance de mettre le doigt sur un titre qui remboursera les pertes et fara de vrais bénéfices. L’édition est une loterie et chaque titre, pour un éditeur, est un pari.

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