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La fille dans les nuages : un souffle de fraicheur ou du plomb dans l’aile ?

Par Rémi BARNAULT 24 août 2026 
Une jeune fille aussi rebelle que pétillante, un hamster parlant et une aventure dépaysante : tels sont les ingrédients de La Fille dans les nuages, un récit écolo-magique qui invite à se recentrer sur ce qui compte vraiment.

Dans un Paris propre et paisible vit une jeune fille de 11 ans répondant au doux nom de Providence. Véritable boule d’énergie, elle est aussi une catastrophe ambulante qui désespère tout son quartier, à commencer par son oncle Jason, chez qui elle vit. Celui-ci est un inventeur à la Géo Trouvetou, toujours prêt à bricoler d’étonnantes machines qui ne font pas long feu à cause de Providence. Les seuls moments où elle parvient à tenir à peu près en place sont ceux où elle se plonge dans les livres d’Octavius, son écrivain favori et auteur à succès d’aventures mettant en scène les véritables aventures d’enfants aux capacités hors normes. Il lui arrive même de squatter chez l’auteur, en déboulant par les toits de la Ville Lumière. La jeune fille n’a qu’une idée en tête : devenir, elle aussi, l’un de ces super-héros masqués qui veillent sur la nature. Le problème, c’est que personne ne croit en elle. Octavius rechigne à l’inclure dans ses histoires tandis que l’oncle Jason la surprotège suite à la mort de ses parents. Et puis après tout, ce n’est que la petite fille impertinente du quartier, avec des ambitions bien trop grandes pour son petit corps...

Mais sa vie prend un tout autre tournant lorsqu’elle fait l’acquisition d’une plume magique capable de réaliser tout ce qu’elle écrit. La bonne nouvelle, c’est qu’elle peut faire autant de vœux qu’elle le souhaite, sans se limiter aux traditionnels trois. La mauvaise, c’est qu’un même souhait ne peut être exaucé qu’une seule fois. Providence va ainsi pouvoir laisser libre cours à son imagination : pouvoir voler… ou encore donner à son cochon d’Inde la voix de Jamel Debbouze. Drôle de coïncidence, on retrouve encore cet été un duo formé d’une jeune fille et de son adorable cochon d’Inde, après celui de Kayara, princesse inca. On lui préférera cent fois Airbag, le petit compagnon de Providence, dont la personnalité et la voix apportent une bonne dose d’humour au récit.

Un grand pouvoir implique aussi de grandes responsabilités, c’est connu. Lorsqu’une terrible menace, accidentellement réveillée, se retrouve prête à s’abattre sur la Terre, Providence va devoir l’affronter, ne serait-ce que pour faire ses preuves. Un grand voyage s’annonce depuis la capitale de la France jusqu’au berceau de l’humanité. Sur sa route – même si elle emprunte principalement la voie du ciel –, Providence va croiser des personnages complètement barrés et même devenir l’attraction de foire de certains, au détour d’une critique, toujours teintée d’humour, de la course au buzz à tout prix.

À l’affiche de cette nouvelle production franco-belge, on retrouve la chanteuse et comédienne Louane, révélée dans la musique grâce au télé-crochet The Voice, puis au cinéma avec La Famille Bélier, qui lui vaudra le César du meilleur espoir féminin. Dans La Fille dans les nuages, elle prête sa voix à la jeune Providence, avec un timbre qui colle parfaitement à son personnage d’enfant. Il fallait s’y attendre, elle interprète également une chanson. Si sa voix adulte se fait alors un peu plus perceptible, ce qui peut paraître légèrement déroutant, force est de reconnaître que l’air est particulièrement entraînant. Louane est aussi connue pour ses chansons comme Maman ou Si t’étais là, composées après la disparition de ses parents alors qu’elle était encore jeune. Un parcours personnel qui fait écho, d’une certaine manière, à celui de la petite Providence, elle aussi marquée par la perte de ses parents. Une résonance qui donne une dimension supplémentaire à son interprétation de la jeune héroïne.

Du côté de l’animation, plusieurs studios français et belges ont mis la main à la pâte, mobilisant une centaine d’artistes pour un résultat de qualité qui pourrait rivaliser avec les productions de Pixar ou, plus localement, d’Illumination. Aussi, le film est distribué par Pan Distribution, après Les Légendaires, plus tôt cette année.

Malgré le fait que l’on ressorte de la séance des étoiles plein les yeux, on regrettera toutefois une fin un peu trop vite expédiée et un traitement d’ensemble qui aurait gagné à faire preuve de davantage de subtilité et de maturité, et ce, même pour un film adressé aux enfants. Il en résulte un adorable conte entre émancipation et lutte écologique.

Il s’agit du premier long métrage de Philippe Riche, qui en signe à la fois le scénario et la réalisation, avec une adaptation très libre du roman La Petite Fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel de Romain Puértolas.

Par Rémi BARNAULT

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Code EAN : 9782842638122
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