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Très bon
10 septembre 2025
L’inquiétude s’installe, la tension monte, et l’on devine, derrière cette faune inattendue, un dessein moins anodin qu’il n’y paraît. Dans la lignée des précédents épisodes, Jean-Michel Darlot et Johan Pilet renouent avec une narration à la fois trépidante et poétique.
En guise d’introduction, les auteurs reposent le Lore de la série sur quatre pages pleines, ravivant les souvenirs marquants des six premiers tomes. Un rappel bienvenu puisque la série fête, déjà, ses dix ans et que le précédent opus remonte à trois années entières.
Ce « Zoo de papier » inaugure un nouveau diptyque, où Paris devient le terrain de jeu et d’expérimentation d’une magie subtile, gardant l’esprit du métropolitain – décor central et presque organique de l’aventure. Les énigmes s’épaississent : quel sort a bien pu métamorphoser ces animaux ? Que désire cette force anonyme qui semble manipuler la capitale depuis ses entrailles ? Le rythme, fait de courses-poursuites et de puzzles urbains, capte l’attention et pousse le lecteur à tourner les pages, ivre de mystère et de curiosité.
Le trait atypique de Johan Pilet insuffle aux personnages une énergie vibrante et surprenante. Les couleurs, posées par Pilet et rehaussées par Alessandra Dottori, portent l’émotion : du bleu nocturne des couloirs du métro à la lumière dorée des parcs sous le soleil. Et une aventure de Ninn ne serait pas complète sans son fameux Tigre de papier, compagnon surnaturel qui transcende les cases, oscillant entre douceur et inquiétante étrangeté.
L’atmosphère plonge littéralement dans l’onirisme : chaque case claque comme un portillon, invitation à explorer les recoins secrets d’un Paris transfiguré. Si l’on s’éloigne ici des « grands lointains », on découvre un autre lieu tout aussi atypique : une ancienne gare frigorifique, abandonnée, rendue à la fantaisie des apprentis-graphistes et des amateurs de Pixel Art.
Ce septième tome installe une Ninn plus mature, audacieuse, qui grandit à chaque défi. Le scénario, habilement construit, mêle suspense, psyché adolescente et monde parallèle. On en apprend davantage sur la genèse des origamis façonnés par le père de Ninn, et particulièrement sur le fidèle Tigre de papier…
Les thèmes de l’amitié et du courage face à l’inattendu demeurent les moteurs du récit. Les deux auteurs prouvent à nouveau leur capacité à renouveler la formule, dans le fond comme dans la forme : Un Zoo de Papier se lit d’une traite, porté par le souffle du merveilleux et la poésie urbaine. Ce riche volume se déploie sur 66 pages et intéressera autant le voyageur assidu du métro que l’amateur de belles histoires.
Suite et fin donc dans le tome suivant (que l’on espère pour l’année prochaine).
Par Milan MORALES
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Au gré des pages, les auteurs nous emmènent dans différentes caches de Paris. En fin de volume, on retrouve en guise de bonus la documentation récoltée sur ses lieux, bien réels eux.