Très bon
20 janvier 2025
Exilée sur Terre par sa mère Organa d’Orgasma, la Princesse Adastra réapparait au village de Mjnari, glorifiée par les villageois et honorée par les morts. Entre famine, désolation et maladies, la Princesse aura fort à faire en usant de toute sa magie face aux tribulations du peuple désespéré. Un peuple qui, d’ailleurs, porte ses espoirs sur l’intervention d’une délivrance qui viendra d’Outremonde...
Grandiloquent, démesuré, splendide ! Les superlatifs désignant le travail d’arrache-pied de l’auteur anglais Barry Windsor-Smith pleuvent à souhait. Il suffit de se replonger quelques années plus tôt, en 2001, avec son Monstres (Delcourt) pour s’en faire un aperçu.
Il faut avouer que le style graphique de l’artiste se veut exemplaire, fascinant, démonstratif. À l’instar de Monstres, cet autre récit graphique intitulé Adastra in Africa, évolue entièrement en noir et blanc, accentué par une épaisseur de trait envoutant, ainsi que des zones d’ombres et de lumières saisissantes.
À plus d’un moment, son crayonné rappelle celui du dessinateur Raulo Caceres. Ce dernier évolue certes dans un registre davantage porté sur l’érotisme, mais on trouve quelques similitudes au niveau de l’encrage.
L’un comme l’autre affectionnent une foule de détails faramineux, plongeant le lecteur dans un dédale visuel proche de la quintessence. Rien n’est laissé au hasard, de la plus petite brindille aux costumes sulfureux !
Pour Adastra in Africa, l’auteur exploite à nouveau toute sa palette artistique. Il occupe tous les rôles possibles, puisqu’on le retrouve au scénario, mais aussi au dessin et à l’encrage. Originalement publié en 1999 aux éditions « Fantagraphics Books », il aura fallu patienter pas loin d’un quart de siècle pour que cette version-ci, agrémentée du retour de Lady Adastra à New York ainsi que des bonus au récit jamais dévoilés auparavant, voit le jour.
Et l’origine de ce projet se veut tout aussi impressionnante. Lorsqu’on sait qu’Adastra, le personnage phare de sa série Young Gods, avait été initialement conçu comme étant le troisième volet du Comics Marvel des Uncanny X-Men Lifedeath , mais abandonné par les éditeurs Marvel sous prétexte qu’il n’avait pas été supervisé de leur part. Qu’à cela ne tienne : Barr Windsor-Smith à jugé utile de le réécrire en tant qu’épisode de la jeunesse de la Princesse Adastra.
Avec tout cela, on obtient album OVNI, qui ne saurait certes pas concurrencer son chef-d’œuvre Monstres, mais qui laisse une trace indélébile de son passage. Honnêtement, si vous affectionnez ce genre littéral porté sur l’ésotérisme, la magie et les rites ancestraux, d’autant plus véhiculé par un style graphique poignant, foncez alors sur ce titre sans hésitation.
Par Marc VANDERMEER
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Adastra in Africa. Auteur : Barry Windsor-Smith. Editeur : Delcourt. 52 pages. Sortie : le 23 octobre 2024. Prix : 15,50 euros.
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