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Dungeon Elf - Par River Slan - Éd. Doki Doki

Par Colin BESNIER Dubitatif 6 juillet 2026 
Mais qui peut bien mettre les coffres à la fin de tous ces donjons dans lesquels nos héros préférés s'aventurent ? C'est là la question à laquelle Dungeon Elf tente de répondre. Il s'agirait de Snail (ainsi prénommée car son sac à dos lui donne une allure d'escargot), une elfe millénaire dont c'est la principale occupation.

Snail est une elfe dont le seul plaisir est de se balader de donjon en donjon afin d’y déposer les coffres que les aventuriers trouveront dans le futur. Il peut aussi bien s’agir de remplacer des coffres qui ont été récupérés que d’explorer de nouveaux donjons pour y placer les coffres afin de préparer le futur. Faisant cela depuis fort longtemps, Snail est devenue une véritable machine à pourfendre les monstres, capable de « one-shot » (battre en un coup) les monstres s’attaquant à elle. Ça tombe bien, ça arrive plutôt souvent.

À mi-chemin entre One Punch Man et Frieren, Dungeon Elf propose une histoire simple et sans prise de tête, dans laquelle Snail voyage en solo (ou presque) à travers les contrées fantastiques de son monde : monts enneigés, cité submergée, jungles perdues... Autant de prétextes pour visiter les somptueux paysages proposés par River Slan, un duo d’auteurs dissimulé sous ce pseudonyme.

Il faut bien reconnaître qu’en matière de dessin, il n’y a pas à être déçu. Les planches fourmillent de détails et proposent mille et un paysages dignes d’une épopée fantastique. Elles regorgent aussi de doubles pages dynamiques qui mettent l’héroïne en valeur. De quoi vivre un parfait dépaysement... ou pas.

Car si la prémisse semblait, de prime abord, assez prometteuse, on est moins enjoué en lisant ce premier tome. Le rythme est assez décousu : les scènes d’action ne durent guère plus d’une page, puisque le principe du récit fait que l’héroïne est excessivement puissante. On en est donc réduit à l’écouter se parler à elle-même et nous expliquer le fonctionnement de son univers et des différents mécanismes le régissant. Parfois aussi on a droit à des épisodes de cuisine de monstres (ou d’autres éléments purement fantastiques), ce qui n’est pas sans rappeler l’excellent Donjon et Glouton, pour les plus jeunes, ou le non moins excellent Toriko, pour les plus vieux.

C’est là le problème : à alterner entre les concepts, Dungeon Elf est loin de se créer sa propre identité, en plus d’entraver son propre rythme de récit. Il ne parvient ni à être aussi amusant que One Punch Man lorsque Snail affronte des monstres, ni aussi poétique que Frieren, quand l’Elfe est seule avec elle-même...
Le pire étant sans doute un fan service affreusement daté, avec des plans qui insistent sur les mouvements de la poitrine de la jeune femme, lorsque celle-ci est en petite tenue. Fairy Tail a appelé et aimerait qu’on lui rende son travail.

Si l’idée d’imaginer les aventures de la personne plaçant les coffres dans les donjons vous intrigue, et que le fait de retrouver des tropes et des clichés vus ailleurs ne vous dérange pas, alors peut-être Dungeon Elf sera une lecture pour vous. Autrement, passez votre chemin.

Par Colin BESNIER

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Code EAN : 9791041115990
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