Qu’annonce la fermeture de la librairie BD Net Bastille à Paris ?

Par Didier PASAMONIK 18 août 2025 
MARCHÉ. C’est un séisme, au niveau parisien du moins. La fameuse librairie BDNet Bastille, rue de Charonne, ferme ses portes et fera place à un marchand de chaussures. Cet événement est-il le signe avant-coureur d’un mouvement d’une plus grande ampleur, alors que ce début d’année a été particulièrement difficile pour la librairie ? Examinons la situation.

« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » écrivait Paul Valéry dans La Crise de l’esprit en 1919. La bande dessinée, telle que nous l’avons connue, quel que soit l’âge que nous ayons, ne sera plus jamais comme avant.

Les années 1950 avaient connu l’âge des « illustrés » et de la presse enfantine, les années 1970-80 ont connu l’âge des albums et de la bande dessinée pour adultes, les années 1990 l’essor de la BD indépendante grâce à une démocratisation des coûts de production et la création d’un chaînage dense de librairies spécialisées en même temps qu’une reconnaissance culturelle de la bande dessinée à tous les niveaux.

Ces mêmes années, grâce à l’émergence des dessins animés japonais, ont vu apparaître le phénomène des mangas qui a permis aux éditeurs français de conforter leurs marges et aux libraires d’étendre leur clientèle vers un public plus jeune et plus diversifié que précédemment. Dans la foulée, le phénomène des romans graphiques a permis à la bande dessinée de rivaliser avec la littérature notamment dans le secteur jusque-là réservé des essais et du documentaire et à renforcer sa position sur un segment de marché très lecteur : le public féminin.

Les années 2000 ont été celles de la révolution technologique avec à la fois la création d’un marché de la bande dessinée digitale qui aboutit au succès actuel des webtoons, une atomisation et une sur-segmentation des publics grâce aux réseaux sociaux et notamment au financement participatif (le « crowdfunding »), enfin un bouleversement des équilibres de la librairie avec l’émergence massive d’acteurs en ligne comme Amazon.

Qu'annonce la fermeture de la librairie BD Net Bastille à Paris ?
Marc Szyjowicz. Animateur de BDNet pendant 21 ans, il a pris sa retraite.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Disparition d’une librairie

En Afrique, quand un vieillard meurt, on a l’habitude de dire que « c’est une bibliothèque qui brûle ». La fermeture de BDNet Bastille a deux raisons principales : son propriétaire, Marc Szyjowicz, avait transformé en 1985 une librairie familiale, fondée par ses parents en 1972, en petit groupe de BD spécialisé avec une première librairie proche de la place de la Nation, un site de vente en ligne et cette deuxième entité de 180m² très bien située rue de Charonne, face à la rue de Lappe, près de la place de la Bastille.

Vingt ans après, il aspire comme beaucoup à prendre sa retraite. Il envisage de vendre l’entreprise, avec ses murs qu’il a acquis entretemps. Mais vu l’importance du coût de l’immobilier à Paris aujourd’hui, il n’a pas trouvé de repreneur, la librairie n’offrant pas une marge suffisante pour amortir l’investissement. Il est donc contraint de vendre les murs seuls, ce qui sonne le glas de la librairie qui fermera ses portes le 27 septembre 2025. Fin de partie pour ce libraire qui a été un des fondateurs et longtemps président du groupe Canal BD.

La librairie BDNet Nation continue sa route. Les cartes de fidélité restent valables là-bas.

Au niveau parisien, c’est un séisme. BDNet est l’un des plus gros chiffres d’affaires parmi les libraires spécialisés de la capitale. Cela signifie, en dépit du transfert de la clientèle vers d’autres librairies, un recul des ventes dans ce secteur juste avant les fêtes. À un moment où le marché de la BD est particulièrement fragile…

On retrouvera sûrement quelquepart le talentueux Pablo, l’une des éminentes figures de proue de la librairie.
Photo DR - Librairie BDNet.

Ce que cela donne à penser…

Économiquement, le phénomène n’est pas nouveau, même dans le secteur de la BD. On se souvient que dans le 5e arrondissement, les librairies de BD franco-belges tenaient le haut du pavé dans les années 1980 avec les librairies Boulinier, Lutèce et Album. Certaines sont toujours là, moins puissantes, et ont fait place à des librairies d’occasion et de mangas. Le secteur s’adapte même si, comme c’est le cas de la librairie Lutèce, l’une des librairies spécialisées en BD ancienne les plus remarquables du secteur, les murs ont été acquis par la Ville de Paris pour préserver ce lieu de culture unique.

D’une manière générale, que ce soit Brentanos, boulevard de l’Opéra ou La Hune à Saint-Germain-des-Prés, des libraires qui ont joué un rôle crucial dans le rayonnement de la BD, les centres-villes ne peuvent plus accueillir les lieux de culture comme avant.

Les libraires spécialisés BD : un rôle essentiel

L’autre phénomène qui doit donner à penser, c’est le vieillissement du lectorat. Fort de son pouvoir d’achat, les « vieux » lecteurs de BD sont séduits par des ouvrages de plus en plus valorisants, de plus en plus luxueux, des « collectors ». Une bonne partie de la production de l’industrie lui est dédiée.

Mais la nouvelle génération -je ne parle déjà plus de la génération « Dorothée »- consomme les mangas et les « romans graphiques » documentaires avec moins d’attachement que leurs prédécesseurs. Or, ces publications ont littéralement conquis la place allouée naguère à la bande dessinée franco-belge traditionnelle. La nostalgie, on le voit bien dans les conventions du genre Japan Expo et même d’une certaine manière à Angoulême, se porte davantage sur les anime, les jeux vidéo, les goodies c’est-à-dire sur la dimension « pop-culturelle » du médium.

Une culture qui n’est pas à mépriser en dépit de ses dérives consuméristes un peu vaines. C’est là que nous retrouverons nos libraires spécialisés et leur rôle essentiel : face à une société où l’information est diarrhéique, aux réseaux sociaux où chacun s’exprime avec l’arrogance du sachant sans en avoir la légitimité, le librairie spécialisé est le meilleur conseil.

Car il détient une chose que l’IA ne détient pas : le goût (mais aussi : le dégoût), la passion, la curiosité... Il peut vous faire découvrir la multitude des auteurs, jeunes comme vieux, français comme internationaux, qui font vivre actuellement à la BD un âge d’or. Pour le néophyte, un bon libraire est un professeur d’université, essentiel, irremplaçable. Il en reste, ActuaBD pourra vous aider à les trouver.

Par Didier PASAMONIK

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France Paris Marché de la BD : Faits & chiffres
 
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21 Messages :
  • "Mais la nouvelle génération -je ne parle déjà plus de la génération « Dorothée »- "
    Heureusement en même temps, la genération Dorothée ça fait plus vingt cinq ans que certains sont adultes, voire plus, donc c’est plus très nouveaux.

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    • Répondu par Thomas Brecht le 18 août 2025 à  15:35 :

      Je suis de la génération RécréA2, celle qui a vu Goldorak, Candy et Capitaine Flam en livraison hebdo à la télévision et qui a vu le premier Star Wars au cinéma (La Guerre des Etoiles !) et je vais guillerettement sur mes 60 ans. Alors oui mon pouvoir d’achat aujourd’hui est plus important qu’à l’époque mais le choix de quoi acheter s’est décuplé. si la BD classique veut survivre il faut clairement changer / adapter son business modèle.

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  • "Les années 2000"

    Les années 2000 ne sont pas les années 2010 ou 2020.
    Entre 2000 et 2020 ( même 2025), le marché s’est autant transformé qu’entre 1960 et 1970 ou 1970 et 1980.

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  • Ce n’est qu’un début. Il y a trop de librairies en France et notamment des spécialisées. Le marché n’est plus du tout ce qu’il était il y a encore 10 ans. Les habitudes de lecture ne sont plus les mêmes. Les jeunes lisent beaucoup moins depuis l’explosion des réseaux sociaux. Le secteur de la BD populaire et de divertissement était accaparé par le manga mais la manne s’épuise. Le marché du roman graphique sérieux sur des sujets pesants et édifiants tourne en rond et ne concerne de toute façon qu’une clientèle aisée et masochiste, prête à dépenser 30 euros pour acquérir un livre inquiétant ou culpabilisant qui finira lu à moitié sur la table basse du salon. Ces gens-là ne sont plus assez nombreux pour faire tenir un commerce, embaucher du personnel, lire les livres qu’on vend, fidéliser des lecteurs… on arrive au bout d’un système.

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  • "fera place à un marchand de chaussures"
    Secteur qui va encore plus mal que la librairie bd.

    "où chacun s’exprime avec l’arrogance du sachant sans en avoir la légitimité"
    Ca s’appelle la démocratie.

    "Car il détient une chose que l’IA ne détient pas : le goût (mais aussi : le dégoût), la passion, la curiosité..."
    C’est factuellement pas vrai vu que les IA pompent directement leurs avis dans les avis lecteurs sur différent réseaux youtube inclus, ainsi que sur les subs reddit, et qui a déjà lu les critiques presses et spectateurs sur les sites à la Allociné, sait que de nos jours on ne se base plus que sur la moyenne des avis spectateurs ou des influenceurs dans notre sphère d’intérêts, et donc il se trouve que l’IA finit par répondre mieux qu’un libraire, donc on se passera de plus en plus de nos jour d’un libraire.

    "un bon libraire est un professeur d’université"
    Pour le moment à Lyon pour ce que j’en vois, ce sont surtout des étudiants à mi-temps dirigés souvent par un fan avec un petit capital.

    "ActuaBD pourra vous aider à les trouver"
    C’est surtout un site d’information pas assez rempli à mon gout avec un gout particulier pour Tintin et les dramas d’Angoulême ce qui va à contre-sens des nouvelles générations.

    Perso je ne vais à la librairie que pour avoir une occasion de sortir de l’immeuble en dehors des courses hebdomadaires, parce que de nos jours y’a plus rien à faire dehors, je ne sors même plus tous les jours de mon appartement étant donné qu’il n’y a plus de courrier à aller chercher. J’ai de plus en plus l’impression de vivre dans une prison à la Wesworld.... La seule chose de bien que j’ai un peu noté, c’est que parfois les éditeurs notent qu’il y’a plus de stocks pour une franchise sur leurs sites mais il se trouve parfois que les libraires en trouve, comme s’il y’avait un stock caché juste pour eux.

    Concernant le secteur c’est multi factoriel, il y’a eu une explosion de libraires et une explosion de ventes en 2020 qui commence à s’essouffler pour revenir à ce que c’était avant, donc forcément y’a trop d’acteurs. Puis sans parler de la baisse du pouvoir d’achat, de la hausse du chômage (qui est en format chômage de masse pour ceux qui l’aurait oublié, car il faut dire qu’il dure depuis bien 48 ans donc on finit par s’y habituer...).
    Il y’a aussi le fait que la lecture demat commence à devenir de plus en plus importante
    Et le démat même si beaucoup le ddl ça se paye et donc ça détourne le budget des ventes réelles. Même si pour le piratage, de toute façon ça n’a jamais joué de manière défavorable vu que lesdit livres sont aussi en général dans les bibliothèques gratuitement et que jusque là le marché ne faisait que grossir... voire des livres pas du tout vendu car non adapté en France ou en arrêt de comm, et que ceux qui les ddl sont des enfants donc sans le sou et qui auraient été clients des bibliothèques et non des libraires, par contre ça influe sur la publicité des ouvrages même si là encore ça ne change pas grand chose au fait que le marché n’est porté que par des licences phares, ce qui fini par poser un problème quand elles s’arrêtent car les acheteurs ne passent pas sur autre chose.
    Y’a aussi le fait qu’il y’a une déconnexion de plus en plus grande entre les lecteurs bd et manga, ça devient fréquent que les seconds ne lisent jamais de bd, le critère rapport pages/prix revient souvent, ce qui veut dire que le format 56 pages cartonné luxe de Dupuis c’est plus une chose supportable pour ces consommateurs. Donc y’a un problème de slot de vente, les éditeurs bd ne sont plus dans ce que veulent acheter les consommateurs, Tintin, Astérix, Tuniques Bleues, Soda,... tout ça, ça va devoir finir en format "manga" deluxe comme Blame s’ils veulent du grand format, mais va falloir revoir un jour le produit, car là c’est trop cher pour trop peu de pages. Perso mes bd je ne les achète plus qu’en occasion ou en points fidélité, pour une demi heure de travail j’ai 200 pages chez les japonais qui vont me faire 2/4 soirs de lecture, chez Dupuis pour une heure de travail j’ai à peine 30/40 minutes de divertissement.

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    • Répondu le 18 août 2025 à  19:33 :

      « et donc il se trouve que l’IA finit par répondre mieux qu’un libraire, donc » Si ça vous amuse de prendre vos décisions dans la vie en suivant les conseils d’une machine, c’est votre problème. Et pour votre information, la France n’est plus en situation de chômage de masse depuis 2019. Vous confondez inflation, précarité et chômage de masse. Demandez un topo sur les notions de base en économie à ChatGPT.

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    • Répondu le 18 août 2025 à  19:41 :

      S’il vous faut entre deux et quatre soirs pour lire 200 pages de manga, il faut retourner au cours préparatoire ou acheter des lunettes. Mon petit neveu les lit en 20 minutes.

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      • Répondu par jc le 25 août 2025 à  04:58 :

        Affreux le portrait de la personne qui ne sort jamais. On a des paysages, des monuments, des lieux publics... C’est pour cela que la France voit passer autant de touristes. Quant aux mangas, 200 pages, c’est plutôt 20 minutes de lecture. Pour ma part, mangas et BD, je vais les acheter chez mon libraire, et je suis loîn d’être le seul.

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  • Les moins de 30 ans ne lisent quasiment plus, en tout cas pas sur support papier. L’économie française est en récession et la majorité des gens sont obligés de restreindre leurs dépenses loisirs. Parallèlement à cela, les livres sont de plus en plus chers. L’état supprime une bonne partie des dotations culturelles et donc les médiathèques achètent de moins en moins. Les charges fixes des librairies vont quant à elles en augmentant. Bref, on se rend bien compte que tous les voyants sont au rouge et annonciateurs d’un avenir bien sombre pour les libraires indépendants. Quelle tristesse !

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    • Répondu le 18 août 2025 à  19:38 :

      Toujours la même méconnaissance de l’économie : la France n’est techniquement pas en récession. Elle connaît une forte inflation depuis le début de la guerre en Ukraine et elle est au bord d’une crise de sa dette souveraine à cause de son endettement. Bien sûr que des politiques austéritaires sont devant nous et bien sûr que les ventes de biens culturels sont en forte baisse.

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  • Qu’annonce la fermeture de la librairie BD Net Bastille à Paris ?
    18 août 2025 15:08, par Le Paf en Gadget qui fait jouir Spirou.

    La mode est plutôt aux plateformes de streaming à l’instar
    de Netflix, mais également aux réseaux sociaux et aux jeux vidéo, selon cette article.
    Surtout que la vie est de plus en plus chère pour beaucoup d’entre nous dans ce putain de pays, c’est pas forcément évident de tout accumuler d’un point de vue financier, de prime abord.

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    • Répondu par Michel Dartay le 18 août 2025 à  19:39 :

      C’est toujours triste, une librairie BD qui ferme !
      Mais BDNet en a une autre, boulevard de Charonne, je crois. Et il y a un autre Canal BD juste de l’autre coté de la place de la Bastille !

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    • Répondu le 18 août 2025 à  19:44 :

      Vous commentez tous un article que vous n’avez pas lu : la librairie BDNet de Bastille ferme parce que le libraire prend sa retraite.

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    • Répondu par Michel Dartay le 18 août 2025 à  20:07 :

      On peut relier le phénomène à la fermeture de nombreuses maisons de la presse, à Paris ou ailleurs.
      Les nouvelles générations ne lisent plus de papier imprimé, les gens plus vieux s’informent sur le net et la télé ! L’album BD pourra continuer en s’adressant à une niche de spécialistes en librairies pointues ou sur amazon.

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      • Répondu le 19 août 2025 à  08:32 :

        Ça va être tellement bien quand la BD redeviendra un artisanat. Certes, les tirages seront bien moindres qu’à la grande époque mais il y aura moins de livres publiés, moins d’auteurs (mais tous très bons) et un vrai public de connaisseurs. C’est déjà la trajectoire qui se dessine pour la production des bons vins : moins de production et davantage de qualité. La mode de la surproduction de vin rosé dégueulasse sera terminée et aura au moins servi à ça.

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        • Répondu le 19 août 2025 à  13:15 :

          Aujourd’hui la BD, elle doit d’abord se faire sur internet. En effet,
          sa dématérialisation, en grande partie, devrait être une étape importante.

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          • Répondu le 19 août 2025 à  21:08 :

            Ah oui pour la rendre totalement gratuite comme la musique ? Vous voulez vraiment faire crever de faim tous les artistes ?

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  • Qu’annonce la fermeture de la librairie BD Net Bastille à Paris ?
    19 août 2025 09:05, par Capitaine Kérosène

    Je regrette la fermeture de cette librairie dont j’étais client depuis de nombreuses années, principalement via son site. Lorsque je passais à Paris, je ne manquais jamais de faire un saut à la librairie en dur pour saluer et féliciter l’équipe que je trouvais fort sympathique… à l’exception d’une personne.
    Personnellement, je n’ai jamais eu besoin de solliciter les conseils d’un libraire. Je sais toujours ce que je veux acheter à l’avance. Les rares fois où j’ai écouté des conseils, j’ai été déçu. Je préfère m’en remettre à ma curiosité, même si elle m’a aussi conduit à des déceptions.
    Par contre, avoir la possibilité de feuilleter avant de débourser des sommes de plus en plus importantes est précieux.
    Depuis deux ans, j’ai considérablement ralenti mes achats sur BDNet, depuis la modification vertigineuse à la hausse de leurs tarifs postaux, la fin du tarif préférentiel "Livres et brochures" fin juin pour l’international et l’instauration d’un nouveau site pas du tout ergonomique.
    La BD est devenue un loisir de luxe pour tous ceux qui n’achètent pas un album occasionnellement. Je trouve dommage la tendance à une pseudo bibliophilie de pacotille qui ne séduit qu’un vieux lectorat de CSP+.

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  • Mais quels commentaires horribles sur la disparition de cette librairie !! Elle fonctionnait très très bien, toujours pleine. Vous ne deviez pas la connaître, il y avait des ados, beaucoup de clients entre 20 et 30 ans. Et pas vraiment de Vieux CSP plus qui vont s’acheter les derniers remakes de leur enfance..L’arabe du futur, les cahiers d’Esther, sont beaucoup lus par des jeunes ( vu la file énorme pour les dédicaces. Énormément de choix pour tous les goûts. Et perso, j’y allais souvent traîner, j’y ai découvert des pépites et discuter avec des passionnés et bien je préfère, plutôt qu’acheter et payer en vitesse.
    Vraiment, heureusement que tout le monde ne pense pas comme vous. Le monde change, mais les BD aussi. Il faut sortir un peu !

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    • Répondu le 25 septembre 2025 à  15:50 :

      Les commentaires n’ont rien d’horrible. Evidemment que la librairie fonctionnait bien. Elle ferme parce que son propriétaire prend sa retrait. Evidemment qu’il y avait une clientèle pour ses mangas et pour ses romans graphiques. Il existe une jeunesse relativement dorée à Paris, ça n’a rien de nouveau ni de choquant.

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      • Répondu par Finez le 27 septembre 2025 à  09:32 :

        Je sais exactement ce qui se passe dans cette librairie et j’espère que le gérant Pablo arrivera à faire quelque chose avec celle de Nation. Ce que je déplore ce sont toutes ces personnes qui trouvent que la BD n’intéresse plus que les vieux, qu’en gros que la BD est out, qu’elle n’évolue pas, qu’elle est chère ( les abonnements TV, tellement indispensables, coûtent plus cher qu’un album et c’est tout les mois..) que c’est mieux de les acheter sur Internet ( un libraire spécialisé ne sert à rien, qu’ils ne font jamais découvrir de BD inconnues du public parce qu’aucune pub, et c’est bien mieux de n’échanger avec personne). Bref, que font ils sur un site de BD ??

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