Eric Bourgier (Servitude) : « Dessiner n’est qu’un moyen de raconter, au service du reste. » [INTERVIEW]

Par Jérôme BLACHON 9 janvier 2025 
En octobre dernier, il était impossible de passer à Saint-Étienne sans voir le magnifique visuel réalisé par Eric Bourgier pour la 38e Fête du livre de la ville, dans un style Art nouveau assumé. L’occasion de revenir avec cet auteur rare et très talentueux sur ses inspirations, ses projets et sa vision du monde de la BD.

Vous êtes né à Saint-Étienne et il se trouve que la ville vous a demandé de réaliser le visuel de la 38e Fête du livre. Très belle affiche, hommage appuyé et assumé à Alfons Mucha.

J’ai participé à un jury où il fallait présenter son projet, avec une grosse contrainte : il faut que le visuel soit déclinable dans huit formats très différents, du format colonne au bandeau en passant par des formats plus classique de 40x60, 2/3 etc. C’est chaud.

Pour construire ma proposition, j’ai regardé ce qui s’était fait avant. Et l’année précédente, en 2023, les prix remis étaient très beaux, très bien faits, une impression dorée sur fond noir, totalement Art déco. J’aurais bien aimé en récupérer un !

Ça a immédiatement fait écho avec Mucha [1], même s’il est Art nouveau et pas Art déco, donc un peu antérieur [2]. J’ai voulu rendre hommage à cet immense illustrateur et en particulier à sa période la plus connue, celle où il est affichiste à Paris, entre autre pour Sarah Bernhardt ou pour les champagnes Moët et Chandon. Donc j’ai proposé un visuel dans une esthétique Art nouveau, en respectant aussi sa palette chromatique très réduite, très fermée. Il n’y a pas de teintes vives, afin de donner un côté très homogène à ses créations.

Rappelons-nous qu’à l’époque ils font tout à la main, il n’y a pas d’ordinateurs. Donc les artistes, dont Mucha, travaillent avec un système de calques. Ils pouvaient en mettre cinq ou six, pour limiter les risques d’erreurs. Finalement, ils travaillaient comme nous aujourd’hui sur Photoshop. Et comme je connais bien son œuvre, que j’adore, je me suis inspiré de lui pour cette commande et j’ai utilisé ce procédé.

J’ai fait un premier dessin, qui représente le personnage, ensuite j’ai créé le fond sur un autre document, et enfin un dernier avec les différents cadres, parce que ce sont les cadres qui vont définir le format. Ça m’a permis de jouer avec les formats et de respecter la contrainte dont j’ai parlé. J’ai travaillé à temps-plein sur ce visuel pendant un mois environ, avec les recherches, les circuits de validation etc.

Je crois que Mucha a influencé beaucoup de dessinateurs de BD. J’en avais beaucoup parlé avec Frank Pé, en particulier, qui en est un énorme fan. Je pense que ça se voit lorsqu’on regarde son travail.
Mais il est inspirant dans beaucoup de domaines quand on voit ses drapés, ses motifs floraux… C’est extraordinaire.

Donc vous aviez eu très tôt l’idée de cet hommage.

Oui. Mais ce qui est un peu pénible, c’est que la ville m’a demandé deux projets. C’est une carte blanche, me dit-on, mais il faut quand même présenter deux projets, pour que les élus choisissent. Donc j’ai proposé autre chose, volontairement moins sophistiqué, même si ça aurait pu être sympa aussi. C’était un homme assit dans un fauteuil devant un mur de livres. Mais il n’y avait pas tout le côté motif qui fait l’intérêt de l’autre proposition, qui est heureusement celle qui a été retenue.

De l’avis de beaucoup de visiteurs, c’est l’un des plus beaux visuels de la Fête du livre, si ce n’est le plus beau depuis sa création.

Merci beaucoup, ça fait très plaisir. Il faut dire aussi que l’arrivée d’Anna Jochoux comme commissaire a changé pas mal la donne [3]. La ville a arrêté de prendre une agence de communication lyonnaise pour faire des photos hyper plates, hyper bateaux. C’était un travail pro, mais chiant. Donc la nouvelle direction a choisi de faire travailler des locaux, Zac Deloupy en 2023 et moi cette année, et c’est très bien.

En plus, la BD a pris une résonance différente sur ce festival. C’est devenu un moteur, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années [4]. D’ailleurs, on a toujours un peu le même format dans ces festivals : on y va pour faire des dédicaces. Il y a pleins d’autres choses à faire, comme des forums par exemple. Il faut laisser la dédicace à sa place. Ce n’est qu’un petit dessin, donc rien, ou pas grand-chose…

Ce qui est dommage, c’est que la famille qui passe avec ses deux gamins n’a aucune chance d’avoir une dédicace, parce qu’il y a des gens qui sont là depuis 8h30 le matin et qu’en 20mn la file d’attente est pleine. J’aime prendre le temps de discuter avec les gens, donc je fais 40 à 50 dédicaces dans la journée, pas plus. Certains auteurs arrivent à en faire beaucoup plus, moi je n’y arrive pas et je n’ai pas envie. Je suis peu en festival donc c’est vraiment le moment de discuter avec mes lecteurs. Donc les gens qui passent et qui découvrent l’album à l’occasion de ces festivals, ce qui est quand même le but, n’auront jamais de dédicace.

© Photo : Gaëlle Bedis

Les festivals essayent d’instaurer d’autres choses comme les tirages au sort…

Oui, mais la dédicace dessinée parasite tout. Pour moi, c’est une erreur. Il n’y aurait pas de dessin, on attirerait pas les mêmes personnes. Je vois toujours les mêmes têtes et je pense que c’est pareil pour tous les auteurs.

J’ai vu des scènes incroyables lors de séances de dédicaces. Le pire a été à Langeac, il y a 4-5 ans. Un type me demande une dédicace. Je l’avais déjà vu. Il discute avec son fils, donc j’entends son prénom et au moment de signer la dédicace il me donne un prénom qui n’est pas le sien. Je lui dis et il me confirme que ce n’est pas pour lui. Bon, ok. Mais il se remet direct dans la file. J’aime pas faire ça mais je lui explique que le but de la dédicace c’est la rencontre, discuter de l’album, de son amour de la BD, mais pas d’obtenir le maximum de dessins. Donc je ne lui ferais pas un deuxième dessin. Mais ça je le fais pour tout le monde. Il peut s’asseoir à côté et discuter il n’y a pas de problème, mais je ne lui ferais pas une autre dédicace. Le mec le prend mal, limite il me traite de con, le ton monte un peu mais bon, il part. Et 10 minutes après, je vois son fils se mettre dans la file. Et voir un gamin de 10 ans faire la queue des heures pour son père, ça me crève le cœur. Un gamin de 10 ans, il a autre chose à faire. Donc là, je vais voir le gamin et je lui demande d’appeler son père. Et là le ton est monté très fort. Un bénévole qui étaient là, hyper gentil, est passé par-dessus la table et ils se sont battus, en plein milieu de la salle des fêtes de Langeac. Tout ça pour une histoire de dessin que je ne voulais pas faire. C’est pathétique. Bon, le gars s’en va, un peu sonné parce que le bénévole était une vrai baraque. Un autre le suit pour s’assurer qu’il ne fasse plus de grabuge et le premier truc que le type fait quand il remonte dans sa voiture, c’est de revendre sur e-bay les dédicaces qu’il vient de se faire faire. Bon d’accord, c’est extrême, c’est le pire que j’ai vu. Mais les festivals génèrent ça.

C’est dommage de ne garder que cette image-là, alors que ce n’est quand même pas la majorité des gens dans les files d’attente.

C’est vrai, mais c’est facilement 1/3 ou la moitié. Mais j’ai aussi fait de très belles rencontres, des gens qui se déplacent, parfois de loin, pour rencontrer un auteur qu’ils aiment particulièrement. En plus, comme je l’ai dit, je prend le temps, je m’intéresse aux gens, parce que ça m’intéresse aussi. Ça se passe bien 99 % du temps, je suis d’accord, mais ce petit groupe de chasseur de dédicaces, il parasite le truc. Ça m’est arrivé en Belgique aussi, avec des mecs qui ne demandent que des Batman, des dragons, ou des schtroumpfs. Mais ça s’appelle une commande et, encore une fois, ce n’est pas ça le principe de la dédicace. Je préfère largement une rencontre avec une personne qui n’a pas lu la BD mais qui s’y intéresse, où on va parler de ce qu’on aime, surtout s’il y a des gamins. Je ne veux pas parler ici du problème du renouvellement du lectorat, mais on y est tous confronté.

Pour revenir à Saint-Étienne et à votre travail, c’est une forme de consécration d’être reconnu dans la ville où vous vivez depuis toujours ?

Je ne dirais pas une consécration, mais je suis très content de voir mon travail affiché partout pendant un mois. J’étais très fier que ma mère et mes filles voient mon affiche sur un tram. La BD c’est un tout petit milieu et la plupart des gens n’en lisent pas du tout. Donc je suis très content aussi de faire découvrir mon travail et la BD à la plupart des stéphanois et des personnes qui sont venues au festival. Je me rappelle aussi que mon tout premier festival, en 2003, c’était la Fête du livre ici.

© Photo : Gaëlle Bedis

Le sixième et dernier tome de votre série phare, Servitude, est paru en 2021. C’est une série qui a marqué, tant par l’univers développé que par la beauté des graphismes et de la mise en couleur. Une série qui vous a valu la reconnaissance de la profession. Quel est votre regard aujourd’hui sur le petit milieu de la BD ?

J’habite à Saint-Étienne depuis toujours et j’y ai tous mes amis. À part Fab (Fabrice David), qui est un ami d’enfance, aucun ne bosse dans le milieu de la BD. Et ça me va très bien comme ça, c’est même rassurant. Je ne ressent pas le besoin de tisser des relations dans mon secteur d’activité. Il y a des gens que j’aime beaucoup, comme Emmanuel Roudier [5], parce que ce sont des gens simples, qui ne se prennent pas la tête, qui aiment parler de plein de trucs différents et pas que de BD. Mais au final, on ne rencontre pas tant que ça ce type de profil.

À l’inverse, il faudrait que certains redescendent un peu. Mais il faut dire aussi que quand on est en festival ou en librairie, les organisateurs et nos éditeurs attendent un rôle de notre part : le dessinateur sympa qui va faire des dédicaces. C’est normal, et lorsque j’y suis, je joue ce rôle à fond. Mais ce n’est pas forcément naturel tout le temps, on peut être fatigué, énervé… Et puis il y a des personnes chez qui ce n’est pas naturel du tout.

Et quels sont vos projets aujourd’hui ?

Le métier d’auteur de BD est passionnant mais est très prenant et demande beaucoup, beaucoup d’énergie. Et parfois on en a moins. Avec Fab, nous avons mis dix-sept ans à faire Servitude, depuis les premières idées jusqu’à la parution du dernier tome. J’étais très à l’aise à la fin, c’était hyper grisant. Je dessinais exactement ce que je voulais, ce qui n’est pas si fréquent. C’est même rare qu’on dessine des planches dont on est vraiment content, et c’était le cas, j’étais satisfait de mon travail. Sur les centaines de planches que j’ai réalisées, il y en a très peu sur lesquelles je me dis que c’est bien de A à Z. Dans le tome 6, je me suis éclaté à faire les décors naturels : la roche, la transparence de l’eau, la gestion de la lumière… J’adore dessiner ça. Je m’éclate très peu à dessiner les personnages. J’ai sans doute un côté aquarelliste de plage. Si je ne pouvais faire que des paysages, je ne ferais que ça.

Pour donner de la matière, à un rocher par exemple, je vais dessiner les contours et ensuite utiliser un pinceau bien dégueulasse qui va faire des tâches, et je joue avec elles. J’ai l’impression d’être Pollock, c’est génial. Travailler sur une pleine page, ça va très vite. En revanche, réaliser une planche complexe avec 8-12 cases, avec du mouvement, déterminer les angles de vues, faire de la rotation de case, un mouvement rotatif sur plusieurs cases pour que l’action soit très fluide, comme le faisait Hugo Pratt, c’est très long. Une planche très dynamique peu me prendre plus de deux semaines de travail alors qu’une pleine page me prendra 3-4 jours.

Certains auteurs s’associent aujourd’hui avec des spécialistes du mouvement, du cadrage, du story-board, dont certains viennent de l’animation.

C’est vrai, mais cela dépend de la perception de l’auteur. Personnellement, je ne me vois pas comme un dessinateur. Le dessin, c’est un vecteur, c’est un moyen de raconter. Mon gros kif, c’est plutôt de raconter des histoires. Si je n’avais pas été auteur de BD j’aurais peut-être été romancier ou scénariste pour le cinéma.

Mais on me voit avant tout comme un dessinateur. On m’a proposé de reprendre La Caste des Méta-Baron, Elric le Nécromancien… Ça aurait sans douté été financièrement très intéressant, mais c’est l’opposé de ce que je veux faire. Reprendre un truc dont on me fait le story-board, la charte graphique, où je n’ai plus qu’à dessiner, on me laisse la partie la moins intéressante du boulot. La partie la plus intéressante, c’est quand avec Fab, puisque nous sommes coscénaristes tous les deux, on échange, ça bouillonne, on fait des synopsis, on découpe notre histoire en scènes… La vraie créativité est là. Sur Servitude, il y a un an d’écriture sur chaque album. C’est pour ça qu’il y a un côté très huilé, peut-être un peu trop d’ailleurs.

Mais c’est ça qui me plaît. Dessiner c’est sympa, mais ce n’est qu’un moyen de raconter, c’est au service du reste.

Pour autant, est-ce que vous pourriez vous associer avec un dessinateur pour vous concentrer sur le récit ?

Je me suis posé la question. Mais j’aime bien dessiner aussi et je le vois comme une composante d’un tout. Je suis donc plutôt un conteur qui dessine qu’un dessinateur pur.

Très bien, mais pour revenir à vos projets…

Après la fin de Servitude, je me suis quand même pris une grosse claque. Il m’a fallu du temps pour relancer la machine, pour retrouver l’énergie.

J’ai recommencé à travaillé avec Fab sur une nouvelle série, un Space Opera, sur lequel on a énormément travaillé. Mais nous sommes tous les deux perfectionnistes, donc ça n’aide pas à avancer vite. On avait tous les deux envie d’autres univers, de toucher à d’autres choses, y compris au niveau narratif. À l’inverse de ce qu’on avait avec Servitude, où le lecteur en sait plus que les personnages, ici nous avons trois héros, et on va découvrir l’univers et l’intrigue à travers leur regard, en même temps qu’eux. Il y a un vrai côté découverte, ou parcours initiatique.

On est parti sur de la SF déjà parce que c’est cool, et puis parce qu’il y a toute une culture derrière, de Hypérion à Dune. En revanche, graphiquement, j’en ai vraiment bavé. Quand tu as dessiné des chevaux et des armures pendant 20 ans et que tu ressors tes rotrings et ta règle pour faire des vaisseaux, ça fait drôle. J’ai cru que je n’allais pas y arriver. Le projet a été signé chez Soleil.

Vous n’avez pas eu de contact avec la nouvelle maison d’édition de Mourad Boudjellal, Oxymore ?

Non, aucun. Je ne savais même pas que Mourad avait remonté une maison d’édition. Je pense que Jean Waquet [6] fait pas mal écran. On est restés très proches depuis qu’il était directeur de collection. Il nous protège, Fab et moi, comme nous sommes un peu à contre-courant en terme de parution… On se respecte beaucoup, il nous laisse travailler à notre rythme.

Et donc cette nouvelle série ?

Nous n’avons pas encore le titre car Fab et moi, pour la première fois en 25 ans, ne sommes pas d’accord. Nous prévoyons la sortie du premier tome fin 2025 et ce sera en cinq tomes.
En revanche, je ne ferai pas la couleur. La question n’est d’ailleurs pas tout à fait réglée.
Je voulais me concentrer sur du noir et blanc et trouver un coloriste qui se distingue de mon travail, avec des couleurs assez vives, un peu pulp.

Mais on a pas trouvé pour le moment. Ce qui est compliqué, c’est que les coloristes sont payés à coup de pierre et ils n’ont pas le temps de faire des essais. Ils sont payés 100 € la planche, il faut qu’ils sortent une planche par jour pour gagner 2000 € pas mois, hors charge, donc ils gagnent le SMIC.

On aimerait travailler avec Simon Champelovier, on essaie de l’intéresser, qu’il ait son nom sur la couv’, des droits d’auteurs… Mais c’est compliqué.

Nous avons interviewé Pierre-Denis Goux récemment et il se bat aussi beaucoup pour les coloristes.

Il faut, c’est tellement important. Un bon coloriste met en valeur ton travail. Mais payer 100 € la planche, c’est une honte et ça fragilise toute la chaîne. Parce qu’ils n’ont pas le temps de faire des recherches, des essais, de prendre des partis-pris… C’est une lutte actuelle de se battre pour les coloristes. Mais ce n’est pas le seul souci. Payer au lance-pierre des auteurs étrangers, ça aussi c’est un scandale. Par exemple, j’ai vu Ana-Luiza Koehler, une autrice géniale [7], se faire refuser une augmentation de 10 € par planche, en prétextant que ça mettait la corde au cou à tout le monde. Ça me révolte.

L’argent reste le nerf de la reconnaissance. Le dévoiement du droit d’auteur est l’à-valoir. Ce n’était pas comme ça dans les années 1980, mais aujourd’hui on t’explique que c’est la norme. Or, ce n’est pas un paiement, ce n’est rien d’autre qu’un prêt à 0 %.

Quand le Syndicat National de l’Édition dit que l’avenir des auteurs c’est de prendre un boulot à côté, il y a trois ans je crois, ça m’emmerde. C’est quand même notre boulot qui les fait vivre. Il faut quand même avoir conscience que le moindre graphiste dans ces boîtes gagnent mieux leur vie que 95 % des auteurs.

© Photo : Jérôme Blachon

Par Jérôme BLACHON

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Code EAN :

[1] Alfons Mucha, né à Eibenschütz (actuelle Ivančice) le 24 juillet 1860 et mort à Prague le 14 juillet 1939, est un affichiste, illustrateur, graphiste, peintre, architecte d’intérieur, décorateur et professeur d’art tchécoslovaque. Il est un représentant majeur du style Art nouveau.

[2] Approximativement : Art nouveau : 1895-1910 / Art déco : 1920-1935. Alors que l’Art nouveau célèbre les courbes élégantes et les longues lignes, l’Art déco se compose d’angles aigus et de formes géométriques. Bien que souvent confondus, ces deux mouvements marquent des directions totalement différentes dans le développement de l’art moderne.

[3] Le changement à la tête de la Fête du livre s’est fait en plusieurs étapes. En 2022, le service qui organise la Fête du livre est rattaché à la médiathèque municipale. Cela a permis à sa directrice de l’époque, Axelle Redon, d’impulser une nouvelle dynamique et a permis, en particulier, le recrutement d’Anna Jochoux, ayant précédemment travaillé pour le groupe Delcourt

[4] En 2024, sur 200 auteurs présents, il y avait une quarantaine d’auteurs BD.

[5] Auteur, entre autres, de la série Néandertal, paru chez Delcourt

[6] Directeur éditorial général des Éditions Soleil

[7] Elle a travaillé, entre autres, sur les séries Carthage, Awrah…

✏️ Eric Bourgier France Prague Saint-Étienne
 
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5 Messages :
  • Tres bon entretien, merci.
    J’ai une petite question... Si le tarif pour la mise en couleur d’une planche est de 100 euros ; Combien est rémunéré le dessinateur pour une planche noir et blanc ? Et le scénariste ? D’avance merci. Sinon, pas grave.
    Cordialement.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 9 janvier 2025 à  23:28 :

      Ça dépend du type d’albums… Dans le secteur du roman graphique, on en connaît qui sont payés 120 euros la planche, dessins ET couleurs. Très intéressante interview.

      Répondre à ce message

    • Répondu le 10 janvier 2025 à  06:02 :

      Le monde du travail est organisé en règles, en droits et devoirs, ce sont les acquis sociaux. J’ai un emploi de salariés et en complément je dessine depuis une trentaine d’années. Dans les années 90, j’ai obtenu mes premiers travaux rémunérés et un contrat chez un éditeur belge. Je pensais alors que ma carrière était lancée et que je pouvais en vivre. Or je me suis vite rendu compte des difficultés : retard de paiement, rémunérations trop basses pour payer un loyer et des charges, statut de profession libéral inadapté à un métier artistique, bref, je ne souhaitais pas me retrouver à l’assistance sociale. En fin de compte, j’ai eu raison de voir les choses de façon réaliste puisque ça m’a permis de conserver ma passion intacte. Dans une profession d’individualiste, comme la bande dessinée, il est quasiment impossible de parler comme un syndicaliste lambda. Et donc, cette profession d’auteur de bandes dessinées est une jungle livrée au marché, aux modes et aux intérêts particuliers. Je sais que je vais faire hurler, mais dans un marché sans règle, il n’y a pas non plus de protectionnisme, la culture japonaise est de plus en plus présente dans notre bande dessinée, Il paraît que culturellement c’est formidable, mais du point de vue du marché c’est autant d’emplois, de rémunérations et de carrières en moins pour nos artistes. Ce serait intéressant que l’équipe d’actua BD se penche sur le statut lié à la presse. j’ai toujours entendu dire que Raymond Poïvet avait pu faire valoir des droits à la pension et une rémunération en raison de son statut lié à la presse et ses accords sociaux, avez-vous des infos à ce sujet ? Cordialement .

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    • Répondu par Karl le 10 janvier 2025 à  13:25 :

      Merci pour ces réponses.
      Cordialement

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  • Merci beaucoup pour ce long interview. Nous saurons être patients pour la prochaine sortie de Eric Bourgier, cela en vaut la peine.

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