Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Très bon
3 juillet 2026
Laxxx et Azéo ont fait un choix radical dès les premières pages : celui de jeter le lecteur directement dans le grand bain. Aucune longue exposition pour expliquer les règles ou la géopolitique de ce monde ravagé. Si l’on peut se sentir légèrement déboussolé au départ face à l’absence de contexte, on s’accroche très vite grâce à une narration qui va droit au but et un rythme haletant qui ne laisse aucun répit.
Un plongeon sans bouée dans un monde en ruines.
C’est dans cet environnement inhospitalier que l’on découvre Prota, un protagoniste pour le moins singulier. Taillé comme une statue grecque, il se balade en slip, à nous rendre jaloux en cette période de canicule, et la tête irrémédiablement coincée dans une boîte. Au combat il manie une épée qui, bloquée dans son rocher ne laisse dépasser que le manche. Prota est accompagné par la jeune Mimette, Chouz et la rigide Gardeline, dont la débrouillardise est mise à rude épreuve. Ensemble, ils se lancent dans la quête du « Saint-Bol », un artefact légendaire réputé pour exaucer les vœux.
Un décalage maîtrisé
Le scénario tire sa plus grande force de ses personnages, immédiatement attachants. La dynamique du quatuor fonctionne, portée par des motivations propres à chacun et une bonne cohésion d’équipe. Surtout, le récit déploie un humour efficace qui naît du décalage constant de Prota : face au danger permanent, le héros prend tout à la légère. À cette trame principale s’ajoute nombre de mystères comme l’ombre d’un roi déchu ou la rumeur d’un mystérieux voleur, venant densifier les enjeux de leur périple.
Une claque graphique sous influence manga
Aux crayons, l’illustrateur marseillais Laxxx livre une prestation bluffante avec un soin minutieux apporté aux détails, qu’il s’agisse des décors grandioses ou du design des personnages principaux et secondaires. En optant pour un traitement visuel monochrome, il évite la surcharge pour l’oeil et propose des jeux de lumière et d’ombre parfaitement maîtrisés.
C’est dans l’action que la parenté avec le manga est la plus évidente. Les combats, rythmés et jouissifs, se jouent allègrement des lois de la physique. Le revers de la médaille réside dans des chorégraphies parfois si denses et frénétiques qu’elles peuvent égarer l’œil du lecteur. Heureusement, le dessinateur sait ménager des respirations en alternant ces séquences survoltées avec des plans larges et posés, d’une grande beauté plastique, qui viennent rattraper ces rares instants de confusion visuelle.
En refermant ce premier tome de Cabôche, le contrat est rempli : l’expérience est dense et immersive. Laxxx et Azéo signent une entrée en matière très prometteuse. Maintenant que le décor est planté et la quête lancée, notre seul espoir pour la suite est que les auteurs prennent le temps de développer et étoffer le lore de ce monde fascinant tout en gardant cette passion pour les combats épiques et survoltés.
Par Quentin GUILLIER
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Cabôche - Par Laxxx & Azéo - Ed. Morgen