Très bon
13 mars 2026
À la mort de son père, Miyakô retourne dans sa ville natale pour la première fois, dix ans après être partie réaliser son rêve de devenir artiste. Ayant échoué, elle décide de reprendre le vieux bain public traditionnel que son père gérait seul, mais elle découvre avec stupeur qu’il s’était endetté de 10 millions de yens auprès de la mafia japonaise !
D’abord froid, son créancier, un étrange yakuza nommé Hebizuka, change mystérieusement d’attitude lorsqu’il apprend l’identité de la jeune femme et se propose de l’aider à rembourser sa dette et à rouvrir son établissement. Avec tout à réapprendre sur le fonctionnement des bains et un spa de luxe qui cherche à racheter son commerce qu’elle veut sauver, Miyakô collabore bon gré mal gré avec Hebizuka, qui semble très épris d’elle, sans que l’on sache pourquoi.
Pour sa première œuvre, le mangaka Takashi nous offre une formule classique dans les shojo et josei, mais qui fonctionne très bien ici : des personnages amusants et attachants, et une rom com un peu barrée, servis dans un cadre typique du quotidien au Japon.
Quelques clichés viennent bien sûr se glisser dans l’histoire, mais sans pour autant forcer le trait ou rendre le récit pénible à lire. Le tout forme un ensemble dynamique, léger et terriblement drôle parfois, comme lorsque les deux subordonnés d’Hebizuka montrent leurs talents cachés en informatique et...en solutions économiques de produits ménagers !
Miyakô est assez naïve, notamment lorsqu’elle fonce tête baissée sur une offre d’emploi on ne peut plus suspecte, qui la fait atterrir dans un bar à hôtesses où elle se retrouve face à face avec Hebizuka. Cependant, elle a aussi du caractère : elle tient tête à ses concurrents venus racheter ses bains et n’hésite pas à défendre une collègue hôtesse importunée par un client insistant. Elle perçoit l’importance des bains de son père, point de ralliement du quartier, et c’est pour cela qu’elle se bat pour essayer de leur redonner vie, malgré la concurrence. Le fait d’avoir renoncé à son rêve de devenir artiste l’a rendue plus pragmatique, mais n’a entamé ni sa gentillesse ni son altruisme.
Quant à Hebizuka, il correspond à l’image que l’on peut se faire d’un yakuza : grand, brun, tatoué, impeccable, mais aussi bagarreur, menaçant vis-à-vis de quiconque s’en prendrait à ou s’intéresserait de trop près à Miyakô, dont on comprend par certains flashbacks qu’il l’a rencontrée enfant. L’auteur nous livre d’ores et déjà quelques pistes intéressantes sur son passé, qu’on espère voir creusées dans les prochains volumes.
En clair, les deux héros ont du potentiel qu’on attend de voir exploité !
Côté dessin, le trait est classique, et la déclinaison des nuances de noir et gris utilisées est bien maîtrisée, ce qui rend la lecture très agréable à l’œil. On sent cependant le mangaka plus à l’aise avec les représentations féminines, les visages de Miyakô et Nene étant plus harmonieux et réalistes que ceux des hommes, Hebizuka en tête : son visage change souvent d’aspect et n’est quasiment jamais dessiné de face.
La fin du tome promet une suite des plus explosives. Il faudra toutefois attendre le 22 mai prochain pour la découvrir et, avec à ce jour trois tomes au Japon, espérer que l’auteur maintienne ce rythme et cet humour sur toute la série.
Par Gaëlle BEDIS
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Le yakuza des bains publics (et moi), tome 1 - Paru le 06/02/26 - 176 pages