Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Favori de la rédaction
30 mai 2026
L’objet ressemble étrangement à un livre de la célèbre Bibliothèque rose, une série-vedette pour les jeunes des années 1960/70 publiée éditions Hachette. L’illustration de couverture est un plagiat complet : trois adolescents en mouvement (deux garçons et une fille) et un chien dessinés de manière réaliste. Mais un énorme ravioli détonne en second plan !
Et puis, le titre, plein de suspens, utilise l’écriture inclusive et ne dit rien de l’aventure… Enfin, le texte de la quatrième de couverture, censé donner envie de découvrir une aventure pleine d’énigmes (le vol d’un dossier top secret), dévoile tout de suite le coupable : c’est un voisin !
L’histoire, si on peut parler d’histoire, met donc en scène cinq enfant.e.s (sic !) qui se retrouvent dans une grande villa pour les vacances d’été : Garance (12 ans), une jeune fille espiègle et dynamique, son frère Nathanaël (13 ans), le chef très sportif de la bande, et leurs cousins Apolline (dont l’auteur nous
précise qu’elle a ses règles à chaque fois qu’il la nomme !) et Bruno (dont l’auteur indique régulièrement qu’il a perdu ses parents dans un accident de voiture). Enfin, il y a l’inévitable chien, Attila (dont l’auteur répète qu’il a du mal à trotter car il a des petites roues à la place de ses pattes arrières !). La bande va donc partir à la recherche d’un mystérieux dossier nommé CFRBL top secret détaillant la composition des raviolis en boîte de chez Lidl, volé dans le bureau du père de Garance et Nathanaël.
Après avoir soupçonné des Roumains (tiens, tiens ?), ils découvriront que c’est le voisin qui l’a dérobé. Et tout est bien qui finira bien, dans un grand éclat de rire final (car la bande n’arrête pas d’éclater de rire à chaque coup de théâtre, bien entendu !).
Ce récit hautement parodique, à l’humour au 36e degré, reprend tous les codes, même les plus désuets et contestables de la série originelle, est agrémenté d’images alternativement en noir et blanc, en couleurs, puis en strips de BD et en photos, dans un grand n’importe quoi visuel ! Et il est complété d’une bibliographie-bidon, qui ne compte pas moins de 17 titres, dont certains sont délirants, comme « Les cinq ami.e.s à la caisse d’Intermarché et comme des cons ils ont oublié de peser les légumes ».
La pauvre Enid Blyton (1897-1968), la créatrice anglaise de la série, doit se retourner dans sa tombe. Mais les anciens jeunes lecteurs du Club des Cinq, formés sur le tard à l’humour absurde et décapant de Fabcaro (né en 1973 à Montpellier) en lisant Zaï zaï zaï zaï (2015), Et si l’amour c’était aimer (2017), Formica (2019), Moon River (2021), etc. vont se plier de rire en lisant ce pastiche, qui est un peu hybride entre l’album BD (comme Fabcaro en a fait beaucoup) et le roman (comme il en publie sous son nom complet de Fabrice Caro chez Gallimard). Et les fabcaristes les plus intransigeants vont se réjouir de retrouver leur auteur-fétiche au mieux de sa folie créatrice, qu’ils trouvent plutôt bridée quand elle doit se couler dans le moule d’un scénario préfabriqué d’Astérix !
On est bien là dans du Fabcaro pur jus, avec son lot de scènes parodiques, d’exagérations verbales, de lieux communs, de brèves de comptoir, de maximes philosophiques de boulevard, de délires sans queue ni tête, de détournements de clichés, d’expressions toutes faites répétées jusqu’à plus soif, de situations absurdes, de propos politiques hasardeux, de paroles sentant bon le racisme ordinaire et la xénophobie involontaire…
Je donnerais ma tête à couper ou ma main au feu que les œuvres complètes du génial Pierre Desproges sont en bonne place sur la table de nuit de Fabcaro ! Bref, une excellente lecture de vacances pour vos zygomatiques sur la plage cet été…
Par Benoit MARCHON
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Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis - Par Fabcaro - Ed. 6 pieds sous terre
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