Dead Account T.3 - par Shizumu Watanabe – Éd. Kurokawa

Par Milan MORALES Pas mal 2 octobre 2025 
Le tome 3 du manga Dead Account, de Shizumu Watanabe, prolonge l’ambiance spectrale des réseaux sociaux, où le danger rôde derrière chaque notification.
Ce volume, couvrant les chapitres 14 à 21, marque un tournant pour Sôji Enishiro, à la fois streameur et exorciste malgré lui.

Dans cette salve anxiogène de 7 chapitres, Sôji affronte enfin K le Mélancolique, le spectre responsable de la mort de sa sœur Akari.
La rencontre, loin d’être élégante, tourne au carnage : moins aguerri, notre héros s’effondre face à la cruauté du meurtrier.
Sauvé in extremis par le professeur Azaki, Sôji découvre ce à quoi ressemble la véritable puissance des médiums.
Blessé dans son orgueil et dans sa chair, il jure qu’il deviendra aussi fort que son sauveur.

Mais la vengeance ne s’improvise pas dans un monde hanté par les likes malveillants : Sôji doit d’abord prouver sa valeur lors d’un tournoi inter-classes.
Aux côtés de ses alliés, il affronte la 1-A et ses freaks, dont Dei Surugi, psychopathe et brûleur de souvenirs. L’esprit d’équipe de la 1-B affronte l’individualisme, chacun luttant pour sa propre vérité digitale.
Et alors que le plan pour exorciser K se met en place, Sôji se débat entre sa soif de reconnaissance et la lourdeur du deuil.

Le troisième opus de Dead Account secoue la formule installée par Watanabe, offrant enfin à Sôji l’occasion de se frotter à ses vrais démons, au sens propre comme au figuré. C’est ici que la tension prend racine – à la fois par le choc de la confrontation et par le regard de ses camarades, oscillant entre solidarité et rivalité.
Le tournoi inter-classes sert de catalyseur, transformant les épreuves fantastiques en cruelle métaphore de la jeunesse branchée et désabusée.
La narration, bien que parfois trop précipitée, a pour mérite d’approfondir le passé de ses personnages.
On goûte à la douleur de Sôji, mais aussi à ses nouvelles alliances, aux petites trahisons adolescentes.

Le manga reste fidèle à certains automatismes shônen : rivalités tonitruantes, retournements attendus, pathos sur la culpabilité.
L’auteur tente bien d’étoffer ses antagonistes, mais le manichéisme l’emporte souvent sur la subtilité.
L’œuvre partage le même destin que ses protagonistes : elle crie, elle souffre, elle veut exister dans la cacophonie digitale. Rien d’immensément original ni transcendant dans le traitement des combats, pourtant la dynamique du groupe 1-B tire parfois le lecteur vers des moments plus vrais, plus humains.

Le dessin, quant à lui, gagne en nervosité sur les scènes de tournoi et dans la confrontation contre K, imprimant une énergie nouvelle au trait de Watanabe, sans toutefois s’élever au rang de claque visuelle.

Pour l’heure donc, on reste sur une appréciation positive : un bon divertissement, sans être révolutionnaire. Le scénario veut trop souvent épater, mais refuse parfois de creuser l’essentiel : la solitude et la question du pardon numérique.
Il manque encore cette étincelle de sincérité qui ferait de cette série plus qu’une ombre parmi d’autres, mais le show est là, et l’heure du jugement digital n’a pas fini de sonner.

Rendez-vous le 13 novembre 2025 pour le volume 4 !

Par Milan MORALES

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Code EAN : 9791042015848
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