Excellent
17 septembre 2024
Ces deux tomes regroupent donc un moment attendu depuis très longtemps : après que la Détective ait présenté ses intentions - tuer les membres de la bande de Nazuna - et démontré qu’elle en avait les moyens, puis après que Nazuna et Kô aient fait le tour de leurs amis vampires pour identifier leur « objet point faible », voici venu l’heure de passer à l’action.
Le tome neuf s’ouvre sur la fin du long flashback revenant sur les origines et les « premiers pas » de Nazuna, avec une révélation fracassante, qui n’est plus vraiment une surprise au vu de la fin du tome huit. Il s’agit d’une confirmation de ce qui avait été largement suggéré : les deux femmes ne font qu’une. C’est donc une confrontation qui revêt une dimension très personnelle.
La Détective décide d’agir le soir d’Halloween, lors de la grande parade à Shibuya qui réunit énormément de monde, dont évidemment les gens de la nuit, et en particulier les vampires. Cependant aucun vampire ne croit que leur ennemie va agir si ouvertement, même si Kô pense le contraire. De ce fait, il s’y rend officiellement pour une soirée en amoureux avec Rira.
Les évènements de la soirée, voire de la nuit, s’enchaînent rapidement. Comme prévu, la Détective s’attaque brutalement et frontalement aux « sœurs » de Nazuna. Une situation chaotique qui trouve un round final classique, dans un lieu connu, celui des origines pour les deux jeunes femmes. La confrontation est intense, digne d’un shônen d’action traditionnel, mais la chute et la suite nous rappellent que nous sommes dans une série de chroniques d’âmes solitaires et nocturnes.
Si le dénouement de ce long arc narratif s’avère classique, avec une transition tout au aussi traditionnelle, où le rôle du vilain évolue, Kotoyama a l’art et la manière de rendre ce moment touchant et amusant. Elle appuie la maladresse et l’inaptitude sociale des personnages, via des gestes et des attentions simples mais précises. Une conclusion extrêmement satisfaisante, qui revient aux fondamentaux de la série pour ouvrir un prochain chapitre tout aussi intriguant et prometteur.
Avec ses créatures de la nuit, à l’étiquette légendaire mais aussi bourrée de clichées, la mangaka s’amuse à revisiter le mythe des vampires sous le prisme de l’amour. Mais ces histoires d’amour-là ne sont pas celles de Don juan ou de femmes fatales : il s’agit de candides qui ne comprennent rien à ces choses, recherchant des compagnons de jeu pour tuer l’ennui d’une nuit vide de sens... en attendant de trouver quelque chose ou quelqu’un qui lui en donnerait.
Par Guillaume BOUTET
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Call of the Night T9 & T10. Par Kotoyama. Traduction : Xavière Daumarie. Kurokawa. Sorties le 7 mai 2024 & le 14 août 2024. 192 pages. 7,20 euros.
Call of the Night sur ActuaBD :
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