Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Bon
21 mai 2025
Nouveauté parue aux éditions Jungle fin avril, Emma et les mauvais éléments est l’œuvre d’Ariel Holzl au scénario et d’Alba Cardona au dessin. Le livre raconte une histoire d’école de magie, où Emma découvre un nouveau monde merveilleux et doit affronter ses dangers. Une formule vue et revue, mais toujours aussi agréable à relire.
Au début, Emma et les mauvais éléments rappelle nettement le manga Iruma à l’école des démons. En effet, les deux œuvres partent d’un postulat similaire : le protagoniste humain est envoyé dans un monde magique dont il ne sait rien, et commence une scolarité aux côtés de personnages doués de magie. De plus, Iruma et Emma sont tous deux placés dans une classe à part, composée d’élèves à problèmes : la classe « anormale » dans Iruma et les « discordants » dans Emma.
Cependant, les similarités s’arrêtent là. En effet, le monde magique d’Emma n’est pas peuplé de démons sanguinaires, mais de magiciens « élémanciens » dont le rôle est de protéger la planète Terre. Dans ce premier tome, Emma et les mauvais éléments se concentre sur l’établissement de son univers et de ses personnages. Le livre présente les différents types de magie, chacun relié à un élément : air, eau, feu, terre et étherium. Dans cet univers, les quatre éléments naturels sont en harmonie, là où l’éther est une « discordance ». Les élèves comme Emma, dont les pouvoirs liés au verre ne correspondent pas strictement à l’un des quatre éléments naturels, se retrouvent ainsi dans cette cinquième case, où ils sont victimes de discriminations.
La jeune fille se retrouve ainsi dans ce rôle d’« underdog », où elle doit faire ses preuves dans un monde qui la désavantage. Tout comme ses condisciples, dont les pouvoirs sont peu reluisants (acide, fumée âcre, goudron…), elle doit prendre le contrôle de ses pouvoirs et en faire de « bons éléments ». Il y a un parallèle évident avec le système éducatif, qui cherche à mettre tout le monde dans des cases bien définies sans même considérer le potentiel des personnes qui ne se conforment pas. Malgré ce premier tome un peu court, le lecteur peut déjà deviner que la morale de l’histoire portera sur l’acceptation des différences d’autrui, et que les pouvoirs de ces « mauvais éléments » peuvent se révéler utiles.
Mais une histoire prévisible n’est pas forcément mauvaise. Emma et les mauvais éléments aborde en effet ces thèmes forts par le biais de personnages marquants. Le récit se concentre surtout sur le petit groupe de marginaux, et prend le temps de s’attarder sur chacun d’entre eux. Les personnages sont des archétypes assez classiques, mais restent néanmoins intéressants. On retrouve la jeune fille timide en la personne de Chloé, la brute qui cache une personnalité plus nuancée en Rose, ou encore le jeune homme ténébreux au passé torturé en Hugo. Des personnages sympathiques, qui ont du potentiel pour s’émanciper de leurs archétypes au fil des tomes.
Enfin, l’histoire prend vie sous le crayon d’Alba Cardona. Dans un style très manga, les personnages ont de grands yeux expressifs. Il y a un travail notable dans les plans, qui superposent de larges paysages et les visages des personnages en gros plan. Les couleurs sont également bien travaillées, variant les tons et les effets de lumière. Dans un style graphique qui rappelle par moments Les Légendaires de Patrick Sobral, l’illustratrice propose de belles planches dynamiques.
Emma et les mauvais éléments ne réinvente certes rien, mais propose malgré tout une histoire sympathique à suivre. Les personnages hauts en couleur ont des dynamiques intéressantes entre eux, et le lecteur se fera un plaisir de découvrir cet univers à travers les yeux d’Emma dans les prochains volumes !
Par Akira OIKAWA
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.