Bon
10 mars 2026
La grande force du scénario de J.R Hughto est qu’il ne décrit pas un futur lointain ou spectaculaire : le monde ressemble énormément au nôtre, avec simplement des dérives économiques et sociales amplifiées. Cela rend l’univers particulièrement crédible et inquiétant. Un scénario politique donc, qui traite de la domination des grandes entreprises, de la précarité du travail, de la résistance collective et aussi du compromis entre idéalisme et survie.
Plutôt que de proposer un simple affrontement entre « bons » et « méchants », l’histoire explore les dilemmes moraux des personnages. Les protagonistes doivent choisir entre leurs convictions, la sécurité de leurs proches et les compromissions.
Le travail graphique de Curt Merlo a une approche très cinématographique. Le découpage est très proche des personnages, avec parfois très peu de dialogue, laissant l’image raconter l’histoire. Cette narration visuelle donne beaucoup de force à l’ambiance et renforce l’immersion. Le choix d’une couleur dominante par chapitre est renforcé par la présence du rouge, qui ici est un signe de très mauvais augure.
Malgré ses qualités, on peut regretter la présence de nombreux personnages secondaires, parfois difficiles à distinguer, ainsi que des dialogues qui peuvent sembler un peu didactiques, au discours politique parfois appuyé.
Je retiendrai un univers crédible et inquiétant, des thèmes politiques actuels, des personnages confrontés à de vrais dilemmes et surtout une narration visuelle efficace.
Par Philippe LECLERC
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