À l’origine, le constat est simple : plutôt que de chercher chacun sa voie dans un milieu compétitif, autant unir les forces, partager les envies et donner vie à un projet collectif ambitieux. L’idée a rapidement pris forme : un magazine de BD financé par le public, pour tester l’intérêt des lecteurs tout en concrétisant un rêve commun : voir ses planches imprimées et diffusées.
Le titre, 555 La Revvvue, s’appuie sur trois piliers :
• Vitalité : la motivation et la jeunesse des participants.
• Variété : la diversité des styles et influences.
• Volonté : la détermination à mener chaque projet jusqu’au bout.
La revue ne se limite pas aux planches des auteurs : chaque artiste est également présenté dans une rubrique “coulisses”, sous forme d’interview en questions-réponses. On y découvre son parcours, ses inspirations, ses réflexions, mais aussi des visuels et les liens pour suivre son travail en ligne. Une manière de rapprocher les lecteurs des créateurs, et de comprendre comment naît une bande dessinée.
Chaque univers est singulier, mais tous se rejoignent dans l’envie de proposer une BD personnelle, sincère et audacieuse. Voici les six artistes réunis pour ce premier numéro :
Alcofribas Bozomaxxer signe avec Par-delà le sombre sommet l’introduction d’un récit d’ascension montagnarde où tensions, désir et hiérarchies vacillantes s’entremêlent. Inspiré par le théâtre et la tragédie, il met en scène un huis-clos intense où les corps, les classes et les déterminismes s’entrechoquent.
Le Sans Nom met en scène Atepomaros, une réinterprétation des mythes gaulois oubliés à travers son personnage éponyme, un druide capable de percevoir l’invisible. Inspiré par la légende de la fondation de Lyon et par l’esthétique des comics, il tisse un récit où mémoire, réinterprétation et imaginaire celtique s’entrelacent.
L’Antoine développe Farkonav, initialement né d’un jeu de création collective entre amis, qui, enrichi au fil des années de bribes d’idées, s’est transformé en une véritable saga satirique. Il y met en scène un trio déjanté, reflet de l’époque, où humour et absurdité s’entremêlent pour dresser une critique sociale mordante, explorant les excès de la popularité, les dérives de la communication et la violence absurde.
Laurine Lestrat propose avec La Porte une histoire issue d’un récit chorale, centré sur César, un agent d’entretien en quête d’évasion. À travers un mélange de quotidien et de rêveries végétales, elle explore le désir d’ailleurs, la solitude et la manière dont une rencontre inattendue peut bouleverser le quotidien. Sa mise en scène délicate et poétique fait dialoguer espaces, silences et gestes pour créer un univers sensible et introspectif.
Gundy explore les métiers invisibles à travers Specter & Sons Renovation, un manga où une famille rénove des maisons hantées. Entre humour, action et dimension feuilletonnante, il met en scène le lien familial, le poids du passé et la nécessité de régler les non-dits pour mieux avancer. Sa narration mêle quotidien, surnaturel et réflexion sur le travail, créant un univers à la fois drôle, poignant et original.
Anas Tirhazouine met en lumière l’enfance à Casablanca dans Sunburn avec poésie et douceur. À travers une histoire pleine de lumière et de rêverie, il met en scène des enfants et leurs grands rêves, capturant les moments fragiles et la force des petits gestes dans le quotidien.
555 La Revvvue s’impose comme une initiative rafraîchissante, portée par des créateurs passionnés qui veulent faire bouger les lignes de la BD indépendante. Une belle occasion de découvrir des univers inédits et de soutenir de nouvelles voix.
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Infos pratiques :
Format : A4, couverture souple, 145 pages en couleur.
Financement participatif : du 13 septembre au au 4 octobre.
Lien vers la campagne Ulule : 555 La Revvvue
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