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Bon
10 juillet 2026
Tout ne tient qu’à un fil. Voici comment on pourrait résumer la carrière de Marc Zmuda, auteur de bande dessinée et héros de La Fin de la fiction, le nouvel album de Pierre Maurel. Cet avatar fictif de l’auteur embarque le lecteur dans une quête de sens, engluée dans une vie d’artiste qui en est souvent dépourvue. Ce sens, Marc Zmuda espère le trouver dans la réalisation de sa nouvelle BD : l’histoire d’un troubadour médiéval.
Pourtant, impossible de commencer cette nouvelle histoire sans base scientifique. La rencontre avec un historien spécialiste de la chanson de geste va donc être décisive pour la réussite de son projet de BD. C’est avec cet objectif que débute un long périple imprévisible et loufoque. Entre les obligations de la réalité et la liberté de son imagination, Marc Zmuda sera-t-il forcé d’accepter la fin de la fiction dans sa carrière ?
La voie du sacrifice
Pierre Maurel dresse un portrait aussi juste que défaitiste du secteur de la bande dessinée. À travers son personnage principal volontairement antipathique, il met l’accent sur les innombrables sacrifices qu’impose la vie d’artiste et sur la solitude qu’elle instaure. Entre vivre décemment et créer librement, le dilemme s’impose constamment. Un message porté par le dessin si atypique de Pierre Maurel, qui navigue aisément entre les paysages citadins, naturels et psychédéliques. Mises en couleur par ses soins, les planches alternent entre des couleurs vives et des teintes ternes, facilitant la distinction entre la fiction et la réalité.
Si l’on semble comprendre où se rend Marc Zmuda, il n’est pourtant pas toujours aisé de saisir où Pierre Maurel veut nous emmener. La forme autobiographique de son récit cantonne le message du récit à une opinion très subjective. Si les interactions avec le secteur de la bande dessinée et ses acteurs apportent une vision plus globale de la situation, il est difficile de comprendre clairement ce qui relève d’une trajectoire personnelle ou d’une situation systémique.
Malgré tout, La Fin de la fiction ouvre une réflexion sur un secteur en crise, abordé d’un point de vue inédit, qui rappelle que la bande dessinée est avant tout le 9e art.
Par Robin LECOMTE
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