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L’Association des Éditeurs belges (ADEB) a publié son étude annuelle sur l’activité éditoriale en Fédération Wallonie-Bruxelles (en Belgique francophone, NDLR). Derrière une apparente stabilité, les chiffres révèlent des dynamiques contrastées selon les genres éditoriaux. Si la littérature générale et l’édition scolaire progressent, la bande dessinée – pourtant pilier de l’édition belge – accuse un net recul. Revenons ensemble sur les faits marquants de cette étude.
Une photographie fiable du secteur
L’étude de l’ADEB repose sur les déclarations d’environ 90 maisons d’édition belges francophones. Bien qu’aucune obligation légale n’impose ces déclarations, la couverture dépasse 95 % de la réalité économique du secteur. Les données portent sur les chiffres d’affaires éditeurs HTVA, ventilés par support (papier, numérique), langue, genre éditorial et destination (Belgique ou export).
Deux types d’indicateurs sont distingués :
Une croissance apparente... qui masque des tensions
En 2024, l’ensemble du secteur affiche un chiffre d’affaires de 333 millions d’euros, soit une hausse de +0,6 % par rapport à 2023. Mais si l’on neutralise le phénomène éditorial du Dr Philippe Boxho, qui a connu un succès massif en Belgique et à l’international, l’activité éditoriale recule en réalité de -1,5 %, retrouvant les niveaux de 2021-2022.
Cette stagnation cache de fortes disparités :
Un marché du livre en léger mieux, porté par la littérature
Du côté des ventes aux lecteurs (marché du livre), l’année 2024 se clôt sur un chiffre d’affaires de 268,2 millions € TTC, en hausse de +1,3 %. Cette croissance tient principalement à trois genres :
Mais tous les segments ne suivent pas cette tendance positive...
La BD en déclin : fin d’un cycle de croissance
La bande dessinée, qui avait largement contribué à la croissance du secteur durant la pandémie (avec un record en 2021), enregistre une baisse de -9,7 % de chiffre d’affaires éditeur en 2024, à 105,6 millions d’euros. Ce repli est d’autant plus significatif qu’il touche tous les canaux :
Causes et perspectives
Plusieurs facteurs expliquent ce recul :
Sur cinq ans, la bande dessinée belge affiche une croissance de +20 %, ce qui lui permet de suivre presque l’inflation (22,8 %), mais en restant derrière d’autres secteurs comme la jeunesse (+50 %) ou le scolaire (+36 %, surtout en Flandre).
Quel rebond possible pour le secteur BD ?
Malgré cette année morose, la bande dessinée reste un secteur structurant de l’édition belge. Mais elle doit se réinventer. L’ADEB évoque plusieurs pistes :
Conclusion
Si la stabilité globale du marché du livre belge peut rassurer, elle ne doit pas masquer la fragilité de certains piliers, au premier rang desquels figure la bande dessinée. Après avoir porté la croissance post-Covid, le secteur doit désormais faire preuve d’innovation pour éviter l’essoufflement. Le défi est de taille, mais les talents et les savoir-faire sont là. Reste à transformer le coup de mou en nouvelle impulsion.
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À lire sur ActuaBD.com :
ADEB - Association des éditeurs belges
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