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Très bon
27 décembre 2024
Vincent est un trentenaire qui a tout pour être heureux : un emploi avec des perspectives d’évolution et une copine charmante. Ils vont signer pour acheter un appartement dans Paris, mais il ne va pas bien. Il se sent prisonnier de sa vie, de son costume trop étroit qui l’étouffe. Il se sent tellement mal qu’il fait n’importe quoi, comme balancer une bouteille de bière sur une bagnole de police et finir au poste.
Alors lorsque Sam, son grand ami d’enfance, débarque sans prévenir de retour des Fidji, il ne lui faut pas longtemps pour se laisser convaincre de tout plaquer et de partir sur les routes. Direction Bayonne, où ils ont passé leur plus belles années.
Mais nous sommes ici loin du scénario cousu de fil blanc, où les personnages laissent tout derrière eux pour une nouvelle vie. Peut-être le fantasme de beaucoup, conséquence d’un monde qui contraint nos rêves. Les deux comparses enchaînent les rencontres mais surtout parlent, de leurs espoirs, de leur façon de voir la vie. Samuel semble ne pas avoir changé et être resté un éternel adolescent, alors que Vincent a mûri et il se rend bien compte que le chemin sur lequel l’entraîne son ami, s’il a la saveur de l’insouciance, n’est plus celui qu’il veut suivre. Et il a peur que cela ne soit le glas de leur si belle complicité.
Est-ce tout ? Non bien entendu. Jean-Luc Cano nous livre ici un album à tiroirs avec deux niveaux de lecture. Mais pour découvrir le second, il faudra terminer l’album.
Le trait de Pierre-Denis Goux est vif et rapide, comme cette virée entre amis, mais il faut surtout souligner ses cadrages et son sens du rythme, alternant les planches denses et les pleines pages. On ne retrouve pas tout le détail et la richesse de ses planches de Nains ou Orcs et Gobelins, qui l’ont fait connaître au grand public. Mais on retrouve les très belles couleurs de Julia Pinchuk. Pierre-Denis Goux a donné à ActuaBD une très riche interview, qui vous donnera de nombreux détail à la fois sur cet album mais également sur de nombreux autres sujets. L’interview est à retrouver ici.
Un album qu’il faut savourer, en se laissant entraîner par le rythme de la voiture, en laissant l’insouciance nous guider, avant d’être rattrapé par la dure réalité de la vie [1].
Par Jérôme BLACHON
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[1] Cet album a reçu le prix BD STAS lors de la 38e fête du livre de Saint-Etienne